Jonathan Littell - Les Bienveillantes

Здесь есть возможность читать онлайн «Jonathan Littell - Les Bienveillantes» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Историческая проза, Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Les Bienveillantes: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Les Bienveillantes»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

Les Bienveillantes — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Les Bienveillantes», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

«Debout!» criait une voix. Je me levai péniblement. Fegelein se tenait assis près de la porte, les bras autour des genoux; lorsque je sortis, il me sourit timidement avec un petit signe de la main. On me mena dans l'église: deux hommes en civil m'attendaient, des policiers, l'un d'eux tenait un revolver à la main; avec eux se trouvaient aussi des S S en uniforme. Le policier au revolver me prit par le bras, me tira dans la rue et m'enfourna dans une Opel; les autres montèrent aussi. «Où va-t-on?» demandai-je au policier qui me poussait le canon de son revolver contre les côtes. «Ta gueule!» aboya-t-il. La voiture démarra, entra dans la Mauerstrasse, fit environ cent mètres; j'entendis un vrillement aigu; une énorme explosion souleva le véhicule et le projeta sur le flanc. Le policier, sous moi, tira, je crois: je me souviens d'avoir eu l'impression que son coup tua un des hommes à l'avant. L'autre policier, tout ensanglanté, était retombé inerte sur moi. À grands coups de pieds et de coudes, je m'extirpai du véhicule retourné par la vitre arrière, me coupant un peu au passage. D'autres obus tombaient tout près et projetaient de grandes gerbes de briques et de terre. J'étais assourdi, mes oreilles résonnaient. Je m'affalai sur le trottoir et restai là un instant, sonné. Le policier dégringolait derrière moi et roula lourdement sur mes jambes. De la main je trouvai une brique et le frappai à la tête. Nous roulions ensemble dans les débris, couverts de poussière rouge de brique et de boue; je le frappais de toutes mes forces, mais il n'est pas facile d'assommer un homme à coups de brique, surtout si cette brique a déjà brûlé. Au troisième ou quatrième coup, elle vola en poussière dans ma main. Je me mis à en chercher une autre, ou une pierre, mais l'homme me renversa et entreprit de m'étrangler. Il roulait des yeux de fou au-dessus de moi, le sang qui coulait de son front traçait des sillons boueux dans la poussière rouge qui recouvrait son visage. Ma main trouva enfin un pavé et je frappai vers le haut, en arc de cercle. Il s'effondra sur moi. Je me dégageai et lui cognai la tête avec le pavé jusqu'à ce que la boîte crânienne éclatât, répandant de la cervelle mélangée à de la poussière et des cheveux. Puis je me redressai, encore étourdi. Je cherchai des yeux son revolver mais il avait dû rester dans la voiture, dont une roue tournait encore en l'air. Les trois autres, à l'intérieur, paraissaient morts. Pour le moment les obus ne tombaient plus. Je me mis péniblement à courir dans la Mauerstrasse. Il fallait que je me cache. Autour de moi, il n'y avait que des ministères ou des bâtiments officiels, presque tous en ruine. Je tournai dans la Leipzigerstrasse et entrai dans le hall d'un immeuble d'habitation. Des pieds nus ou, en chaussettes flottaient devant moi, tournoyant lentement. Je levai la tête: plusieurs personnes, dont des enfants et des femmes, pendaient à la balustrade de l'escalier, les bras ballants. Je trouvai l'entrée de la cave et l'ouvrit: une bouffée de putréfaction, de merde et de vomi m'assaillit, la cave était remplie d'eau et de cadavres gonflés. Je refermai la porte et tentai de monter à l'étage: après le premier palier, l'escalier s'ouvrait sur le vide. Je redescendis en contournant les pendus et ressortis. Il s'était mis à pleuvoir légèrement, des détonations éclataient de tous côtés. Devant moi s'ouvrait une bouche de métro, la station Stadtmitte, sur la ligne C. Je courus et dévalai les marches. Je passai les portiques et continuai à descendre dans l'obscurité, me guidant de la main sur le mur. Le carrelage était humide, l'eau sourdait du plafond et coulait le long de la voûte. Des bruits de voix sourds montaient du quai. Il était encombré de corps, je ne pouvais pas voir s'ils étaient morts, endormis ou simplement couchés, je trébuchais dessus, des gens clamaient, des enfants pleuraient ou geignaient Un wagon de métro aux vitres cassées, illuminé par des bougies vacillantes, stationnait sur le quai: à l'intérieur, des Waffen-SS avec des écussons français se tenaient rangés au garde-à-vous, et un grand Brigadeführer en manteau de cuir noir, qui me tournait le dos, leur distribuait solennellement des décorations. Je ne voulus pas les déranger, je passai doucement auprès d'eux puis sautai sur la voie, atterrissant dans une eau froide qui m'arrivait aux mollets. Je voulais me diriger vers le nord, mais j'étais désorienté; j'essayai de me remémorer la direction des rames, à l'époque où je prenais ce métro, mais je ne savais même pas sur quel quai j'avais atterri, tout se brouillait. D'un côté, dans le tunnel, il y avait un peu de lumière: je pris par là avançant péniblement dans l'eau qui cachait les rails, trébuchant sur des obstacles invisibles. Au bout se trouvaient alignées plusieurs rames de métro, elles aussi éclairées à la bougie, un hôpital de fortune, bondé de blessés qui criaient, juraient, gémissaient. Je longeai ces wagons sans que l'on fasse attention à moi et continuai à tâtons, me guidant grâce au mur. L'eau montait, m'arrivait à mi-mollet. Je m'arrêtai et y plongeai la main: elle paraissait lentement couler vers moi. Je continuai. Un corps flottant vint buter contre mes jambes. Je sentais à peine mes pieds engourdis par le froid Devant, il me semblait percevoir une lueur, entendre d'autres bruits que le clapotement de l'eau. Enfin j'arrivai à une station éclairée par unt, unique bougie. L'eau maintenant m'arrivait aux genoux. Là aussi il y avait du monde. J'appelai: «Quelle est cette station, s'il vous plaît?»

