Jonathan Littell - Les Bienveillantes

Здесь есть возможность читать онлайн «Jonathan Littell - Les Bienveillantes» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Историческая проза, Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Les Bienveillantes: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Les Bienveillantes»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

Les Bienveillantes — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Les Bienveillantes», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

«Certainement. Tu as fait un travail remarquable: le Reichsführer lui-même a pris note de tes rapports. Il nous a montré l'album que tu as préparé à Kiev: ton chef a voulu se donner tout le crédit, mais nous savions que l'idée venait de toi. De toute façon c'était une bagatelle. Mais les rapports que tu as rédigés, surtout ces derniers mois, étaient excellents. À mon avis, tu as un avenir brillant devant toi». Il se tut et me contempla: «Comment va ta blessure?» demanda-t-il enfin. -»Bien, Herr Doktor. C'est guéri, il faut juste que je me repose encore un peu». – «Et après?» – «Je reprendrai le service, bien sûr». «Et que comptes-tu faire?» – «Je ne sais pas, au juste. Cela dépendra de ce qu'on me propose». – «Il ne dépend que de toi de te faire proposer ce que tu veux. Si tu fais le bon choix, les portes s'ouvriront, je te l'assure». – «À quoi songez-vous, Herr Doktor?» Lentement, il souleva sa tasse de thé, souffla dessus, et but bruyamment. Je bus aussi un peu. «En Russie, je crois savoir que tu t'es surtout occupé de la question juive, n'est-ce pas?» – «Oui, Herr Doktor, fis-je, légèrement gêné. Mais pas seulement de ça,» Mandelbrod continuait déjà de sa voix égale et mélodieuse: «De la position où tu te trouvais, tu ne pouvais certainement pas apprécier l'ampleur ni du problème, ni de la solution qui y est apportée. Tu as sans doute entendu des rumeurs: elles sont vraies. Depuis la fin de 1941, cette solution a été étendue à tous les pays d'Europe, dans la mesure du possible. Le programme est opérationnel depuis le printemps de l'année dernière. On a déjà enregistré des succès considérables, mais il est loin d'être achevé. Il y a de la place, là, pour des hommes énergiques et dévoués comme toi». Je me sentis rougir: «Je vous remercie pour votre confiance, Herr Doktor. Mais je dois vous le dire: cet aspect de mon travail, je l'ai trouvé extrêmement difficile, au-delà de mes forces. Je souhaiterais maintenant me concentrer sur quelque chose qui corresponde mieux à mes talents et à mes connaissances, comme le droit constitutionnel ou même les relations juridiques avec les autres pays européens. La construction de la nouvelle Europe est un champ qui m'attire beaucoup». Durant ma tirade, Mandelbrod avait achevé son thé; l'amazone blonde avait réapparu et traversé la pièce, lui avait versé une autre tasse, et était repartie. Mandelbrod but à nouveau. «Je comprends tes hésitations, dit-il enfin. Pourquoi se charger des tâches pénibles, s'il y en a d'autres pour le faire? C'est l'esprit du temps. Durant l'autre guerre, c'était différent. Plus une tâche était difficile ou dangereuse, plus il y avait d'hommes à se presser pour l'accomplir. Ton père, par exemple, considérait que la difficulté en elle-même était une raison de faire une chose, et de la faire à la perfection. Ton grand-père était un homme de la même trempe. De nos jours, malgré tous les efforts du Führer, les Allemands sombrent dans la mollesse, l'indécision, le compromis». Je ressentis l'insulte indirecte comme une gifle; mais autre chose dans ce qu'il avait dit m'importait davantage: «Excusez-moi, Herr Doktor. J'ai cru comprendre que vous avez connu mon grand-père?» Mandelbrod posa sa tasse: «Bien sûr. Lui aussi a travaillé avec nous, à nos débuts. Un homme étonnant». Il tendit sa main gonflée vers son bureau. «Va voir, là». J'obéis. «Tu vois le porte-document en maroquin? Apporte-le-moi». Je revins près de lui et le lui remis. Il le posa sur ses genoux, l'ouvrit, et en tira une photographie qu'il me tendit «Regarde». C'était une vieille photo en sépia, un peu jaunie: trois figures côte à côte, sur un fond d'arbres tropicaux. La femme, au milieu, avait un petit visage poupin, encore marqué par les rondeurs de l'adolescence; les deux hommes portaient des costumes clairs d'été: celui de gauche, aux traits étroits et un peu flous et au front barré par une mèche, portait aussi une cravate; le col de l'homme de droite était ouvert sous un visage angulaire, comme gravé dans de la pierre précieuse; même une paire de lunettes teintées ne parvenait pas à cacher l'intensité joyeuse et cruelle de ses yeux. «Lequel est mon grand-père?» demandai-je, fasciné, angoissé aussi. Mandelbrod me désigna l'homme à la cravate. Je l'examinai à nouveau: au contraire de l'autre homme, il avait des yeux secrets, transparents presque. «Et la femme?» demandai-je encore, devinant déjà. – «Ta grand-mère. Elle s'appelait Eva. Une femme superbe, magnifique». Je ne connaissais en vérité ni l'un ni l'autre: ma grand-mère était morte bien avant ma naissance, et les rares visites à mon grand-père, lorsque j'étais tout petit, ne m'avaient laissé aucun souvenir. Il était mort peu de temps après la disparition de mon père. «Et qui donc est l'autre homme?» Mandelbrod me regarda avec un sourire séraphique. «Tu ne devines pas?» Je le regardai: «Ce n'est pas possible!» m'exclamai-je. Il ne se départit pas de son sourire:

