Jonathan Littell - Les Bienveillantes
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– il inclina la tête vers Bierkamp – «et notre volonté de suivre une politique de collaboration maximale avec les peuples locaux. L'avis de notre commission scientifique sera donc très important». Von Bittenfeld feuilletait une liasse de papiers: «Nous avons déjà sur place le Leutnant Dr. Voss, qui malgré son jeune âge fait figure d'autorité réputée dans les milieux scientifiques en Allemagne. Nous faisons en outre venir un anthropologue ou un ethnologue». – «Pour ma part, intervint Bräutigam, j'ai déjà contacté mon ministère. Ils vont envoyer un spécialiste de Francfort, de l'Institut pour les questions juives. Ils vont aussi essayer d'avoir quelqu'un de l'institut du Dr. Walter Frank à Munich». – «J'ai déjà sollicité l'opinion du département scientifique du RSHA, dit Bierkamp. Je pense aussi demander un expert. En attendant, j'ai confié nos investigations au Hauptsturmführer Dr. Aue ici présent, qui est notre spécialiste en ce qui concerne les populations caucasiennes». J'inclinai poliment la tête. «Très bien, très bien, approuvait Köstring. Dans ce cas, nous nous retrouverons lorsque les différentes investigations auront apporté des résultats? Cela nous permettra je l'espère de conclure cette affaire. Meine Herren, merci d'être venus». L'assemblée se dispersa dans un remous de chaises. Bräutigam avait pris Köstring de côté par le bras et discutait avec lui. Les officiers sortaient un par un, mais Bierkamp restait là avec Leetsch et Eckhardt, sa casquette à la main: «Ils sortent la grosse artillerie. Il faut qu'on trouve un bon spécialiste aussi, sinon nous allons être mis hors jeu tout de suite».
– «Je demanderai au Brigadeführer, dit Eckhardt. Peut-être dans l'entourage du Reichsführer à Vinnitsa nous pourrons trouver quelqu'un. Sinon, il faudra le faire venir d'Allemagne,»
Voss, d'après von Gilsa, se trouvait encore à Naltchik; il fallait que je le voie et je m'y rendis à la première occasion. Dès Malka, une fine couche de neige recouvrait les champs; avant Baksan, des bourrasques assombrirent le ciel, projetant de grandes volutes de flocons dans la lumière des phares. Les montagnes, les champs, les arbres, tout avait disparu; les véhicules venant en sens inverse apparaissaient comme des monstres mugissants, surgis de coulisses voilées par la tempête. Je n'avais qu'un manteau en laine de l'année précédente, encore suffisant, mais plus pour longtemps. Il faudrait, me dis-je, que je songe à me procurer des vêtements chauds. À Naltchik, je retrouvai Voss au milieu de ses livres à l'Ortskommandantur, où il avait établi son bureau; il me mena boire de l'ersatz au mess, à une petite table couverte de formica rayé avec un vase de fleurs en plastique. Le café était infect et je tentai de le noyer dans du lait; Voss ne semblait pas y prêter attention. «Vous n'êtes pas trop déçu par l'échec de l'offensive? lui demandai-je. Pour vos recherches, je veux dire». – «Un peu, bien sûr. Mais j'ai de quoi m'occuper ici». Il me paraissait distant, un peu perdu. «Le General Köstring vous a demandé de participer à la commission d'enquête sur les Bergjuden, alors?» – «Oui. Et j'ai entendu dire que vous alliez représenter la S S». Je ris sèchement: «Plus ou moins. L'Oberfuhrer Bierkamp m'a promu d'office spécialiste en affaires caucasiennes. C'est votre faute, je crois». Il rit et but du café. Des soldats et des officiers, parfois encore couverts de neige, allaient et venaient ou conversaient à voix basse aux autres tables. «Et que pensez-vous du problème?» repris-je. – «Ce que j'en pense? Posé comme il l'a été, il est absurde. La seule chose qu'on puisse dire de ces gens, c'est qu'ils parlent une langue iranienne, pratiquent la religion mosaïque, et vivent selon les coutumes des montagnards caucasiens. C'est tout». – «Oui, mais ils ont bien une origine.» Il haussa les épaules: «Tout le monde a une origine, la plupart du temps rêvée. Nous en avons discuté. Pour les Tats, elle est perdue dans le temps et les légendes. Même si c'étaient vraiment des Juifs venus de Babylonie -disons même une des tribus perdues – ils se seront entre-temps tellement mélangés avec les peuples d'ici que cela ne voudrait plus rien dire. En Azerbaïdjan, il y aurait des Tats musulmans. Est-ce que ce sont des Juifs qui ont reçu l'islam? Ou est-ce que ces Juifs hypothétiques venus d'ailleurs ont échangé des femmes avec une tribu iranienne, païenne, dont les descendants se seraient plus tard convertis à l'une ou l'autre religion du Livre? C'est impossible à dire». – «Pourtant, insistai-je, il doit bien y avoir des indices scientifiques qui permettraient de trancher?» – «Il y en a beaucoup et l'on peut tout leur faire dire. Prenez leur langue. J'ai déjà discuté avec eux et je peux assez bien la situer. D'autant plus que j'ai trouvé un livre de Vsevolod Miller sur le sujet. C'est essentiellement un dialecte ouest-iranien, avec un apport hébreu et turc. L'apport hébreu concerne surtout le vocabulaire religieux, et encore, pas systématiquement: ils appellent la synagogue nimaz, la Pâque juive Nisanu, et Pourim Homonu; ce sont tous des noms persans. Avant le pouvoir soviétique, ils écrivaient leur langue persane avec des caractères hébreux, mais d'après eux, ces livres n'ont pas survécu aux réformes. Maintenant, le tat s'écrit en caractères latins: au Daghestan, ils publient des journaux et éduquent leurs enfants dans cette langue. Or si c'étaient vraiment des Chaldéens ou des Juifs venus de Babylone après la destruction du Premier Temple, comme le voudraient certains, ils devraient en toute logique parler un dialecte dérivé du moyen iranien, proche de la langue pahlavie de l'époque sassanide.