«Kochstrasse», me répondit-on assez aimablement. Je m'étais trompé de direction, je me dirigeais vers les lignes russes. Je rebroussai chemin et m'enfonçai de nouveau dans le tunnel vers Stadtmitte. Devant moi je pouvais discerner les lueurs du métro-hôpital. Sur la voie, à côté du dernier wagon, se dressaient deux figures humaines, l'une assez grande, l'autre plus petite. Une lampe de poche s'alluma et m'aveugla; tandis que je me cachais les yeux, une voix familière grogna: «Salut, Aue. Comment ça va?» – «Tu tombes bien, fit une seconde voix plus fluette. Justement, on te cherchait». C'étaient Clemens et Weser. Une seconde lampe de poche s'alluma et ils s'avancèrent; je reculai en pataugeant. «On voulait te parler, dit Clemens. De ta maman». – «Ah, meine Herren! m'exelamai-je. Pensez-vous que ce soit le moment?» – «C'est toujours le moment de parler de choses importantes», fit la voix un peu rêche et aiguë de Weser. Je reculai encore, mais me retrouvai appuyé à la paroi; une eau froide filtrait du béton et venait me glacer les épaules. «Qu'est-ce que vous me voulez encore? glapis-je. Mon dossier est clos depuis longtemps!» – «Par des juges corrompus, malhonnêtes», lança Clemens. – «Tu t'en es sorti jusqu'ici par des intrigues, dit Weser. Maintenant, c'est fini, ça». – «Vous ne pensez pas que c'est au Reichsführer, ou à l'Obergruppenführer Breithaupt d'en juger?» Ce dernier était le chef de la SS-Gericht. – «Breithaupt s'est tué il y a quelques jours dans un accident de voiture, dit flegmatiquement Clemens. Quant au Reichsführer, il est loin».

«Non, ajouta Weser, maintenant, c'est vraiment toi et nous». – «Mais qu'est-ce que vous voulez donc?» – «On veut la justice», dit froidement Clemens. Ils s'étaient rapprochés et m'encadraient, braquant leurs lampes de poche sur mon visage; j'avais déjà constaté qu'ils tenaient des automatiques au poing.

