PERSÖNLICHER STAB DES REICHSFOHRER-SS: l'état-major personnel du Reichsführer-SS, Heinrich Himmler.
REVIER: hôpital ou infirmerie. Dans certains camps de concentration, il était désigné HKB, Häftlingskrankenbau ou «hôpital pour détenus».
RKF (Reichskommissariat für die Festigung deutschen Volkstums, «commissariat du Reich pour le renforcement de la germanité»): les tâches de destruction confiées aux Einsatzgruppen, en Pologne fin 1939, et surtout à partir de l'invasion de l'URSS, étaient organiquement liées à un ensemble de tâches «positives» également confiées au Reichsführer-SS: le rapatriement des Volksdeutschen (Allemands ethniques de l'URSS et du Banat) et la germanisation de l'Est. Pour mener à bien ces tâches, Himmler créa au sein de la SS; le RKF, dont il fut nommé Reichskommissar. Les deux secteurs d'activités, la destruction des Juifs et la germanisation, étaient étroitement liés à la fois conceptuellement et sur le plan organisationnel: ainsi, lorsque la région de Zamosc fut choisie comme objectif prioritaire pour la germanisation, Himmler confia cette tâche au chef de la SS et de la police (SSPF) du district de Lublin, le SS-Gruppenführer Odilo Globocnik, qui commandait également l'«Einsatz Reinhard», une structure montée pour gérer les trois camps d'extermination de Treblinka, Sobibor et Belzec, et des bataillons Orpo déployés pour commettre des massacres de masse dans la région.
ROLLBAHN: unités de la Wehrmacht chargées du transport et de l'approvisionnement des troupes (le terme désignait aussi les grandes routes d'approvisionnement militaires à l'Est).
RSHA (Reichsicherheitsdiensthauptamt, «Bureau central pour la sécurité du Reich»): dès la prise du pouvoir, le 30 janvier 1933, la SS chercha à étendre ses prérogatives en termes de fonctions de sécurité. Après une longue lutte interne, principalement contre Göring, Himmler parvint, en juin 1936, à prendre le contrôle de toutes les polices allemandes, les nouvelles polices politiques tout comme la police criminelle ou les polices ordinaires regroupées dans l'Orpo. Ces polices restaient toutefois des institutions de l'État, financées par le budget du Reich et dont les employés demeuraient des fonctionnaires, soumis aux règles de recrutement et de promotion de la bureaucratie d'État. Pour légitimer cet état de fait bureaucratiquement incohérent, le Reichsführer fut nommé chef de la police allemande au sein du ministère de l'Intérieur. La Kripo (police criminelle) fut adjointe à la Gestapo pour former une polic e de sécurité (SP) qui restait une structure étatique; le Service de sécurité (SD), lui, continuait à fonctionner au sein de la SS. La SP et le SD furent ainsi réunis par le biais de «l'union personnelle»: le SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich devenait officiellement Chef der Sicherheitspolizei und des SD, une position, comme celle de son chef Heinrich Himmler, à cheval entre le Parti et l'État.
En 1939, juste après l'invasion de la Pologne, on tenta d'officialiser cette curieuse situation en créant une structure bâtarde: le RSHA, qui devait regrouper la SP et le SD en une organisation unique. Cette réorganisation fut effectivement menée à bien: tous les services administratifs des différentes structures fusionnèrent en un Amt I (pour les services du personnel) et un Amt II (budget, administration, organisation); le SD fut partagé entre un Amt III (SD-Inland ou «Intérieur») et un Amt VI (SD-Ausland ou
«Extérieur»); la Gestapo fut rebaptisée Amt IV avec la pompeuse désignation de Gegnererforschung undbekämpfung («Investigation et combat contre les adversaires»); et la Kripo devint l'Amt V sous le nom de Verbrechensbekämpfung («Combat contre les criminels»). On créa en outre un Amt VII pour la
«Recherche et évaluation idéologique», Weltanschauliche Forschung und Auswertung. Mais rien de tout cela ne fut jamais légalisé: la bureaucratie ministérielle s'opposait à l'amalgame des administrations d'État et des formations du Parti; hors de question d'inscrire le SD au budget du Reich. Ainsi, même si le RSHA existait dans les faits, il n'avait pas d'en-tête, et il était interdit d'utiliser le terme dans la correspondance; Heydrich restait officiellement le «chef de la SP et du SD».