«Pourquoi? Tu ne penses tout de même pas que j'ai toujours eu cet aspect?» Confus, je bafouillai:

«Non, non, ce n'est pas ce que je voulais dire, Herr Doktor! Mais votre âge… Sur la photo, on dirait que vous avez le même âge que mon grand-père». Un autre chat, qui se promenait sur le tapis, sauta lestement sur le dos du fauteuil et monta sur son épaule, se frottant contre son énorme tête. Mandelbrod éternua encore. «En fait, dit-il entre deux éternuements, j'étais plus vieux que lui. Mais je me conserve bien». Je détaillais toujours la photo, avidement: que de choses pouvait-elle donc m'apprendre! Timidement, je demandai: «Puis-je la garder, Herr Doktor?» – «Non». Déçu, je la lui rendis; il la rangea dans le porte-document et m'envoya le replacer sur son bureau. Je revins m'asseoir. «Ton père était un authentique national-socialiste, déclara Mandelbrod, et avant même que le Parti n'existe. Les hommes de cette époque-là vivaient sous l'emprise d'idées fausses: pour eux, le nationalisme voulait dire un patriotisme aveugle et étroit, un patriotisme de clocher, doublé d'une immense injustice interne; le socialisme, pour leurs adversaires, signifiait une fausse égalité internationale de classe, et une lutte entre les classes au sein de chaque nation. En Allemagne, ton père fut parmi les premiers à comprendre qu'il fallait un rôle égal, avec un respect mutuel, pour tous les membres de la nation, mais seulement au sein de la nation. À leur manière, toutes les grandes sociétés de l'histoire ont été nationales et socialistes. Regarde Temüdjin, l'exclu: ce n'est que lorsqu'il a pu imposer cette idée-là, et unifier les tribus sur cette base, que les Mongols ont pu conquérir le monde, au nom de ce déclassé devenu Empereur Océanique, Gengis Khan. J'ai fait lire au Reichsführer un livre sur lui, il en a été très impressionné. Avec une immense et féroce sagesse, les Mongols ont tout rasé devant eux, pour reconstruire ensuite sur des bases saines. Toute l'infrastructure de l'Empire russe, toutes les fondations sur lesquelles les Allemands ont ensuite bâti, chez eux, sous des tsars de fait aussi allemands, ce sont les Mongols qui les leur ont apportées: les routes, l'argent, la poste, les douanes, l'administration. Ce n'est que lorsque les Mongols ont compromis leur pureté, en prenant génération après génération des femmes étrangères, souvent d'ailleurs parmi les nestoriens, c'est-à-dire les plus juifs des chrétiens, que leur empire s'est dissous et effondré. Les Chinois présentent un cas contraire mais également instructif: ils ne sortent pas de leur Empire du Milieu, mais absorbent et sinisent irrémédiablement tout peuple qui y entre, aussi puissant soit-il, ils le noient dans un océan sans bornes de sang chinois. Ils sont très forts. D'ailleurs, lorsque nous en aurons fini avec les Russes, nous aurons toujours les Chinois devant nous. Les Japonais ne leur résisteront jamais, même s'ils ont l'air de tenir le haut du pavé aujourd'hui. Si ce n'est pas tout de suite, de toute façon il faudra se confronter à eux un jour, dans cent, deux cents ans. Autant alors