Jonathan Littell - Les Bienveillantes

Здесь есть возможность читать онлайн «Jonathan Littell - Les Bienveillantes» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Историческая проза, Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Les Bienveillantes: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Les Bienveillantes»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

Les Bienveillantes — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Les Bienveillantes», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Début août, l'Einsatzgruppe se mit en marche. Nos forces, réorganisées en deux groupes d'armées B et A, venaient de reprendre Rostov après d'âpres combats de rues, et les panzers, ayant passé le Don, avançaient dans la steppe du Kouban. Bierkamp m'affecta au Vorkommando du Gruppenstab et nous envoya, par Melitopol puis Rostov, rattraper la 1re armée blindée. Notre petit convoi passa rapidement l'isthme et l'immense Tranchée des Tatars, transformée par les Soviétiques en fossé antichar, puis obliqua après Perekop pour entamer la traversée de la steppe des Nogaï. La chaleur était épouvantable, je suais abondamment, la poussière collait à mon visage comme un masque gris; mais à l'aube, peu de temps après le départ, des couleurs subtiles et magnifiques avaient longtemps altéré le ciel, bleuissant lentement, et je n'étais pas malheureux. Notre guide, un Tatar, faisait régulièrement arrêter les véhicules pour aller prier; je laissais alors maugréer les autres officiers et sortais étirer mes jambes en fumant. De part et d'autre de la route, les rivières et les ruisseaux étaient à sec, et traçaient un réseau de balki ravinés qui entaillaient profondément la steppe. Autour, on ne voyait ni arbres ni collines; seuls les poteaux régulièrement espacés du télégraphe anglo-iranien, construit au début du siècle par Siemens, balisaient cette morne étendue. L'eau des puits était salée, le café avait un goût salé, la soupe semblait pleine de sel; plusieurs officiers, qui s'étaient gorgés de melons, furent pris de diarrhées, ce qui ralentit encore notre marche. Après Mariupol on suivait une mauvaise route côtière jusqu'à Taganrog puis Rostov. Le Hauptsturmführer Remmer, un officier de la Staatspolizei qui commandait le Vorkommando, donna deux fois l'ordre d'arrêter le convoi, près d'immenses plages de galets et d'herbe jaunie, pour que les hommes puissent se ruer à l'eau; assis sur les galets brûlants, nous séchions en quelques minutes; puis il fallait se rhabiller et repartir. À Rostov, notre colonne fut accueillie par le Sturmbannführer Dr. Christmann, qui remplaçait Seetzen à la tête du Sonderkommando 10a. Il venait d'achever l'exécution de la population juive, dans un ravin dit des Serpents de l'autre côté du Don; il avait aussi envoyé un Vorkommando à Krasnodar, tombée l'avant-veille, où le Ve corps d'armée avait saisi une montagne de documents soviétiques. Je lui demandai de les faire analyser au plus vite et de me transmettre toutes les informations concernant les fonctionnaires et les membres du Parti, pour compléter le petit livret confidentiel que Seibert, à Simferopol, m'avait confié pour son remplaçant; il contenait, imprimés en petits caractères sur papier bible, les noms, adresses et souvent les numéros de téléphone des communistes actifs ou de l'intelligentsia sans parti, des savants, professeurs, écrivains, et journalistes notoires, des fonctionnaires, des directeurs d'entreprises d'État et de kolkhozes ou de sovkhozes, pour toute la région du Kouban-Caucase; il y avait même des listes d'amis et de relations de famille, des descriptions physiques, et quelques photos. Christmann nous informa aussi de l'avancée des Kommandos: le Sk 11, encore sous le commandement du Dr. Braune, un intime d'Ohlendorf, venait d'entrer à Maïkop avec la 13e division blindée; Persterer, avec son Sk 10b, attendait toujours à Taman, mais un Vorkommando de PEk 12 se trouvait déjà à Vorochilovsk, où devait s'établir le Gruppenstab jusqu'à la prise de Groznyi; Christmann lui-même se préparait, selon notre plan préétabli, à déménager son Hauptkommando à Krasnodar. Je ne vis presque rien de Rostov; Remmer voulait avancer, et donna l'ordre du départ dès la fin du repas. Après le Don, immense, traversé par un pont flottant du génie, s'étendaient des kilomètres de champs de maïs mûr, qui venaient petit à petit s'éparpiller dans la vaste steppe désertique du Kouban; plus loin, à l'est, courait la longue ligne irrégulière des lacs et des marais du Manytch, entrecoupée de réservoirs maintenus par des barrages colossaux, et qui pour certains géographes trace la frontière entre l'Europe et l'Asie. Les colonnes de tête de la 1re armée blindée, qui avançaient en carrés motorisés avec les panzers entourant les camions et l'artillerie, se voyaient à cinquante kilomètres: d'immenses piliers de poussière dans le ciel bleu, suivis du paresseux rideau de fumée noire des villages incendiés. Dans leur sillage, nous ne croisions que les rares convois de la Rollbahn ou des renforts. À Rostov, Christmann nous avait montré une copie du signal de von Kleist, désormais célèbre: Devant moi, pas d'ennemis, derrière moi, pas de réserves. Et le vide de cette steppe sans fin avait bien de quoi effrayer. On y progressait avec difficulté: les chars avaient transformé les routes en mers de sable fin; nos véhicules venaient souvent s'y enfoncer et, lorsqu'on mettait le pied dehors, on pouvait y sombrer jusqu'au genou, comme dans de la boue. Enfin, avant Tikhoretsk, apparaissaient les premiers champs de tournesols, des étendues jaunes tournées vers le ciel, présageant l'eau. Puis commençait le paradis des Cosaques du Kouban. La route traversait maintenant des champs de maïs, de blé, de millet, d'orge, de tabac, de melons; il y avait aussi des étendues de chardons hauts comme des chevaux, couronnés de rose et de violet; et par-dessus tout ça un vaste ciel doux et pâle, sans nuages. Les villages cosaques étaient riches, chaque isba avait ses pruniers, ses abricotiers, ses pommiers, ses poiriers, des tomates, des melons, des raisins, toute une basse-cour, quelques cochons. Lorsque nous nous arrêtions pour manger nous étions chaleureusement accueillis, on nous apportait du pain frais, des omelettes, des côtes de porc grillées, des oignons verts et de l'eau froide des puits. Puis surgit Krasnodar, où nous retrouvâmes Lothar Heimbach, le Vorkommandoführer. Remmer ordonna une halte de trois jours, pour discuter et passer rapidement en revue les documents saisis, que Christmann ferait traduire à son arrivée. Le Dr. Braune monta aussi de Maïkop pour des réunions. Après cela notre Vorkommando se dirigea vers Vorochilovsk.

