Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Il est certain qu’on a aimé en France dans la bourgeoisie et dans le monde, d’après la formule de Rousseau, d’après la formule de Lamartine, d’après les formules de Dumas, de Musset, etc. Il est également certain que la génération, mûre aujourd’hui et qui fut jeune voici quinze ou vingt ans, a aimé et aime encore, selon les milieux, d’après la formule apportée par M. Alexandre Dumas fils, ou d’après celle de M. Octave Feuillet. Personne, me semble-t-il, à côté de ces deux écrivains, ni après ces deux écrivains n’a eu d’influence réelle sur les mœurs amoureuses, en France.

La génération littéraire d’aujourd’hui, en général, nous déshabitue du rêve passionné pour ne considérer la tendresse humaine qu’à l’état de cas pathologique, d’accident normal de l’instinct, étendant son influence sur la nature morale. Aussi, habitués à reconnaître la vérité précise dans les livres qui nous montrent l’image presque exacte de la vie, sommes-nous infailliblement un peu surpris, quand nous constatons dans un roman nouveau un peu de cet irréel aimable si recherché dans notre enfance.

Le dernier livre de M. Pierre Loti : Pêcheurs d’Islande, nous donne cette note attendrie, jolie, captivante mais inexacte qui doit, par le contraste voulu avec les observations cruelles et sans charme auxquelles nous sommes accoutumés, faire une partie de son grand succès.

Il ne s’agit nullement ici de critique ni d’opinion littéraire. En art tout est admis, toutes les tendances étant également justifiables, le talent seul a de l’importance. Or, le talent de M. Loti est très grand, son charme très subtil et très puissant en même temps, sa vision très personnelle et très originale, son droit de voir d’après son tempérament d’artiste demeure incontestable ; mais ce qu’on peut absolument contester chez lui, c’est l’exactitude de sa psychologie amoureuse ; et par là il appartient à l’école poétique des charmeurs sentimentaux.

A travers les brumes d’un océan inconnu de nos yeux, il nous a montré d’abord une île d’amour adorable, et il a refait avec Loti et Rarahu ce poème de Paul et Virginie. Nous ne nous sommes point demandé si la fable était vraie, qu’il nous disait si charmante. Il revenait de ce pays ; et nous avons pensé naïvement qu’on aimait comme ça là-bas ! De même nous imaginons volontiers qu’on aima jadis dans notre patrie avec plus d’entraînement qu’aujourd’hui.

Puis il nous a raconté avec non moins de séduction habile les tendresses d’un spahi et d’une mignonne négresse. Le soldat nous avait bien paru un peu conçu d’après la méthode de poétisation continue ; mais la femme, la petite noire était si jolie, si bizarre, si tentante, si drôle, si artistement campée qu’elle nous a séduits et aveuglés aussitôt.

Nous demeurions aussi sans méfiance devant ses étranges paysages, beaux comme les horizons entrevus dans les féeries, ou rêvés aux heures des songes.

Puis il nous a dit la Bretagne de Mon Frère Yves.

Alors, pour tout homme qui regarde avec des yeux clairs et perspicaces, des doutes se sont éveillés. La Bretagne est trop près de nous pour que nous ne la connaissions point, pour que nous n’ayons point vu ce paysan breton, brave et bon, mais en qui l’animalité première persiste à tel point qu’il semble bien souvent une sorte d’être intermédiaire entre la brute et l’homme. Quand on a vu ces cloaques qu’on nomme des villages, ces chaumières poussées dans le fumier, où les porcs vivent pêle-mêle avec les hommes, ces habitants qui vont, tous nu-jambes pour marcher librement dans les fanges, et ces jambes de grandes filles encrassées d’ordures jusqu’aux genoux, quand on a vu leurs cheveux et senti, en passant sur les routes, l’odeur de leurs corps, on reste confondu devant les jolis paysages à la Florian, et les chaumines enguirlandées de roses, et les gracieuses mœurs villageoises que M. Pierre Loti nous a décrites.

