Guy de Maupassant - Poésie

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Elle s'assit, sentant un engourdissement
Qui, du bout de ses pieds, lui montait jusqu'aux hanches,
Un besoin de jeter au loin son vêtement,
De se coucher dans l'herbe odorante, et d'attendre
Ce baiser inconnu qui flottait dans l'air tendre.
Et parfois elle avait de rapides frissons,
Une chaleur courant de la peau jusqu'aux moelles.

Les points de feu des vers luisants dans les buissons
Mettaient à ses côtés comme un troupeau d'étoiles.

Mais un corps tout à coup s'abattit sur son corps ;
Des lèvres qui brûlaient tombèrent sur sa bouche,
Et dans l'épais gazon, moelleux comme une couche,
Deux bras d'homme crispés lièrent ses efforts.
Puis soudain un nouveau choc étendit cet homme
Tout du long sur le sol, comme un bœuf qu'on assomme ;
Un autre le tenait couché sous son genou
Et le faisait râler en lui serrant le cou.
Mais lui-même roula, la face martelée
Par un poing furieux. – À travers les halliers
On entendait venir des pas multipliés. –
Alors ce fut, dans l'ombre, une opaque mêlée,
Un tas d'hommes en rut luttant, comme des cerfs
Lorsque la blonde biche a fait bramer les mâles.
C'étaient des hurlements de colère, des râles,
Des poitrines craquant sous l'étreinte des nerfs,
Des poings tombant avec des lourdeurs de massue,
Tandis qu'assise au pied d'un vieux arbre écarté,
Et suivant le combat d'un œil plein de fierté,
De la lutte féroce elle attendait l'issue.
Or quand il n'en resta qu'un seul, le plus puissant,
Il s'élança vers elle, ivre et couvert de sang ;
Et sous l'arbre touffu qui leur servait d'alcôve
Elle reçut sans peur ses caresses de fauve !

III

Quand le feu prend soudain dans un village, on voit
L'incendie égrener, ainsi qu'une semence,
Ses flammes à travers le pays ; chaque toit
S'allume à son voisin comme une torche immense,
Et l'horizon entier flamboie. Un feu d'amour
Qui ravageait les cœurs, brûlait les corps, et, comme
L'incendie, emportait sa flamme d'homme en homme,
Eut bientôt embrasé le pays d'alentour.
Par les chemins des bois, par les ravines creuses,
Où la poussait, le soir, un instinct hasardeux,
Son pied semblait tracer des routes amoureuses,
Et ses amants luttaient sitôt qu'ils étaient deux.
Elle s'abandonnait sans résistance, née
Pour cette œuvre charnelle, et le jour ou la nuit,
Sans jamais un soupir de bonheur ou d'ennui,
Acceptait leurs baisers comme une destinée.
Quiconque avait suivi de la bouche ou des yeux
Tous les sentiers perdus de son corps merveilleux,
Cueillant ce fruit d'ivresse éternelle que sème
La Beauté dans ces flancs de déesse qu'elle aime,
Gardait au fond du cœur un long frémissement
Et, grelottant d'amour comme on tremble de fièvre,
Il la cherchait sans cesse avec acharnement,
Laissant tomber des mots éperdus de sa lèvre.

IV

Les animaux aussi l'aimaient étrangement.
Elle avait avec eux des caresses humaines,
Et près d'elle ils prenaient des allures d'amant.
Ils frottaient à son corps ou leurs poils ou leurs laines ;
Les chiens la poursuivaient en léchant ses talons ;
Elle faisait, de loin, hennir les étalons,
Se cabrer les taureaux comme auprès des génisses,
Et l'on voyait, trompé par ces ardeurs factices,
Les coqs battre de l'aile et les boucs s'attaquer
Front contre front, dressés sur leurs jambes de faunes.
Les frelons bourdonnants et les abeilles jaunes
Voyageaient sur sa peau sans jamais la piquer.
Tous les oiseaux du bois chantaient à son passage,
Ou parfois d'un coup d'aile errant la caressaient,
Nourrissant leurs petits cachés en son corsage.
Elle emplissait d'amour des troupeaux qui passaient,
Et les graves béliers aux cornes recourbées,
N'écoutant plus l'appel chevrotant du berger,
Et les brebis, poussant un bêlement léger,
Suivaient, d'un trot menu, ses grandes enjambées.