«Écoutez, bafouillai-je, tout ceci est une vaste méprise. Je suis innocent». -»Innocent? me coupa sèchement Weser. On va voir ça». – «On va te raconter comment ça s'est passé», commença Clemens. La lumière puissante des lampes-torches m'éblouissait, sa grosse voix semblait émaner de cette lumière crue. «Tu as pris le train de nuit de Paris à Marseille. À Marseille, le 26 avril, tu t'es fait délivrer un laissez-passer pour la zone italienne. Le lendemain, tu t'es rendu à Antibes. Là, tu t'es présenté à la maison et on t'a accueilli comme un fils, comme le vrai fils que tu es. Le soir, vous avez dîné en famille et après, toi, tu as dormi dans une des chambres du haut, à côté de celle des jumeaux, en face de la chambre de Herr Moreau et de ta mère. Ensuite c'était le 28». – «Tiens, interrompit Weser. Justement, on est le 28 avril, aujourd'hui. Quelle coïncidence». – «Meine Herren, lançai-je en crânant un peu, vous délirez». – «Ta gueule, barrit Clemens. Je continue. La journée, on ne sait pas trop ce que tu as fait. On sait que tu as coupé du bois, que tu as laissé la hache dans la cuisine au lieu de la remettre dans la réserve. Puis tu t'es promené en ville et tu as acheté ton billet de retour. Tu étais habillé en civil, on ne t'a pas remarqué. Ensuite tu es revenu». Weser prit à son tour la parole: «Après, il y a des choses dont on n'est pas sûrs. Peut-être tu discutais avec Herr Moreau, avec ta mère. Peut-être vous avez eu des mots. On n'est pas sûrs. On n'est pas sûrs de l'heure non plus. Mais on sait que tu t'es retrouvé seul avec Herr Moreau. Alors tu as pris la hache dans la cuisine, là où tu l'avais laissée, et tu es retourné dans le salon et tu l'as tué». – «On veut même bien croire que tu n'y pensais pas quand tu as laissé la hache, reprit Clemens, que tu as laissé la hache par hasard, que tu n'avais rien prémédité, que ça c'est passé comme ça. Mais une fois que tu as commencé, tu n'y es pas allé de main morte». Weser continua: «Ça c'est sûr. Il a dû être assez surpris quand tu lui as envoyé la hache en travers de la poitrine. Elle est entrée avec un bruit de bois écrasé et il est tombé en gargouillant, la bouche pleine de sang, entraînant la hache avec lui. Tu as posé ton pied sur son épaule pour prendre appui et tu as arraché la hache et tu as frappé de nouveau, mais tu avais mal calculé l'angle et la hache a rebondi, lui cassant seulement quelques côtes. Alors tu as reculé, tu as visé plus soigneusement, et tu as abattu la hache sur sa gorge. Elle est passée par la pomme d'Adam et tu as entendu le craquement quand elle lui a brisé la colonne vertébrale. Il a eu un dernier grand sursaut et il a vomi un flot de sang noir, partout sur toi, ça jaillissait de son cou aussi et tu en étais couvert, et puis devant toi ses yeux se sont voilés et il s'est vidé de son sang par son cou à moitié tranché, tu regardais ses yeux s'éteindre comme ceux d'un mouton auquel on a coupé la gorge sur l'herbe». – «Meine Herren, dis-je avec force, vous êtes complètement déments». Clemens reprit la parole: «On ne sait pas si les jumeaux ont vu ça. En tout cas, ils t'ont vu monter. Tu as laissé le corps et la hache et tu es monté à l'étage, couvert de sang». – «On ne sait pas pourquoi tu ne les as pas tués, eux, dit Weser. Tu aurais pu, et facilement. Mais tu ne l'as pas fait. Peut-être tu n'as pas voulu, peut-être tu as voulu, mais trop tard, et ils se sont enfuis. Peut-être tu as voulu puis tu as changé d'avis. Peut-être tu savais déjà que c'étaient les enfants de ta sœur». – «On est repassés chez elle, en Poméranie, grogna Clemens. On a trouvé des lettres, des documents. Il y avait des choses très intéressantes, entre autres les papiers des petits. Mais on savait déjà qui c'était». J'eus un petit rire hystérique: «J'étais là, vous savez. J'étais dans les bois, je vous ai vus». – «À vrai dire, reprit imperturbablement Weser, on s'en est doutés. Mais on n'a pas voulu insister. On s'est dit qu'on te retrouverait bien un jour. Et tu vois, on t'a retrouvé, en effet». – «Continuons l'histoire, dit Clemens. Tu es monté, couvert de sang. Ta mère t'attendait debout, soit au sommet des escaliers, soit devant la porte de sa chambre. Elle portait une chemise de nuit, ta vieille mère. Elle t'a parlé en te regardant dans les yeux. Ce qu'elle a dit, on ne le sait pas. Les jumeaux ont tout écouté, mais ils ne l'ont pas raconté. Elle a dû te rappeler comment elle t'avait porté dans son ventre, puis nourri au sein, comment elle t'avait torché et lavé alors que ton père courait la gueuse Dieu sait où. Peut-être qu'elle t'a montré son sein». – «Peu probable, crachai-je avec un ricanement amer. J'étais allergique à son lait, je n'ai jamais tété». – «Dommage pour toi, reprit Clemens sans sourciller. Peut-être alors elle t'a caressé le menton, la joue, elle t'a appelé son enfant. Mais toi, ça ne t'a pas ému: tu lui devais ton amour, mais tu ne songeais qu'à ta haine. Tu as fermé les yeux pour ne plus voir les siens et tu as pris son cou dans tes mains et tu as serré». – «Vous êtes fous! hurlai-je. Vous racontez n'importe quoi!» – «Pas tant que ça, fit sournoisement Weser. Bien sûr, c'est une reconstitution. Mais ça colle avec les faits». – «Après, continua Clemens de sa calme voix de basse, tu es allé dans la salle de bains et tu t'es déshabillé. Tu as jeté tes vêtements dans la baignoire, tu t'es lavé, tu as nettoyé tout le sang, tu es retourné dans ta chambre, tout nu». – «Là, on peut pas dire, commenta Weser. Peut-être tu t'es livré à des actes pervers, peut-être tu as juste dormi. À l'aube, tu t'es levé, tu as mis ton uniforme, tu es parti. Tu as pris le bus, puis le train, tu es rentré à Paris puis à Berlin. Le 30 avril, tu as envoyé un télégramme à ta sœur. Elle est allée à Antibes, a enterré votre mère et son mari, puis elle est repartie au plus vite, avec les petits. Peut-être avait-elle déjà deviné». – «Écoutez, balbutiai-je, vous avez perdu l'esprit. Les juges ont dit que vous n'aviez aucune preuve.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Les Bienveillantes»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Les Bienveillantes» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Les Bienveillantes»

Обсуждение, отзывы о книге «Les Bienveillantes» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x