Ги де Мопассан - Notre coeur
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Partout de minces rivières glissaient au pied des peupliers, sous des voiles légers de saules ; des ruisseaux brillaient dans l’herbe une seconde, disparaissaient pour reparaître plus loin, baignaient toute la campagne d’une fraîcheur féconde.
Et Mariolle promenait, ravi, et distrayait son amour dans le rapide et continu défilé de ce beau parc à pommiers habité par des troupeaux.
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Mais, quand il eut changé de train à la station de Folligny, l’impatience d’arriver l’agita de nouveau, et, pendant les dernières quarante minutes, il tira vingt fois sa montre de sa poche. À tout moment il se penchait à la portière, et il aperçut enfin, sur une colline assez élevée, la ville où Elle l’attendait. Le train avait eu du retard, et une heure seulement le séparait de l’instant où il devait la retrouver, par hasard, à la promenade publique.
Un omnibus d’hôtel l’ayant recueilli, seul voyageur, se mit à gravir, au pas lent des chevaux, la route escarpée d’Avranches, à qui ses maisons, couronnant la hauteur, donnaient de loin un aspect fortifié. De près, c’était une jolie et vieille cité normande, aux petites demeures régulières et presque pareilles, tassées les unes contre les autres, avec un air de fierté ancienne et d’aisance modeste, un air moyen âge et paysan.
Dès que Mariolle eut jeté sa valise dans une chambre, il se fit indiquer la rue par où l’on parvient au Jardin botanique, et il s’en alla à grands pas, bien qu’il fût en avance, mais espérant qu’elle aurait peut-être aussi devancé l’heure.
En arrivant à la grille, il reconnut d’un coup d’œil qu’il était vide ou presque vide. Trois vieux hommes seulement s’y promenaient, bourgeois indigènes qui devaient récréer là quotidiennement leurs derniers loisirs ; et une famille de jeunes Anglais, filles et garçons, aux jambes sèches, jouait autour d’une institutrice blonde dont le regard distrait semblait rêver.
Mariolle, le cœur battant, marchait devant lui, scrutant les chemins. Il atteignit une grande allée d’ormes d’un vert puissant qui coupait en deux le jardin par le travers, allongeant au milieu une voûte épaisse de feuillage ; puis il passa outre, et soudain, en approchant d’une terrasse dominant l’horizon, il fut distrait brusquement de celle qui le faisait venir en ce lieu.
Du pied de la côte sur laquelle il était debout partait une inimaginable plaine de sable qui se mêlait au loin avec la mer et le
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firmament. Une rivière y promenait son cours, et, sous l’azur flambant de soleil, des mares d’eau la tachetaient de plaques lumineuses qui semblaient des trous ouverts sur un autre ciel intérieur.
Au milieu de ce désert jaune, encore trempé par la marée en fuite, surgissait, à douze ou quinze kilomètres du rivage, un monumental profil de rocher pointu, fantastique pyramide coiffée d’une cathédrale.
Elle n’avait pour voisin, dans ces dunes immenses, qu’un écueil à sec, au dos ronds, accroupi sur les vases mouvantes : Tombelaine.
Plus loin, dans la ligne bleuâtre des flots aperçus, d’autres roches noyées montraient leurs crêtes brunes ; et l’œil, continuant le côté de cette solitude sablonneuse la vaste étendue verte du pays normand, si couvert d’arbres qu’il avait l’air d’un bois illimité. C’était toute la nature s’offrant d’un seul coup, en un seul lieu, dans sa grandeur, dans sa puissance, dans sa fraîcheur et dans sa grâce ; et le regard allait de cette vision de forêts à cette apparition du mont de granit, solitaire habitant des sables, qui dressait sur la grève démesurée son étrange figure gothique.
Le plaisir bizarre, dont Mariolle jadis avait souvent tressailli devant les surprises que les terres inconnues gardent aux yeux des voyageurs, l’envahit si brusquement qu’il demeura immobile, l’esprit ému et attendri, oubliant son cœur garrotté. Mais, un son de cloche ayant vibré, il se retourna, ressaisi tout à coup par l’espérance ardente de leur rencontre. Le jardin était toujours presque vide. Les enfants anglais avaient disparu. Seuls les trois vieillards faisaient encore leur promenade monotone. Il se mit à marcher comme eux.
Elle allait venir tout à l’heure, dans un instant. Il la verrait au bout des chemins qui aboutissaient à cette merveilleuse terrasse.
