Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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Tout cela nous avait un peu éloignés des Juifs, «Ah oui, le Peuple choisi. Même avec tous ces obstacles, il y avait des solutions équitables possibles. Par exemple, après notre victoire sur la France, le SD, en conjonction avec l'Auswärtiges Amt, a commencé à réfléchir sérieusement à une option Madagascar. Avant ça, on avait envisagé de regrouper tous les Juifs autour de Lublin, dans une sorte de grande réserve où ils auraient pu vivre tranquillement sans plus constituer de risques pour l'Allemagne; mais le General-Gouvernement a catégoriquement refusé et Frank, en usant de ses relations, a réussi à faire capoter le projet Madagascar, c'était sérieux. On a fait des études, il y avait de la place pour tous les Juifs dans notre sphère de contrôle. On est allés très loin dans la planification, on a même fait vacciner des employés de la Staatspolizei contre la malaria, en prévision de leur départ. C'est surtout l'Amt IV qui pilotait le projet, mais le SD a fourni des informations et des idées, et j'ai lu tous les rapports,» – «Pourquoi est-ce que cela n'a pas abouti?» – «Tout simplement parce que les Britanniques, très déraisonnablement, ont refusé d'accepter notre supériorité écrasante et de signer un traité de paix avec nous! Tout dépendait de ça. D'abord parce qu'il fallait que la France nous cède Madagascar, ce qui aurait figuré au traité, et aussi parce qu'il aurait fallu que l'Angleterre mette sa flotte à contribution, n'est-ce pas?» Ohlendorf s'interrompit pour aller demander un autre pot de café à son ordonnance, «Ici aussi, en Russie, l'idée initiale était beaucoup plus limitée. Tout le monde pensait que la campagne serait courte et on a voulu faire comme en Pologne, c'est-à-dire décapiter les meneurs, l'intelligentsia, les chefs bolcheviques, tous les hommes dangereux. Une tâche affreuse en elle-même, mais vitale et logique, vu la nature démesurée du Bolchevisme, son manque absolu de scrupules. Après la victoire, on aurait de nouveau pu remettre à l'étude une solution globale et définitive, en créant par exemple une réserve juive dans le Nord ou en Sibérie, ou en les envoyant au Birobidjan, pourquoi pas?» – «C'est une tâche affreuse quoi qu'il en soit, dis-je. Puis-je vous demander pourquoi vous l'avez acceptée? Avec votre grade et vos capacités, vous auriez été bien plus utile à Berlin». – «Certainement, repartit-il vivement. Je ne suis ni un militaire, ni un policier, et ce travail de sbire ne me convient pas. Mais c'était un ordre direct et j'ai dû accepter. Et puis, comme je vous l'ai dit, nous pensions tous que cela durerait un mois ou deux, pas plus». J'étais étonné qu'il m'eût répondu avec autant de franchise; jamais nous n'avions eu une conversation aussi ouverte. «Et depuis le Führervernichtungsbefehl?» poursuivis-je. Ohlendorf ne répondit pas tout de suite. L'ordonnance apporta le café; Ohlendorf m'en proposa de nouveau: «J'en ai bu assez, merci». Il restait plongé dans ses pensées. Enfin il répondit, lentement, en choisissant ses mots avec soin. «Le Führervernichtungsbefehl est une chose terrible. Paradoxalement, c'est presque comme un ordre du Dieu de la Bible des Juifs, n'est-ce pas? Maintenant va, frappe Amalek! Voue-le à l'anathème avec tout ce qu'il possède, sois sans pitié pour lui, tue hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et brebis, chameaux et ânes. Vous connaissez ça, c'est dans le premier livre de Samuel. Lorsque j'ai reçu l'ordre, c'est à ça que j'ai songé. Et comme je vous l'ai dit, je pense que c'est une erreur, que nous aurions dû avoir l'intelligence et la capacité de trouver une solution plus… humaine, disons, mieux en accord avec notre conscience d'Allemands et de nationaux-socialistes. En ce sens, c'est un échec. Mais il faut aussi voir les réalités de la guerre. La guerre dure, et chaque jour que cette force ennemie demeure à l'arrière de nos lignes renforce notre adversaire et nous affaiblit. C'est une guerre totale, toutes les forces de la Nation sont engagées, et nous ne devons rien négliger pour vaincre, rien. C'est ce que le Führer a clairement compris: il a tranché le nœud gordien des doutes, des hésitations, des intérêts divergents. Il l'a fait, comme il fait tout, pour sauver l'Allemagne, conscient que s'il peut envoyer à la mort des centaines de milliers d'Allemands, il peut et doit aussi y envoyer les Juifs et tous nos autres ennemis. Les Juifs prient et œuvrent pour notre défaite, et tant que nous n'aurons pas vaincu nous ne pouvons pas nourrir un tel ennemi en notre sein. Et pour nous autres, qui avons reçu la lourde charge de mener à bien cette tâche, notre devoir envers notre peuple, notre devoir de vrais nationaux-socialistes, est d'obéir. Même si l'obéissance est le couteau qui égorge la volonté de l'homme, comme disait saint Joseph de Cupertino. Nous devons accepter notre devoir de la même manière qu'Abraham accepte le sacrifice inimaginable de son fils Isaac exigé par Dieu. Vous avez lu Kierkegaard? Il appelle Abraham le chevalier de la foi, qui doit sacrifier non seulement son fils, mais aussi et surtout ses idées éthiques. Pour nous c'est pareil, n'est-ce pas? Nous devons consommer le sacrifice d'Abraham».