Il nous dit aujourd’hui les amours des marins, et la détermination d’idéaliser jusqu’à l’invraisemblable apparaît de plus en plus. Nous voici en plein dans les tendresses à la Berquin, dans la sentimentalité paysannesque, dans la passion lyrico-villageoise de Mme Sand.

Cela est charmant toutefois et touchant ; mais cela nous charme et nous touche par des effets littéraires trop apparents, trop visiblement faux, par l’attendrissement trop voulu, et non par la vérité, non par cette vraisemblance dure et poignante qui nous bouleverse le cœur au lieu de l’émouvoir facticement comme le fait M. Loti.

Notre esprit avide aujourd’hui d’apparences réelles demeure incrédule, bien que séduit devant ces jolies fables marines. Mais, dès qu’il s’éloigne des côtes connues de nous, l’écrivain retrouve soudain toute sa puissance de persuasion captivante. Je ne sais rien de plus parfaitement émouvant que ces visions de la mer, de la pêche, de la vie monotone et rude balancée sur les flots, que ces évocations de choses naturelles qui deviennent saisissantes comme des apparitions fantastiques. On se rappelle, dans Mon Frère Yves, le surprenant baleinier entrevu, un matin, dans les mers glaciales, vaisseau, cimetière portant à ses vergues des débris de baleines, et monté par des forbans écrémés sur tous les peuples.

Le procédé de poétisation continue de ces sortes de livres devient surtout apparent quand on les compare à des œuvres de même ordre écrites par des hommes d’un tempérament différent. Pour ne parler que des paysages qui sont, chez M. Loti, d’une vérité relative bien plus sévère que ses personnages, ils nous donnent encore la sensation de choses vues par un poète rêveur. Je me garderai bien de lui reprocher cette qualité ; mais si je compare sa vision poétique et un peu féerique à la vision admirablement précise bien que poétique aussi du peintre Fromentin qui nous montre la route de Laghouat et le désert, je ne puis m’empêcher de constater qu’il suffit d’être sincère, quand on est artiste et qu’aucune poétisation n’a la force saisissante de la vérité.

J’ai lu avec un plaisir délicieux le Mariage de Loti et le Roman d’un Spahi ; mais je ne connais point davantage les îles lointaines du Grand Océan ou la côte occidentale d’Afrique, après ces lectures.

Or, le remarquable roman de Robert de Bonnières sur l’Inde, le Baiser de Maïna, me montre bien plus exactement ce pays fabuleux que ne me l’avaient montré jusqu’ici les poètes menteurs et les voyageurs illuministes. Et quelques jours après cette lecture qui avait accru ma vive curiosité de cette étrange région, le hasard mit en mes mains le récit d’un officier, L’Inde à fond de train, par le comte de Pontevès-Sabran, qui se promène sans aucune préparation poétique, sans prétention littéraire, avec un entrain joyeux de bonne humeur un peu gavroche et un sans-façon tout militaire, dans la patrie mystérieuse du Bouddha.

Et ces deux livres, celui du romancier observateur minutieux et sérieux, celui du soldat observateur superficiel et gai, m’ont raconté l’Inde mieux que ne l’avaient fait jusqu’ici tous les chanteurs de légendes et de paysages colorés.

J’ai dit que M. Alexandre Dumas fils et M. Octave Feuillet, avec des tempéraments très différents, sont les deux seuls écrivains vivants qui aient eu une action réelle sur les mœurs amoureuses de notre pays.

Il suffit pour s’en convaincre d’un coup d’œil jeté sur les écrivains et sur le monde.

Les poètes autrefois déterminaient une manière d’aimer.

N’en citons que deux : Lamartine et Musset.

Quel poète aujourd’hui peut éveiller dans l’âme des femmes des rêveries tendres ou passionnées ? Est-ce M. Leconte de Lisle, l’admirable, impeccable et impassible artiste ?– Non.

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