Il reconnaîtrait sa taille, sa démarche, puis sa figure et son
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sourire, et il entendrait sa voix. Quel bonheur ! quel bonheur ! Il la sentait proche, quelque part, introuvable, invisible encore, mais pensant à lui, sachant aussi qu’elle allait le revoir.
Il faillit pousser un cri léger. Une ombrelle bleue, rien qu’un dôme d’ombrelle, glissait là-bas au-dessus d’un massif. C’était elle sans aucun doute. Un petit garçon apparut, poussant un cerceau devant lui ; puis deux dames, – il la reconnut, – puis deux hommes : son père et un autre monsieur. Elle était tout en bleu, comme un ciel de printemps. Ah ! oui ! il la reconnaissait sans distinguer encore ses traits ; mais il n’osait point aller vers elle, sentant qu’il allait balbutier, rougir, qu’il ne saurait expliquer ce hasard sous l’œil soupçonneux de M. de Pradon.
Il marchait cependant à leur rencontre, sa jumelle sans cesse levée, tout occupé, semblait-il, à contempler l’horizon. Ce fut elle qui l’appela, sans même prendre la peine de jouer la surprise.
– Bonjour, Monsieur Mariolle, dit-elle. C’est superbe, n’est-ce pas ?
Interdit par cet accueil, il ne savait sur quel ton répondre et balbutiait :
– Ah ! vous, madame, quelle chance de vous rencontrer ! J’ai voulu connaître ce délicieux pays.
Elle reprit en souriant :
– Et vous avez choisi le moment où j’y suis. C’est tout à fait aimable de votre part.
Puis elle présenta :
– Un de mes meilleurs amis, M. Mariolle ; ma tante, Mme Valsaci, mon oncle qui fait des ponts.
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Après les saluts échangés, M. de Pradon et le jeune homme se donnèrent une froide poignée de main, et on continua la promenade.
Elle l’avait placé entre elle et sa tante, en lui jetant un très rapide regard, un de ces regards qui ont l’air d’une défaillance.
Elle reprit :
– Qu’est-ce que vous pensez de ce pays ?
– Moi, dit-il, je crois que je n’ai jamais rien vu de plus beau.
Alors elle :
– Ah ! si vous y aviez passé quelques jours comme je viens de le faire, vous sentiriez comme il vous pénètre. Il est d’une impression inexprimable. Ces allées et venues de la mer sur les sables, ce grand mouvement qui ne cesse jamais, qui baigne tout ça deux fois par jour, et si vite, qu’un cheval au galop ne pourrait pas fuir devant lui, ce spectacle extraordinaire que le ciel nous donne pour rien, je vous jure que ça me met hors de moi. Je ne me reconnais plus. N’est-ce pas, ma tante ?
Mme Valsaci, une femme déjà vieille, à cheveux gris, distinguée dame de province, épouse estimée d’ingénieur en chef, hautain fonctionnaire impurifiable de la morgue de l’École, avoua que jamais elle n’avait vu sa nièce dans cet état d’enthousiasme.
Puis elle ajouta, après réflexion :
– Ça n’est pas étonnant d’ailleurs quand on n’a guère regardé et admiré, comme elle, que des décors de théâtre.
– Mais je vais à Dieppe et à Trouville presque tous les ans.
La vieille dame se mit à rire.
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– À Dieppe et à Trouville on n’y va jamais que pour retrouver des amis. La mer n’est là que pour baigner des rendez-vous.
Ce fut dit très simplement, peut-être sans malice.
On retournait vers la terrasse, qui attirait irrésistiblement les pieds. Ils y venaient malgré eux, de tous les points du jardin, comme des boules roulent sur une pente. Le soleil baissant semblait étendre un drap d’or fin, transparent et léger, derrière la haute silhouette de l’Abbaye, qui s’assombrissait de plus en plus, pareille à une châsse gigantesque sur un voile éclatant. Mais Mariolle ne regardait plus que l’adorée figure blonde qui passait à son côté, enveloppée dans un nuage bleu. Jamais il ne l’avait vue si délicieuse. Elle lui semblait changée sans qu’il sût en quoi, fraîche d’une fraîcheur imprévue répandue sur sa chair, dans ses yeux, sur ses cheveux et entrée aussi dans son âme, d’une fraîcheur venue de ce pays, de ce ciel, de cette clarté, de cette verdure. Jamais il ne l’avait connue et aimée ainsi.
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