Ohlendorf, je le perçus à ses propos, aurait préféré ne pas être mis dans cette position; mais qui, de nos jours, pouvait avoir la chance de faire ce qu'il préférait? Cela, il l'avait compris et accepté avec lucidité. En tant que Kommandant, il était strict et consciencieux; à la différence de mon ancien Einsatzgruppe, qui avait rapidement abandonné cette méthode peu pratique, il insistait pour que les exécutions soient menées selon la méthode militaire, en peloton, et il envoyait fréquemment ses officiers, tels Seibert et Schubert, en inspection pour vérifier si les Kommandos respectaient ses directives. Il tenait aussi à contrôler le plus possible les menus vols ou détournements auxquels se livraient les soldats chargés des exécutions. Enfin, il avait strictement interdit que l'on frappe ou tourmente les condamnés; d'après Schubert, ces consignes étaient suivies aussi bien qu'elles pouvaient l'être. Outre cela, il cherchait toujours à prendre des initiatives positives. L'automne précédent, en collaboration avec la Wehrmacht, il avait organisé une brigade d'artisans et de fermiers juifs pour faire rentrer la moisson, près de Nikolaev; il avait dû mettre fin à cette expérience sur ordre direct du Reichsführer, mais je savais qu'il le regrettait, et en privé il considérait l'ordre comme une erreur. En Crimée, il s'était surtout investi dans le développement des relations avec la population tatare, avec des succès considérables. En janvier, lorsque l'offensive surprise des Soviétiques et la prise de Kertch avaient mis toute notre position en Crimée en péril, les Tatars, spontanément, placèrent un dixième de leur population mâle à la disposition d'Ohlendorf pour aider à défendre nos lignes; ils fournissaient aussi une aide considérable à la S P et au S D dans la lutte antipartisans, nous livrant ceux qu'ils capturaient ou les liquidant eux-mêmes. L'armée appréciait cette assistance, et les efforts d'Ohlendorf sur ce plan avaient beaucoup contribué à améliorer ses relations avec l'AOK, après le conflit avec Wöhler. Néanmoins, il restait peu à son aise dans son rôle; et je ne fus pas surpris outre mesure lorsque, à la mort de Heydrich, il se mit à négocier son retour en Allemagne. Heydrich fut blessé à Prague le 29 mai et mourut le 4 juin; le lendemain, Ohlendorf s'envolait vers Berlin pour assister à ses funérailles; il revint dans la seconde quinzaine du mois, promu SS-Brigadeführer et muni d'une promesse de remplacement rapide; dès son retour, il se mit à faire ses tournées d'adieu. Un soir, il me raconta brièvement comment cela c'était passé: quatre jours après la mort de Heydrich, le Reichsführer l'avait convoqué à une réunion avec la plupart des autres Amtchefs, Müller, Streckenbach et Schellenberg, pour discuter de l'avenir du RSHA, et de la capacité même du RSHA à continuer sans Heydrich comme organisation indépendante. Le Reichsführer avait choisi de ne pas remplacer Heydrich immédiatement; il assurerait lui-même l'intérim, mais à distance; et cette décision exigeait la présence de tous les Amtchefs à Berlin, pour superviser directement leurs Ämter au nom de Himmler. Le soulagement d'Ohlendorf était flagrant; sans se départir de sa réserve, il semblait presque joyeux. Mais cela se remarquait à peine au milieu de l'excitation générale: nous étions sur le point de lancer notre grande campagne d'été vers le Caucase. L'opération Bleue démarra le 28 juin avec l'offensive de von Bock sur Voronej; deux jours plus tard, le remplaçant d'Ohlendorf, l'Oberführer Dr. Walter Bierkamp, arrivait à Simferopol. Ohlendorf ne partait pas seul: Bierkamp avait amené avec lui son propre adjudant, le Sturmbannführer Thielecke, et il était prévu que la plupart des