Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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Je dormis peu et retournai de bonne heure à la Bendlerstrasse. Le ciel s'était dégagé et il y avait des Sturmovik partout. Le jour suivant, il fit encore plus beau, les jardins, dans les ruines, fleurissaient. Je ne vis pas Thomas, il s'était empêtré dans une histoire entre Wolff et Kaltenbrunner, je ne sais pas trop, Wolff était venu d'Italie discuter des possibilités de reddition, Kaltenbrunner s'était fâché et voulait l'arrêter ou le faire pendre, comme d'habitude cela finit devant le Führer qui laissa repartir Wolff. Lorsque je retrouvai enfin Thomas, le jour de la chute des hauteurs de Seelow, il était furieux, il enrageait contre Kaltenbrunner, sa bêtise, son étroitesse d'esprit. Moi-même je ne comprenais pas du tout à quoi jouait Kaltenbrunner, à quoi cela pouvait lui servir de se retourner contre le Reichsführer, d'intriguer avec Bormann, de manœuvrer pour devenir le nouveau favori du Führer. Kaltenbrunner n'était pas idiot, il devait savoir, mieux que quiconque, que le jeu prenait fin; mais au lieu de se positionner pour l'après, il se dépensait en querelles stériles et futiles, un simulacre de jusqu'au-boutisme qu'il n'aurait jamais, c'était évident pour qui le connaissait, le courage de pousser à sa conclusion logique. Kaltenbrunner était loin d'être le seul à perdre le sens de la mesure. Partout, dans Berlin, surgissaient des Sperrkommandos, des unités de blocage issues du SD et de la police, des Feldgendarmes, des organisations du Parti, qui administraient une justice plus que sommaire à ceux qui, plus raisonnables qu'eux, ne voulaient que vivre, parfois même à certains qui n'avaient rien à voir avec tout ça mais avaient juste eu le malheur de se trouver là. Les petits fanatiques de la «Liebstandarte» sortaient les soldats blessés des caves pour les exécuter. Partout, des vétérans fatigués de la Wehrmacht, des civils récemment appelés, des gamins de seize ans décoraient, le visage violacé, lampadaires, arbres, ponts, voies aériennes du S-Bahn, tout endroit où l'on peut accrocher un homme, et avec toujours l'invariable panneau au cou: JE SUIS ICI POUR AVOIR QUITTÉ MON POSTE SANS ORDRES. Les Berlinois avaient une attitude résignée: «Plutôt que de me faire pendre, je préfère croire à la victoire,» Moi-même j'avais des problèmes avec ces enragés, car je circulais beaucoup, mes papiers se faisaient constamment éplucher, je songeais à prendre une escorte armée pour me défendre. En même temps, j'avais presque pitié de ces hommes ivres de fureur et d'amertume, dévorés par une haine impuissante qu'ils retournaient, ne pouvant plus la diriger contre l'ennemi, contre les leurs, des loups frappés de rage qui s'entredévorent, À la Kurftüstenstrasse, un jeune Obersturmführer de la Staatspolizei, Gersbach, ne s'était pas présenté un matin; il n'avait plus de travail, soit, mais cela s'était remarqué; des policiers l'avaient trouvé chez lui ivre mort; Müller avait attendu qu'il ait dessoûlé, puis l'avait fait abattre d'une balle dans la nuque devant les officiers réunis dans la cour de l'immeuble. Après, on avait jeté son cadavre sur l'asphalte, et une jeune recrue S S, presque hystérique, avait vidé le chargeur de son pistolet-mitrailleur dans le corps de cet infortuné.

