Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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Je rentrai à Piatigorsk après avoir mangé et bu de bon cœur. Hohenegg, durant le dîner, avait été maussade: je voyais qu'il désapprouvait mon action et toute cette histoire. Moi, j'étais toujours étrangement exalté; c'était comme si un grand poids avait été ôté de mes épaules. Turek, j'allais l'abattre avec plaisir; mais il fallait que je songe à déjouer le piège que lui et Pfeiffer voulaient me tendre. Une heure après mon retour, on frappa à ma porte. C'était une ordonnance du Kommando, qui me tendait un papier. «Désolé de vous déranger si tard, Herr Hauptsturmführer. C'est un ordre urgent du Gruppenstab». Je déchirai le pli: Bierkamp me convoquait à huit heures, avec Turek. Quelqu'un avait vendu la mèche. Je renvoyai l'ordonnance et m'effondrai sur le divan. J'avais l'impression d'être poursuivi par une malédiction: ainsi, quoi que je fasse, toute action pure me serait interdite! Je croyais voir le vieux Juif, dans sa tombe sur le Matchouk, qui se riait de moi. Vidé, je fondis en larmes et m'endormis en pleurant, tout habillé.

Le lendemain matin je me présentai à l'heure dite à Vorochilovsk. Turek était venu séparément. Nous nous tînmes au garde-à-vous devant le bureau de Bierkamp, côte à côte, sans autre témoin. Bierkamp en vint droit au fait: «Meine Herren. Il est parvenu jusqu'à moi que vous vous seriez adressés en public des paroles indignes d'officiers S S, et que, pour résoudre votre querelle, vous prévoyiez de vous livrer à une action formellement interdite par le règlement, qui aurait en outre privé le groupe de deux éléments valables et difficiles à remplacer; car vous pouvez être certains que le survivant se serait immédiatement vu traduire devant une cour de la S S et de la police, et aurait été condamné à la peine capitale ou à un camp de concentration. Je vous rappelle que vous êtes ici pour servir votre Führer et votre Volk, et non pour assouvir vos passions personnelles: si vous déposez vos vies, vous le ferez pour le Reich. En conséquence je vous ai convoqués ici tous les deux afin que vous vous fassiez des excuses et vous réconciliiez. J'ajoute que c'est un ordre». Ni Turek ni moi ne répondîmes. Bierkamp regarda Turek:

«Hauptsturmführer?» Turek restait muet. Bierkamp se tourna vers moi: «Et vous, Hauptsturmführer Aue?» – «Avec tout le respect que je vous dois, Herr Oberführer, les paroles insultantes que j'ai prononcées l'ont été en réponse à celles du Hauptsturmführer Turek. J'estime donc que c'est à lui de présenter ses excuses en premier, sans quoi je me verrai dans l'obligation de défendre mon honneur quelles qu'en soient les conséquences». Bierkamp se retourna vers Turek: «Hauptsturmführer, est-il vrai que les premières paroles offensantes prononcées l'ont été par vous?» Turek serrait si fort la mâchoire que ses muscles tressaillaient: «Oui, Herr Oberführer, dit-il enfin, c'est exact». – «Dans ce cas, je vous donne l'ordre de présenter vos excuses au Hauptsturmführer Dr. Aue». Turek pivota d'un quart de tour en claquant le talon et me fit face, toujours au garde-à-vous; je l'imitai. «Hauptsturmführer Aue, prononça-t-il lentement, d'une voix rauque, je vous prie d'accepter mes excuses pour les propos insultants que j'ai pu tenir à votre égard. J'étais pris de boisson, et me suis laissé emporter». – «Hauptsturmführer Turek, répondis-je, le cœur battant, j'accepte vos excuses, et vous présente les miennes dans le même esprit pour ma réaction blessante». – «Très bien, dit sèchement Bierkamp. Maintenant serrez-vous la main». Je pris la main de Turek et la trouvai moite. Puis nous fîmes de nouveau face à Bierkamp. «Meine Herren, je ne sais pas ce que vous vous êtes dit et je ne veux pas le savoir. Je suis heureux que vous vous soyez réconciliés. Si un tel incident devait se reproduire, je vous ferais tous les deux envoyer dans un bataillon disciplinaire de la Waffen-SS. C'est clair? Rompez». En sortant de son bureau, encore bouleversé, je me dirigeai vers celui du Dr. Leetsch. Von Gilsa m'avait informé qu'un avion de reconnaissance de la Wehrmacht avait survolé la région de Chatoï et avait photographié de nombreux villages bombardés; or, le IVe corps aérien insistait sur le fait que ses appareils n'avaient mené aucune attaque sur la