les garder faibles, les empêcher si possible de comprendre le national-socialisme et de l'appliquer à leur propre situation. Sais-tu, d'ailleurs, que le terme même de "national-socialisme" a été forgé par un Juif, un précurseur du sionisme, Moïse Hess? Lis son livre, un jour, Rome et Jérusalem, tu verras. C'est très instructif. Et ce n'est pas un hasard: quoi de plus völkisch que le Sionisme? Comme nous, ils ont reconnu qu'il ne peut y avoir de Volk et de Blut sans Boden, sans terre, et donc qu'il faut ramener les Juifs à la terre, Eretz Israël pure de toute autre race. Bien sûr, ce sont d'anciennes idées juives. Les Juifs sont les premiers vrais nationaux-socialistes, depuis près de six mille ans déjà, depuis que Moïse leur a donné une Loi pour les séparer à jamais des autres peuples. Toutes nos grandes idées viennent des Juifs, et nous devons avoir la lucidité de le reconnaître: la Terre comme promesse et comme accomplissement, la notion du peuple choisi entre tous, le concept de la pureté du sang. C'est pour cela que les Grecs, abâtardis, démocrates, voyageurs, cosmopolites, les haïssaient tant, et c'est pour cela qu'ils ont d'abord essayé de les détruire, puis, par le biais de Paul, de corrompre leur religion de l'intérieur, en la détachant du sol et du sang, en la rendant catholique, c'est-à-dire universelle, en supprimant toutes les lois qui servaient de barrière pour maintenir la pureté du sang juif: les interdits alimentaires, la circoncision. Et c'est donc pour cela que les Juifs sont, de tous nos ennemis, les pires de tous, les plus dangereux; les seuls qui valent vraiment la peine d'être haïs. Ce sont nos seuls vrais concurrents, en fait. Nos seuls rivaux sérieux. Les Russes sont faibles, une horde privée de centre malgré les tentatives de ce Géorgien arrogant de leur imposer un "national-communisme". Et les insulaires, britanniques ou américains, sont pourris, gangrenés, corrompus. Mais les Juifs! Qui donc, à l'époque scientifique, a redécouvert, en se fondant sur l'intuition millénaire de son peuple, humilié mais invaincu, la vérité de la race? Disraeli, un Juif. Gobineau a tout appris chez lui! Tu ne me crois pas? Va voir». Il désigna les étagères à côté de son bureau: «Là, va voir». Je me levai de nouveau et allai aux étagères: plusieurs livres de Disraeli y côtoyaient ceux de Gobineau, Vacher de Lapouge, Drumont, Chamberlain, Herzl, et d'autres encore. «Lequel, Herr Doktor? Il y en a plusieurs». – «N'importe, n'importe. Ils disent tous la même chose. Prends Coningsby, tiens. Tu lis l'anglais, n'est-ce pas? Page 203. Commence avec But Sidonia and his brethren… Lis à haute voix». Je trouvais le passage et lus: «Mais Sidonia et ses frères pouvaient se réclamer d'une distinction que le Saxon et le Grec, et le reste des nations caucasiennes, avaient abandonnée, L'Hébreu est une race sans mélanges… Une race sans mélanges, d'une organisation de première classe, est l'aristocratie de la Nature». – «Très bien! Page 231, maintenant. The fact is, you cannot destroy… Il parle des Juifs, bien sûr». – «Oui. Le fait est qu'on ne peut détruire une