Mais cette langue täte est un dialecte nouvel iranien, donc postérieur au Xe siècle et proche du dari, du balout ehe ou du kurde. On pourrait sans forcer les faits en conclure à une immigration relativement récente, qui aurait été suivie d'une conversion. Mais si on veut prouver le contraire, on le peut aussi. Ce que je ne comprends pas, c'est quel rapport tout cela peut avoir avec la sécurité de nos troupes. On devrait quand même être capables de juger objectivement, sur la base des faits, de leur attitude envers nous?» -»C'est tout simplement un problème racial, répondis-je. Nous savons qu'il existe des groupes racialement inférieurs, dont les Juifs, qui présentent des caractéristiques marquées qui à leur tour les prédisposent à la corruption bolcheviste, au vol, au meurtre, et à toutes sortes d'autres manifestations néfastes. Évidemment, cela n'est pas le cas de tous les membres du groupe. Mais en temps de guerre, dans une situation d'occupation et avec nos ressources limitées, il nous est impossible de procéder à des enquêtes individuelles. Nous sommes donc obligés de considérer les groupes porteurs de risque dans leur ensemble, et de réagir globalement. Cela crée de grandes injustices, mais c'est dû à la situation exceptionnelle». Voss regardait son café d'un air amer et triste. «Doktor Aue. Je vous ai toujours pris pour un homme intelligent et sensé. Même si tout ce que vous me dites est vrai, expliquez-moi, s'il vous plaît, ce que vous entendez par race. Parce que pour moi, c'est un concept scientifiquement indéfinissable et donc sans valeur théorique». – «Pourtant, la race existe, c'est une vérité, nos meilleurs chercheurs l'étudient et écrivent à son sujet. Vous le savez bien. Nos anthropologues raciaux sont les meilleurs du monde». Voss explosa subitement: «Ce sont des fumistes. Ils n'ont aucune concurrence dans les pays sérieux car leur discipline n'y existe pas et n'y est pas enseignée. Aucun d'entre eux n'aurait un emploi et ne serait publié si ce n'était pour des considérations politiques!» – «Doktor Voss, je respecte beaucoup vos opinions, mais vous y allez un peu fort, non?» dis-je doucement. Voss frappa du plat de la main sur la table, ce qui fit rebondir les tasses et le vase de fausses fleurs; le bruit et ses éclats de voix firent se tourner quelques têtes: «Cette philosophie de vétérinaires, comme disait Herder, a volé tous ses concepts à la linguistique, la seule des sciences de l'homme jusqu'à ce jour qui ait une base théorique scientifiquement validée. Comprenez-vous» – il avait baissé le ton et parlait vite et furieusement – «comprenez-vous même ce que c'est qu'une théorie scientifique? Une théorie n'est pas un fait: c'est un outil qui permet d'émettre des prédictions et de générer de nouvelles hypothèses. On dit d'une théorie qu'elle est bonne, d'abord, si elle est relativement simple, et ensuite, si elle permet de faire des prédictions vérifiables. La physique newtonienne permet de calculer des orbites: si on observe la position de la Terre ou de Mars à plusieurs mois d'intervalle, elles se trouvent toujours précisément là où la théorie prédit qu'elles doivent se trouver. Par contre, on a constaté que l'orbite de Mercure comporte de légères irrégularités qui dévient de l'orbite prédite par la théorie newtonienne. La théorie de la relativité d'Einstein prédit ces déviations avec précision: elle est donc meilleure que la théorie de Newton. Or en Allemagne, autrefois le plus grand pays scientifique du monde, la théorie d'Einstein est dénoncée comme science juive et récusée sans aucune autre explication. C'est tout simplement absurde, c'est ce que l'on reproche aux bolcheviques, avec leurs propres pseudo-sciences au service du Parti. C'est la même chose pour la linguistique et la prétendue anthropologie raciale. En linguistique, par exemple, la grammaire indogermanique comparée a permis de dégager une théorie des mutations phonologiques qui a une excellente valeur prédictive. Déjà Bopp, en 1820, dérivait le grec et le latin du sanscrit. En partant du moyen iranien et en suivant les mêmes règles fixes, on retrouve des mots en gaélique. Ça marche et c'est démontrable. C'est donc une bonne théorie, bien qu'elle soit constamment en cours d'élaboration, de correction et de perfectionnement. L'anthropologie raciale, en comparaison, n'a aucune théorie. Elle postule des races, sans pouvoir les définir, puis avère des hiérarchies, sans les moindres critères. Toutes les tentatives pour définir les races biologiquement ont échoué. L'anthropologie crânienne a été un four total: après des décennies de mesures et de compilations de tables, basées sur les indices ou les