La structure du RSHA était reproduite à tous les niveaux régionaux, Oberabschnitt, Abschnitt, etc.: dans chaque circonscription se retrouvait un Amt III, un Amt IV, et un Amt V, le tout sous la responsabilité d'un Inspekteur der SP und des SD (IdS). Après le début de la guerre, on établit les mêmes structures dans les territoires occupés, où l'Inspekteur devenait cependant un Befehlshaber («commandant suprême») der SP und des SD (BdS) qui avait parfois sous ses ordres plusieurs Kommandeur der SP und des SD (KdS). L'Orpo suivait le même schéma, avec des IdO, BdO, et KdO.
SA (Sturmabteilung, «détachement de choc»): unités paramilitaires du Parti national-socialiste (NSDAP) qui jouèrent un rôle considérable lors de la montée en puissance du Parti et juste après la prise du pouvoir en janvier 1933. En juin 1934, avec le soutien de la SS et de la Wehrmacht, Hitler liquida les dirigeants du SA, dont son chef Ernst Rohm. Le SA continua à exister jusqu'à la chute du régime, mais ne joua plus aucun rôle politique.
SD (Hauptamt Sicherheitsdienst, «Bureau central du service de sécurité»): structure de la SS créée en automne 1931 sous le commandement de Reinhard Heydrich. Voir aussi RSHA.
SP (Hauptamt Sicherheitspolizei, «Bureau central de la police de sécurité»). Parfois appelé Sipo. Voir aussi RSHA.
SPIESS: terme familier désignant le sous-officier chargé d'une compagnie, la plupart du temps un Hauptfeldwebel.
SS (Schutzstaffel, «échelons de protection»): les premières unités de la SS furent formées au sein du Parti national-socialiste à l'été 1925, initialement en tant que gardes du corps du Führer, Adolf Hitler, qui cherchait déjà à créer un contrepoids au SA. Heinrich Himmler fut nommé Reichsfuhrer-SS, «chef suprême de la SS», le 6 janvier 1929. La SS devint entièrement indépendante du SA en automne 1930 et joua un rôle majeur dans l'élimination de ses dirigeants en juin 1934.
VOLKSDEUTSCHEN: par opposition à Reichsdeutschen, Allemands implantés depuis plusieurs générations à l'étranger, la plupart en communautés homogènes.
WVHA (Wirtschafts-Verwaltungshauptamt, «Bureau central pour l'économie et l'administration»): cette structure de la SS fut créée début 1942 pour regrouper la branche administrativo-économique de la SS, les branches chargées des questions de construction et d'approvisionnement, les entreprises économiques de la SS, et l'Inspection des camps de concentration (IKL). Dirigé par le SS-Obergruppenführer Oswald Pohl, l'éminence grise économique de Himmler, le WVHA comportait cinq Amtsgruppe ou «groupes de bureaux»: l'Amtsgruppe A, Truppenverwaltung («administration des troupes»), et l'Amtsgruppe B, Truppenwirtschaft («économie des troupes»), géraient toutes les questions d'administration et d'approvisionnement des Waffen-SS (les unités combattantes de la SS) ainsi que des gardes des camps de concentration; l'Amtsgruppe C, Bauweisen («construction»), regroupait tous les services techniques de la SS liés au bâtiment; l'Amtsgruppe D était l'IKL rebaptisé; quant à l'Amtsgruppe W, Wirtschaftliche Unternehmungen («entreprises économiques»), il couvrait l'immense empire économique SS, qui comprenait des firmes dans des secteurs aussi divers que le bâtiment, l'armement, l'eau minérale, le textile, et l'édition.
TABLE D'ÉQUIVALENCE DES GRADES
ss Armée française Wehrmacht Police
Reichsführer-SS Aucun Aucun
Aucun Aucun Maréchal Generalfeldmarschal Aucun
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