pure race d'organisation caucasienne. C'est un fait physiologique; une simple loi de la nature, qui a mis en échec les rois égyptiens et assyriens, les empereurs romains, et les inquisiteurs chrétiens. Aucune loi pénale, aucune torture physique, ne peut faire qu'une race supérieure soit absorbée par une inférieure, ou détruite par elle. Les races persécutrices mélangées disparaissent; la pure race persécutée demeure». – «Voilà! Songe que cet homme, ce Juif a été Premier ministre de la reine Victoria! Qu'il a fondé l'Empire britannique! Lui qui, encore inconnu, avançait des thèses pareilles devant un Parlement chrétien! Reviens ici. Sers-moi du thé, tiens». Je revins près de lui et lui versai une autre tasse. «Par amour et par respect pour ton père, Max, je t'ai aidé, j'ai suivi ta carrière, je t'ai soutenu quand je l'ai pu. Tu te dois de lui faire honneur, et à sa race et à la tienne. Il n'y a de place sur cette terre que pour un seul peuple choisi, appelé à dominer les autres: ou ce sera eux, comme le veulent le Juif Disraeli et le Juif Herzl, ou ee sera nous. Et nous devons donc les abattre jusqu'au dernier, extirper leur souche. Car qu'il n'en reste que dix, un quorum intact, qu'il n'en reste que deux, un homme et une femme, dans cent ans nous aurons le même problème, et tout sera à refaire». – «Puis-je vous poser une question, Herr Doktor?» – «Fais, fais, mon petit». – «Quel est votre rôle dans tout ceci, au juste?» – «À Leland et moi, tu veux dire? C'est un peu difficile à expliquer. Nous n'avons pas une position bureaucratique. Nous… nous nous tenons aux côtés du Führer. Vois-tu, le Führer a eu le courage et la lucidité de prendre cette décision historique, fatale; mais, bien entendu, le côté pratique des choses ne le concerne pas. Or entre cette décision et sa réalisation, qui a été confiée au Reichsführer-SS, il y a un espace immense. Notre tâche à nous consiste à réduire cet espace. Dans ce sens, nous ne répondons même pas au Führer, mais plutôt à cet espace». – «Je ne suis pas certain de tout à fait comprendre. Mais qu'attendez-vous donc de moi?» – «Rien, si ce n'est que tu suives le chemin que tu t'es toi-même tracé, et jusqu'au bout». – «Je ne suis pas vraiment sûr de ce qu'est mon chemin, Herr Doktor. Je dois réfléchir». – «Oh, réfléchis! Réfléchis. Et puis appelle-moi. Nous en rediscuterons». Un autre chat essayait de monter sur mes genoux, laissant des poils blancs sur le tissu noir avant que je ne le chasse. Mandelbrod, sans même ciller, toujours aussi impassible, presque sommeillant, émit une autre énorme flatulence. L'odeur me prit à la gorge et je respirai à petits coups entre les lèvres. L'entrée principale s'ouvrit et la jeune femme qui tenait la réception entra, apparemment insensible à l'odeur. Je me levai:

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Les Bienveillantes»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Les Bienveillantes» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Les Bienveillantes»

Обсуждение, отзывы о книге «Les Bienveillantes» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.