V

Certains soirs, échappant à tous, elle partait
Pour aller se baigner dans l'eau fraîche. La lune
Illuminait le sable et la mer qui montait.
Elle hâtait le pas, et sur la blonde dune
Aux lointains infinis et sans rien de vivant,
Sa grande ombre rampait très vite en la suivant.
En un tas sur la plage elle posait ses hardes,
S'avançait toute nue et mouillait son pied blanc
Dans le flot qui roulait des écumes blafardes,
Puis, ouvrant les deux bras, s'y jetait d'un élan.
Elle sortait du bain heureuse et ruisselante,
Se couchait tout du long sur la dune, enfonçant
Dans le sable son corps magnifique et puissant,
Et, quand elle partait d'une marche plus lente,
Son contour demeurait près du flot incrusté.
On eût dit à le voir qu'une haute statue
De bronze avait été sur la grève abattue,
Et le ciel contemplait ce moule de Beauté
Avec ses milliers d'yeux. – Puis la vague furtive
L'atteignant refaisait toute plate la rive !

VI

C'était l'Être absolu, créé selon les lois
Primitives, le type éternel de la race
Qui dans le cours des temps reparaît quelquefois,
Dont la splendeur est reine ici-bas, et terrasse
Tous les vouloirs humains, et dont l'Art saint est né.
Ainsi que l'Homme aima Cléopâtre et Phryné
On l'aimait ; et son cœur répandait, comme une onde,
Sa tendresse abondante et sereine sur tous.
Elle ne détestait qu'un être par le monde :
C'était un vieux berger perfide à qui les loups
Obéissaient.
Jadis une Bohémienne
Le jeta tout petit dans le fond d'un fossé.
Un pâtre du pays qui l'avait ramassé
L'éleva, puis mourut, lui laissant une haine
Pour quiconque était riche ou paraissait heureux,
Et, disait-on, beaucoup de secrets ténébreux.

L'enfant grandit tout seul sans famille et sans joies,
Menant paître au hasard des chèvres ou des oies,
Et tout le jour debout sur le flanc du coteau,
Sous la pluie et le vent et l'injure des bouches.
Alors qu'il s'endormait roulé dans son manteau,
Il songeait à ceux-là qui dorment dans leurs couches ;
Puis, quand le clair soleil baignait les horizons,
Il mangeait son pain noir en guettant par la plaine
Ce filet de fumée au-dessus des maisons
Qui dit la soupe au feu dans la ferme lointaine.

Il vieillit. – Un effroi grandit à ses côtés.
On en parlait, le soir, dans les longues veillées,
Et d'étranges récits à son nom chuchotés
Tenaient jusqu'au matin les femmes réveillées.
À son gré, disait-on, il guidait les destins,
Sur les toits ennemis faisait choir des désastres,
Et, déchiffrant ces mots de feu qui sont les astres,
Épelait l'avenir au fond des cieux lointains.
Tout le jour il roulait sa hutte vagabonde,
Ne se mêlant jamais aux hommes et souvent,
Quand il jetait des cris inconnus dans le vent,
Des voix lui répondaient qui n'étaient point du monde.
On lui croyait encore un pouvoir dans les yeux,
Car il savait dompter les taureaux furieux.

Et puis d'autres rumeurs coururent la contrée.

Une fille, qu'un soir il avait rencontrée,
Sentit à son aspect un trouble la saisir.
Il ne lui parla pas ; mais, dans la nuit suivante,
Elle se réveilla frissonnant d'épouvante ;
Elle entendait, au loin, l'appel de son désir.
Se sentant impuissante à soutenir la lutte,
Malgré l'obscurité redoutable, elle alla
Partager avec lui la paille de sa hutte !

Lors, suivant son caprice impur, il appela
Des filles chaque soir. Toutes, jeunes et belles,
Sans révolte pourtant, et sans pudeurs rebelles,
Prêtaient des seins de vierge aux choses qu'il voulait
Et paraissaient l'aimer bien qu'il fût vieux et laid.

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