Tchétchénie, et l'on attribuait les destructions à l'aviation soviétique, ce qui semblait confirmer les rumeurs d'une insurrection assez étendue. «Kurreck a déjà parachuté plusieurs hommes dans les montagnes, m'apprit Leetsch. Mais depuis nous n'avons eu aucun contact avec eux. Ou ils ont tout de suite déserté, ou ils ont été tués ou capturés». – «La Wehrmacht pense qu'une rébellion sur les arrières soviétiques pourrait faciliter l'offensive sur Ordjonikidze». -«Peut-être. Mais à mon avis ils l'ont déjà matée, si jamais elle a eu lieu. Staline ne prendrait pas un tel risque». – «Sans doute. Si jamais le Sturmbannführer Kurreck apprend quelque chose, vous pourrez m'en informer?» En ressortant, je surpris Turek, appuyé contre le montant d'une porte, en train de parler à Prill. Ils s'interrompirent et me fixèrent tandis que je les croisais. Je saluai poliment Prill, et regagnai Piatigorsk. Hohenegg, que je retrouvai le soir même, n'avait pas l'air trop déçu. «C'est le principe de réalité, mon cher ami, me déclara-t-il. Cela vous apprendra à vouloir jouer au héros romantique. Allons donc boire un verre». Mais l'histoire me travaillait. Qui donc avait pu nous dénoncer à Bierkamp? C'était certainement un des camarades de Turek, qui avait eu peur de l'esclandre. Ou peut-être l'un d'eux, au courant du piège qui se préparait, aurait voulu l'empêcher? Il était à peine concevable que Turek lui-même ait eu des remords. Je me demandais ce qu'il tramait avec Prill: rien de bon, certainement.

Une nouvelle poussée d'activité fit passer cette affaire au second plan. Le IIIe corps blindé de von Mackensen, soutenu par la Luftwaffe, lançait son offensive vers Ordjonikidze; la défense soviétique devant Naltchik s'effondra en deux jours et à la fin octobre nos forces prenaient la ville tandis que les panzers continuaient leur poussée vers l'est. Je demandai une voiture et me rendis d'abord à Prokhladny où je rencontrai Persterer, puis à Naltchik. Il pleuvait mais cela ne gênait pas trop la circulation; après Prokhladny, des colonnes de la Rollbahn faisaient monter le ravitaillement. Persterer se préparait à transférer son Kommandostab à Naltchik et avait déjà dépêché un Vorkommando sur place pour préparer les quartiers. La ville était tombée si rapidement que l'on avait pu arrêter beaucoup de fonctionnaires bolcheviques et d'autres suspects; il y avait aussi de nombreux Juifs, des bureaucrates venus de Russie ainsi qu'une importante communauté autochtone. Je rappelai à Persterer les consignes de la Wehrmacht concernant l'attitude envers les populations locales: on prévoyait de former rapidement un district autonome kabardo-balkar, et il ne fallait en aucun cas nuire aux bonnes relations. À Naltchik, je gagnai l'Ortskommandantur, toujours en cours d'installation. La Luftwaffe avait bombardé la ville et beaucoup de maisons ou de bâtiments éventrés fumaient encore sous la pluie. J'y retrouvai Voss, qui triait des piles de livres dans une pièce vide; il semblait ravi de ses trouvailles. «Regardez ça», dit-il en me tendant un vieux livre en français. J'examinai la page de titre: Des peuples du Caucase et des pays au nord de la mer Noire et la mer Caspienne dans le xe siècle, ou Voyage d'Abou-el-Cassim, édité à Paris en 1828 par un certain Constantin Mouradgea d'Ohsson. Je le lui rendis avec une moue approbatrice: «Vous en avez trouvé beaucoup?» – «Pas mal. Une bombe a frappé la bibliothèque, mais il n'y a pas eu trop de dégâts. En revanche, vos collègues voulaient saisir une partie des collections pour la S S. Je leur ai demandé ce qui les intéressait, mais comme ils n'ont pas d'expert ils ne savaient pas trop. Je leur ai proposé le rayon d'économie politique marxiste. Ils m'ont répondu qu'ils devaient consulter Berlin. D'ici là j'aurai fini». Je ris: «Mon devoir devrait être de vous mettre des bâtons dans les roues». – «Peut-être. Mais vous ne le ferez pas». Je lui racontai l'algarade avec Turek qu'il trouva fort comique: «Vous vouliez vous battre en duel à cause de moi? Doktor Aue, vous êtes incorrigible. C'est absurde-» – «Je n'allais pas me battre à cause de vous: c'était moi qu'ils insultaient». – «Et vous dites que le Dr. Hohenegg était prêt à vous servir de témoin?» – «Un peu à contrecœur». – «Cela me surprend. Je le croyais un homme intelligent». Je trouvais l'attitude de Voss