officiers vétérans du Gruppenstab, ainsi que les chefs des Kommandos, seraient remplacés dans le courant de l'été, selon la disponibilité de leurs remplaçants. Début juillet, dans l'enthousiasme provoqué par la chute de Sébastopol, Ohlendorf nous fit un discours de départ éloquent, invoquant, avec sa dignité naturelle, toute la grandeur et la difficulté de notre lutte mortelle contre le Bolchevisme. Bierkamp, qui nous venait de Belgique et de France, mais qui auparavant avait dirigé la Kripo de Hambourg, sa ville natale, puis servi comme IdS à Düsseldorf, nous adressa aussi quelques mots. Il semblait très satisfait de sa nouvelle position: «Le travail à l'Est, surtout en temps de guerre, est ce qu'il y a de plus stimulant pour un homme», nous déclara-t-il. De profession, il était juriste et avocat; ses propos, lors de son discours et de la réception qui suivit, laissaient percer la mentalité du policier. Il devait avoir une quarantaine d'années et était plutôt trapu, un peu court sur pattes, avec une mine chafouine; malgré son doctorat, ce n'était certainement pas un intellectuel, et son parler mêlait l'argot hambourgeois au jargon de la SP; mais il paraissait décidé et capable. Je ne revis Ohlendorf qu'une seule fois après cette soirée, lors du banquet offert par l'AOK pour célébrer la prise de Sébastopol: il était occupé avec les officiers de l'armée, et passa un long moment à discuter avee von Manstein; mais il me souhaita bonne chance, et m'invita à venir le voir lorsque je serais de passage à Berlin. Voss était parti aussi, abruptement transféré à l'AOK du Generaloberst von Kleist, dont les panzers avaient déjà passé la frontière de l'Ukraine et fonçaient sur Millerovo. Je me sentais un peu seul. Bierkamp était absorbé par la réorganisation des Kommandos, dont certains devaient être dissous afin de former en Crimée des structures permanentes de la SP et du SD; Seibert préparait son départ à son tour. Avec l'été, l'intérieur de la Crimée était devenu étouffant, et je continuais à profiter des plages tant que possible. J'allai visiter Sébastopol, où l'un de nos Kommandos s'était mis à l'œuvre: autour du long port de la baie sud s'étendait un amas de ruines encore fumantes, hantées par des civils épuisés et choqués qu'on évacuait déjà. Des gamins hâves, crasseux, filaient entre les pattes des soldats en mendiant du pain; les Roumains surtout leur répondaient avec des taloches ou des coups de bottes aux fesses. Je descendis visiter les casemates souterraines du port, où l'Armée rouge avait monté des usines de production d'armes et de munitions; la plupart avaient été pillées ou brûlées par les lance-flammes; parfois aussi, lors de la bataille finale, des commissaires, retranchés là ou bien dans les caves sous les falaises, s'étaient fait sauter avec leurs hommes et les civils qu'ils abritaient, ainsi qu'avec des soldats allemands trop avancés. Mais tous les officiers et fonctionnaires soviétiques de haut rang avaient été évacués par sous-marin avant la chute de la ville, nous n'avions capturé que les soldats et des sous-fifres. Les hauteurs pelées surplombant l'immense baie du nord, autour de la ville, étaient couvertes de fortifications ruinées; les coupelles en acier des batteries de 30,5 cm avaient été écrasées par nos projectiles de 80, tirés à partir d'obusiers géants montés sur rail; leurs longs canons tordus gisaient de travers ou bien se dressaient vers le ciel. À Simferopol, l'AOK 11 pliait bagage; von Manstein, promu Generalfeldmarschall, partait avec son armée réduire Leningrad. De Stalingrad, bien entendu, personne ne parlait à cette époque: c'était encore un objectif secondaire

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