La ville nous apparut de loin, étalée sur un haut plateau entouré de champs et de vergers. La route ic i était bordée de véhicules renversés, d'armes lourdes ou de chars détruits; sur les voies ferrées, au loin, des centaines de wagons de marchandises brûlaient encore, allègrement. Autrefois cette ville s'appelait Stavropol, ce qui en grec veut dire «la ville de la Croix» ou plutôt «la ville du Carrefour»; elle avait été fondée à la jonction des vieilles routes du Nord, et à une époque, au XIXe siècle, lors de la campagne de pacification des tribus montagnardes, elle avait servi de base militaire aux forces russes. Aujourd'hui c'était une petite ville de province paisible et endormie, qui n'avait pas grandi assez vite pour être défigurée, comme tant d'autres, par une hideuse banlieue soviétique. Un long double boulevard encadrant un parc de platanes monte de la gare; vers le bas, je remarquai une belle pharmacie de style Art nouveau, avec une entrée et des baies vitrées en forme de cercles, aux carreaux soufflés par les détonations. Le Kommandostab de l'Ek 12 arrivait aussi, et l'on nous logea provisoirement à l'hôtel Kavkaz. Le Sturmbannführer Dr. Müller, le chef de l'Einsatzkommando, était censé avoir préparé l'arrivée du Gruppenstab, mais aucun arrangement n'avait encore été décidé; tout était encore très fluctuant, car on attendait aussi l'état-major du groupe d'armées A, et l'Oberst Härtung, de la Feldkommandantur, traînait à assigner les quartiers: l'Einsatzkommando avait déjà ses bureaux dans la Maison de l'Armée rouge, en face du NKVD, mais on parlait d'installer le Gruppenstab avec l'OKHG. Le Vorkommando cependant n'avait pas chômé. Ils avaient tout de suite gazé, dans un camion Saurer, plus de six cents patients d'un hôpital psychiatrique susceptibles de causer des troubles; on avait essayé d'en fusiller certains, mais cela avait donné lieu à un incident: l'un des fous s'était mis à courir en rond, et le Hauptscharführer qui cherchait à l'abattre avait enfin tiré alors qu'un de ses collègues se trouvait dans la ligne de mire; la balle, traversant la tête du fou, avait blessé le sous-officier au bras. Des meneurs juifs, convoqués aux anciens bureaux du NKVD, avaient aussi été gazés. Enfin, le Vor kommando avait fusillé de nombreux prisonniers soviétiques, hors de la ville près d'un dépôt caché de carburant d'aviation; les corps avaient été jetés dans les réservoirs souterrains. L'Einsatzkommando 12 ne devait pas rester à Vorochilovsk, car on lui avait assigné la zone que les Russes appellent le KMV, le Kavkazkie Mineralnye Vodi ou «eaux minérales du Caucase», un chapelet de petites villes réputées pour leurs sources aux vertus curatives et leurs établissements de bain, dispersées entre des volcans; et il déménagerait à Piatigorsk dès que la région serait occupée. Le Dr. Bierkamp et le Gruppenstab arrivèrent une semaine après nous; la Wehrmacht nous avait enfin affecté des quartiers et des bureaux, dans une aile séparée du grand complexe de bâtiments abritant l'OKHG: on avait construit un mur pour nous séparer d'eux, mais la cantine restait commune, ce qui nous permit de fêter avec les militaires l'ascension, par une PK de la 1re division alpine, du sommet de l'Elbrous, le plus haut de la chaîne du Caucase. Le Dr. Müller et son Kommando étaient partis, laissant un Teilkommando sous l'autorité de Werner Kleber pour achever le nettoyage de Vorochilovsk. Bierkamp attendait encore l'arrivée du Brigadeführer Gerret Korsemann, le nouveau HSSPF pour le Kouban-Caucase. Quant au remplaçant de Seibert, il n'arrivait toujours pas, et le Hauptsturmführer Prill assurait l'intérim. Prill me dépêcha en mission à Maïkop.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Les Bienveillantes»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Les Bienveillantes» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Les Bienveillantes»

Обсуждение, отзывы о книге «Les Bienveillantes» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.