un peu vexante; il dut remarquer mon air dépité car il éclata de rire: «Ne faites pas cette tête-là! Dites-vous que les hommes grossiers et ignorants se punissent eux-mêmes». Je ne pouvais pas passer la soirée à Naltchik; je devais remonter à Piatigorsk faire mon rapport. Le lendemain, je fus convoqué par von Gilsa. «Hauptsturmführer, nous avons un petit problème à Naltchik qui concerne aussi la Sicherheitspolizei». Le Sonderkommando, m'expliqua-t-il, avait déjà commencé à fusiller des Juifs, près de l'hippodrome: des Juifs russes, pour la plupart membres du Parti ou fonctionnaires, mais aussi quelques Juifs locaux, qui semblaient être ces fameux «Juifs des montagnes» ou Juifs du Caucase. Un de leurs anciens était allé trouver Selim Chadov, l'avocat kabarde désigné par l'administration militaire pour diriger le futur district autonome; celui-ci à son tour avait eu, à Kislovodsk, une audience avec le Generaloberst von Kleist, à qui il avait expliqué que les Gorski Evreï n'étaient pas racialement juifs, mais un peuple montagnard converti au judaïsme tout comme les Kabardes avaient été convertis à l'Islam. «D'après lui, ces Bergjuden mangent comme les autres montagnards, s'habillent comme eux, se marient comme eux, et ne parlent ni l'hébreu, ni le yiddish. Ils habitent depuis plus de cent cinquante ans à Naltchik et parlent tous, en plus de leur propre langue, le kabarde et le turc balkar. Herr Chadov a dit au Generaloberst que les Kabardes n'accepteraient pas que l'on tue leurs frères montagnards, et qu'ils doivent être épargnés par les mesures répressives et même dispensés du port de l'étoile jaune». – «Et qu'en dit le Generaloberst?» – «Comme vous le savez, la Wehrmacht mène ici une politique qui vise à créer de bonnes relations avec les minorités antibolcheviques. Ces bonnes relations ne doivent pas être mises en péril à la légère. Bien sûr, la sécurité des troupes est aussi une considération vitale. Mais si ces gens ne sont pas juifs racialement, il se peut qu'ils ne présentent aucun risque. La question est délicate et doit être étudiée. La Wehrmacht va donc réunir une commission de spécialistes et procéder à des expertises. En attendant, le Generaloberst demande que la Sicherheitspolizei ne prenne aucune mesure contre ce groupe. Bien entendu, la Sicherheitspolizei est tout à fait libre de soumettre son propre avis sur la question, que le groupe d'armées prendra en considération. Je pense que l'OKHG déléguera l'affaire au General Köstring. Après tout, cela concerne une zone prévue pour l'autogouvernance». – «Très bien, Herr Oberst. J'ai pris note et je transmettrai un rapport». – «Je vous remercie. Je vous saurais aussi gré de demander à l'Oberführer Bierkamp de nous confirmer par écrit que la Sicherheitspolizei n'entreprendra aucune action sans une décision de la Wehrmacht». – «Zu Befehl, Herr Oberst». J'appelai l'Obersturmbannführer Hermann, le remplaçant du Dr. Müller qui était parti la semaine précédente, et lui expliquai l'affaire: Bierkamp, justement, arrivait dans l'heure, me répondit-il en m'invitant à descendre au Kommando. Bierkamp était déjà au courant: «C'est absolument inadmissible! martelait-il. La Wehrmacht dépasse vraiment les bornes. Protéger des Juifs, c'est une atteinte directe à la volonté du Führer». – «Si vous me permettez, Herr Oberführer, j'ai cru comprendre que la Wehrmacht n'était pas convaincue que ces gens devaient être considérés comme des Juifs. S'il est démontré qu'ils le sont, l'OKHG ne devrait pas avoir d'objections à ce que la SP procède aux mesures nécessaires». Bierkamp haussa les épaules: «Vous êtes naïf, Hauptsturmführer. La Wehrmacht démontrera ce qu'elle veut démontrer. Ce n'est rien d'autre qu'un prétexte de plus pour s'opposer au travail de la Sicherheitspolizei». -»Excusez-moi, intervint Hermann, un homme aux traits fins, à l'aspect sévère mais aussi un peu rêveur, a-t-on déjà eu des cas semblables?» – «À ma connaissance, répondis-je, que des cas individuels. Il faudrait vérifier». – «Ce n'est pas tout, ajouta Bierkamp. L'OKHG m'a écrit que d'après Chadov nous aurions liquidé un village entier de ces Bergjuden près de Mozdok. Ils me demandent de leur envoyer un rapport justificatif». Hermann semblait avoir du mal à suivre. «Est-ce que c'est vrai?» demandai-je.

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