angles les plus farfelus, on ne sait toujours pas reconnaître un crâne juif d'un crâne allemand avec le moindre degré de certitude. Quant à la génétique mendélienne, elle donne de bons résultats pour les organismes simples, mais à part le menton Habsbourg on est encore loin de savoir l'appliquer à l'homme. Tout cela est tellement vrai que pour rédiger nos fameuses lois raciales, on a été obligés de se fonder sur la religion des grands-parents! On a postulé que les Juifs du siècle dernier étaient racialement purs, mais c'est absolument arbitraire. Même vous devez le voir. Quant à ce qui constitue un Allemand racialement pur, personne ne le sait, n'en déplaise à votre Reichsführer-SS. Ainsi, l'anthropologie raciale, incapable de définir quoi que ce soit, s'est simplement rabattue sur les catégories tellement plus démontrables des linguistes. Schlegel, qui était fasciné par les travaux de Humboldt et de Bopp, a déduit de l'existence d'une langue indo-iranienne supposée originale l'idée d'un peuple également original qu'il a baptisé aryen en prenant le terme à Hérodote. De même pour les Juifs: une fois que les linguistes avaient démontré l'existence d'un groupe de langues dites sémitiques, les racialistes ont sauté sur l'idée, qu'on applique de manière complètement illogique puisque l'Allemagne cherche à cultiver les Arabes et que le Führer reçoit officiellement le Grand Mufti de Jérusalem! La langue, en tant que véhicule de la culture, peut avoir une influence sur la pensée et le comportement. Humboldt l'avait déjà compris il y a longtemps. Mais la langue peut être transmise et la culture, bien que plus lentement, aussi. Au Turkestan chinois, les turcophones musulmans d'Urumchi ou de Kashgar ont une apparence physique disons iranienne: on pourrait les prendre pour des Siciliens. Certainement, ce sont les descendants de peuples qui ont dû migrer de l'ouest et parlaient autrefois une langue indo-iranienne. Puis ils ont été envahis et assimilés par un peuple turc, les Ouïghours, à qui ils ont pris leur langue et une partie de leurs coutumes. Ils forment maintenant un groupe culturel distinct, par exemple, des peuples turcs comme les Kazakhs et les Kirghizes, et aussi des Chinois islamisés qu'on appelle les Hui ou des musulmans indo-iraniens comme les Tadjiks. Mais essayer de les définir autrement que par leur langue, leur religion, leurs coutumes, leur habitat, leurs habitudes économiques ou leur propre sentiment de leur identité n'aurait aucun sens. Et tout cela est de l'acquis, pas de l'inné. Le sang transmet une propension aux maladies cardiaques; s'il transmet aussi une propension à la trahison, personne n'a jamais pu le prouver. En Allemagne, des idiots étudient les chats à queue coupée pour essayer de prouver que leurs chatons naîtront sans queue; et parce qu'ils portent un bouton en or on leur donne une chaire d'Université! En URSS, par contre, malgré toutes les pressions politiques, les travaux linguistiques de Marr et de ses collègues, au niveau théorique au moins, restent excellents et objectifs, parce que» – il donna quelques coups secs sur la table avec ses phalanges – «comme cette table, cela existe. Moi, les gens comme Hans Günther ou comme ce Montandeau, en France, qui fait aussi parler de lui, je leur dis merde. Et si c'est des critères comme les leurs qui vous servent à décider de la vie et de la mort des gens, vous feriez mieux d'aller tirer au hasard dans la foule, le résultat serait le même». Je n'avais rien dit durant toute la longue tirade de Voss. Enfin je répondis, assez lentement: «Doktor Voss, je ne vous savais pas aussi passionné. Vos thèses sont provocantes, et je ne saurais vous suivre sur tous les points. Je crois que vous sous-estimez certaines des notions idéalistes qui forment notre Weltanschauung et qui sont loin d'une philosophie de vétérinaires, comme vous dites. Néanmoins, cela demande réflexion et je ne voudrais pas répondre à la légère. J'espère donc que vous serez d'accord pour reprendre cette conversation dans quelques jours, quand j'aurai eu le loisir d'y réfléchir». – «Bien volontiers, dit Voss qui s'était subitement calmé. Je suis désolé de m'être emporté. Simplement, quand on entend autant de bêtises et d'inepties autour de soi, il devient difficile à un moment de se taire. Je ne parle pas de vous, bien sûr, mais de certains de mes confrères. Mon seul désir et mon seul espoir seraient que la science allemande, lorsque les passions seront retombées, retrouve la place qu'elle a si péniblement acquise grâce aux travaux d'hommes fins, subtils, attentifs et humbles devant les choses de ce monde».
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