Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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«Nos actions contre les Juifs devront dorénavant inclure l'ensemble de la population. Il n'y aura pas d'exceptions». Les officiers présents réagirent avec consternation; plusieurs se mirent à parler en même temps. La voix de Callsen s'éleva, incrédule: «Tous?» – «Tous», confirma Blobel. – «Mais c'est impossible, voyons», dit Callsen. Il semblait supplier. Moi, je me taisais, je ressentais comme un grand froid, Oh Seigneur, je me disais, cela aussi maintenant il va falloir le faire, cela a été dit, et il faudra en passer par là. Je me sentais envahi par une horreur sans bornes, mais je restais calme, rien ne se voyait, ma respiration demeurait égale. Callsen continuait ses objections: «Mais, Herr Standartenführer, la plupart d'entre nous sont mariés, nous avons des enfants. On ne peut pas nous demander ça». – «Meine Herren, coupa Blobel d'une voix tranchante mais également blanche, il s'agit d'un ordre direct de notre Führer, Adolf Hitler. Nous sommes des nationaux-socialistes et des SS, et nous obéirons. Comprenez ceci: en Allemagne, la question juive a pu être résolue, dans son ensemble, sans excès et de manière conforme aux exigences de l'humanité. Mais lorsque nous avons conquis la Pologne nous avons hérité de trois millions de Juifs supplémentaires. Personne ne sait quoi en faire ni où les mettre. Ici, dans ce pays immense, où nous menons une guerre de destruction impitoyable contre les hordes staliniennes, nous avons dû dès le départ prendre des mesures radicales pour assurer la sécurité de nos arrières. Je crois que vous en avez tous compris la nécessité et l'efficacité. Nos forces ne sont pas suffisantes pour patrouiller chaque village et en même temps mener le combat; et nous ne pouvons pas nous permettre de laisser des ennemis potentiels aussi rusés, aussi fourbes, derrière nous. Au Reichsicherheitshauptamt, on discute de la possibilité, une fois la guerre gagnée, de réunir tous les Juifs dans une grande réserve en Sibérie ou dans le Nord. Là, ils seront tranquilles et nous aussi. Mais d'abord il faut gagner la guerre. Nous avons déjà exécuté des milliers de Juifs et il en reste encore des dizaines de milliers; plus nos forces avancent, plus il y en aura. Or, si nous exécutons les hommes, il ne reste personne pour nourrir les femmes et leurs enfants. La Wehrmacht n'a pas les ressources pour nourrir des dizaines de milliers d'inutiles femelles juives avec leurs gamins. On ne peut pas non plus les laisser mourir de faim: ce sont des méthodes bolcheviques. Les inclure dans nos actions, avec leurs maris et leurs fils, est en fait la solution la plus humaine au vu des circonstances. En outre, l'expérience nous a démontré que les Juifs de l'Est, plus procréateurs, sont le vivier originel où se renouvellent constamment les forces du Judéo-bolchevisme comme des ploutocrates capitalistes. Si nous en laissons survivre certains, ces produits de la sélection naturelle seront à l'origine d'un renouveau encore plus dangereux pour nous que le péril actuel. Les enfants juifs d'aujourd'hui sont les saboteurs, les partisans, les terroristes de demain». Les officiers se taisaient, mornes; Kehrig, je remarquai, buvait coup sur coup. Les yeux injectés de sang de Blobel luisaient à travers le voile de l'alcool. «Nous sommes tous des nationaux-socialistes, continua-t-il, des S S au service de notre Volk et de notre Führer. Je vous rappelle que Führerworte haben Gesetzeskraft, la parole du Führer a force de Loi. Vous devez résister à la tentation d'être humains». Blobel n'était pas un homme très intelligent; ces formules si fortes ne provenaient certainement pas de lui. Pourtant, il y croyait; plus important encore, il voulait y croire, et il les offrait à son tour à ceux qui en avaient besoin, ceux à qui elles pouvaient servir. Pour moi, elles n'étaient pas d'une grande utilité, mes raisonnements, je devais les élaborer moi-même. Mais j'avais du mal à penser, ma tête bourdonnait, une pression intolérable, je voulais aller dormir. Callsen jouait avec son alliance, j'étais certain qu'il ne s'en rendait pas compte; il voulait dire quelque chose, mais se ravisa. «Schweinerei, c'est une grosse Schweinerei», marmonnait Hafner, et personne ne le contredisait. Blobel semblait vidé, à court d'idées, mais tous sentaient que sa volonté nous tenait et ne nous lâcherait pas, tout comme d'autres volontés le tenaient, lui. Dans un État comme le nôtre, les rôles étaient assignés à tous: Toi, la victime, et Toi, le bourreau, et personne n'avait le choix, on ne demandait le consentement de personne, car tous étaient interchangeables, les victimes comme les bourreaux. Hier nous avions tué des hommes juifs, demain ce serait des femmes et des enfants, après-demain d'autres encore; et nous, lorsque nous aurions rempli notre rôle, nous serions remplacés. L'Allemagne, au moins, ne liquidait pas ses bourreaux, au contraire, elle en prenait soin, à la différence de Staline avec sa manie des purges; mais cela aussi c'était dans la logique des choses. Pour les Russes, comme pour nous, l'homme ne comptait pour rien, la Nation, l'État étaient tout, et dans ce sens nous nous renvoyions notre image l'un à l'autre. Les Juifs aussi avaient ce sentiment fort de la communauté, du Volk: ils pleuraient leurs morts, les enterraient s'ils le pouvaient et récitaient le Kaddish; mais tant qu'un seul restait en vie, Israël vivait. C'était sans doute pour ça qu'ils étaient nos ennemis privilégiés, ils nous ressemblaient trop.

Il ne s'agissait pas d'un problème d'humanité. Certains, bien entendu, pouvaient critiquer nos actions au nom de valeurs religieuses, mais je n'étais pas de ceux-là, et à la S S, il ne devait pas y en avoir beaucoup; ou au nom de valeurs démocratiques, mais ce qui s'appelle démocratie, nous l'avions dépassé, en Allemagne, voilà un certain temps. Les raisonnements de Blobel, en fait, n'étaient pas entièrement idiots: si la valeur suprême, c'est le Volk, le peuple auquel on appartient, et si la volonté de ce Volk s'incarne bien dans un chef, alors, en effet, Führerworte haben Gesetzeskraft. Mais il était quand même vital de comprendre en soi-même la nécessité des ordres du Führer: si l'on s'y pliait par simple esprit prussien d'obéissance, par esprit de Knecht, sans les comprendre et sans les accepter, c'est-à-dire sans s'y soumettre, alors on n'était qu'un veau, un esclave et pas un homme. Le Juif, lui, lorsqu'il se soumettait à la Loi, sentait que cette Loi vivait en lui, et plus elle était terrible, dure, exigeante, plus il l'adorait. Le national-socialisme devait être cela aussi: une Loi vivante. Tuer était une chose terrible; la réaction des officiers le montrait bien, même si tous ne tiraient pas les conséquences de leur propre réaction; et celui pour qui tuer n'était pas une chose terrible, tuer un homme armé comme un homme désarmé, et un homme désarmé comme une femme et son enfant, celui-là n'était qu'un animal, indigne d'appartenir à une communauté d'hommes. Mais il était possible que cette chose terrible soit aussi une chose nécessaire; et dans ce cas il fallait se soumettre à cette nécessité. Notre propagande répétait sans cesse que les Russes étaient des Untermenschen, des sous-hommes; mais cela, je refusais de le croire. J'avais interrogé des officiers capturés, des commissaires, et je voyais bien qu'eux aussi étaient des hommes comme nous, des hommes qui ne souhaitaient que le bien, qui aimaient leur famille et leur patrie. Pourtant, ces commissaires et ces officiers avaient fait mourir des millions de leurs propres concitoyens, ils avaient déporté les koulaks, affamé la paysannerie ukrainienne, réprimé et fusillé les bourgeois et les déviationnistes. Parmi eux, il y avait des sadiques et des détraqués, bien sûr, mais il y avait aussi des hommes bons, honnêtes et intègres, qui voulaient sincèrement le bien de leur peuple et de la classe ouvrière; et s'ils se fourvoyaient, ils restaient de bonne foi. Eux aussi étaient pour la plupart convaincus de la nécessité de ce qu'ils faisaient, ce n'étaient pas tous des fous, des opportunistes et des criminels comme ce Kieper; chez nos ennemis aussi, un homme bon et honnête pouvait se convaincre de faire des choses terribles. Ce qu'on nous demandait maintenant nous posait le même problème. Le lendemain je me réveillai désemparé, avec comme une haine triste collée dans la tête. J'allai voir Kehrig et fermai la porte du bureau: «Je voudrais vous parler, Herr Sturmbannführer». – «De quoi, Obersturmführer?» – «Du Führervernichtungsbefehl». Il redressa sa tête d'oiseau et me fixa à travers ses lunettes à monture fine: «Il n'y a rien à discuter, Obersturmführer. De toute façon, moi, je m'en vais». Il me fit un signe et je m'assis. «Vous partez? Comment cela?» – «J'ai réglé ça avec le Brigadeführer Streckenbach par l'intermédiaire d'un ami. Je rentre à Berlin». – «Quand?» – «Bientôt, dans quelques jours». – «Et votre remplaçant?» Il haussa les épaules: «Il arrivera quand il arrivera. Entre-temps, c'est vous qui tiendrez la boutique». Il me fixa de nouveau: «Si vous voulez aussi partir, vous savez, ça peut s'arranger. Je peux aller voir Streckenbach pour vous à Berlin, si vous le souhaitez». – «Merci, Herr Sturmbannführer. Mais je reste». – «Pour quoi faire? demanda-t-il vivement. Pour finir comme Hafner ou Hans? Pour vous vautrer dans cette fange?» – «Vous êtes bien resté jusqu'ici», dis-je doucement. Il eut un rire sec: «J'ai demandé mon transfert début juillet. À Lutsk. Mais vous savez comment c'est, ça prend du temps». – «Je serais désolé de vous voir partir, Herr Sturmbannführer». – «Moi, non. Ce qu'ils veulent faire est insensé. Je ne suis pas le seul à le penser. Schulz, du Kommando 5, s'est effondré lorsqu'il a appris le Führerbefehl. Il a demandé à partir tout de suite, et l'Obergruppenführer a donné son accord». -

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