Les nouvelles que je convoyais plusieurs fois dans la journée étaient rarement bonnes. Jour après jour, les Soviétiques avançaient, entraient dans Lichtenberg et Pankow, prenaient Weissensee, Les réfugiés traversaient la ville en grandes colonnes, on en pendait beaucoup, au hasard, comme déserteurs. Les bombardements de l'artillerie russe faisaient encore des victimes: depuis le jour de l'anniversaire du Führer, ils étaient à portée de canon de la ville. C'avait été une très belle journée, un vendredi tiède, ensoleillé, l'odeur des lilas embaumait les jardins abandonnés. Çà et là on avait accroché des drapeaux à croix gammée sur les ruines, ou de grandes pancartes d'une ironie que j'espérais inconsciente, comme celle qui dominait les décombres de la Lützowplatz: NOUS REMERCIONS NOTRE FÜHRER POUR TOUT. DR. GOEBBELS. Le cœur, à vrai dire, n'y était pas. Au milieu de la matinée, les Anglo-Américains avaient lancé un de leurs raids massifs, plus de mille appareils en deux heures, suivis de Mosquito; après leur départ, l'artillerie russe avait pris la relève. Ce fut certainement un beau feu d'artifice mais peu l'apprécièrent, de notre côté du moins. Goebbels tenta bien de faire distribuer des rations supplémentaires en l'honneur du Führer, mais même cela tourna court: l'artillerie causa de nombreuses victimes parmi les civils qui faisaient la queue; le lendemain, malgré la forte pluie, ce fut pire encore, un obus frappa une file d'attente devant le grand magasin Karstadt, la Hermannplatz était pleine de cadavres ensanglantés, de morceaux de membres éparpillés, d'enfants secouant en hurlant le corps inerte de leur mère, je le vis moi-même. Le dimanche, il fit un soleil splendide, printanier, puis venaient des averses, puis de nouveau le soleil qui brillait sur les décombres et les ruines détrempées. Des oiseaux chantaient; partout fleurissaient des tulipes et des lilas, les pommiers, les pruniers et les cerisiers, et dans le Tiergarten des rhododendrons. Mais ces bonnes odeurs de fleur ne pouvaient masquer l'odeur de pourriture et de brique recuite qui planait sur les rues. Une lourde fumée stagnante voilait le ciel; lorsqu'il pleuvait, cette fumée s'épaississait encore, prenait les gens à la gorge. Dans les rues, malgré les frappes d'artillerie, il y avait de l'animation: aux barricades antichars, des enfants avec des casques en papier, perchés sur les obstacles, agitaient des épées en bois; je croisais des vieilles dames qui poussaient des landaus remplis de briques, puis, en traversant le Tiergarten vers le bunker du Zoo, des soldats chassant devant eux un troupeau de vaches beuglantes. Le soir, il pleuvait de nouveau; et les Rouges, à leur tour, fêtaient l'anniversaire de Lénine dans une débauche brutale d'artillerie.

Les services publics fermaient un à un, leur personnel évacuait. Le général Reynmann, le Kommandant de la ville, avait distribué à des responsables du NSDAP, un jour avant d'être limogé, deux mille laissez-passer pour quitter Berlin. Ceux qui n'avaient pas eu la chance d'en recevoir pouvaient toujours acheter leur porte de sortie: à la Kurfürstenstrasse, un officier de la Gestapo m'expliqua qu'un jeu complet de papiers en règle allait chercher dans les 80 000 reichsmarks. Le U-Bahn fonctionna jusqu'au 23 avril, le S-Bahn jusqu'au 25, le téléphone interurbain jusqu'au 26 (on raconte qu'un Russe réussit à joindre Goebbels à son bureau depuis Siemensstadt). Kaltenbrunner était parti pour l'Autriche tout de suite après l'anniversaire du Führer, mais Müller était resté, et je continuais mes liaisons pour lui. Je passais le plus souvent par le Tiergarten, parce que les rues au sud de la Bendlerstrasse, du côté du Landwehrkanal, étaient obstruées; dans la Neue Siegesallee, les explosions répétées avaient fracassé les statues des souverains de la Prusse et du Brandebourg, têtes et membres de Hohenzollern jonchaient la rue; la nuit, les fragments de marbre blanc brillaient à la lumière de la lune. À l'OKW, où s'était maintenant installé le Kommandant de la ville (un certain Käther avait remplacé Reynmann, puis deux jours plus tard Käther avait été démis à son tour pour faire place à Weidling), on me faisait souvent attendre des heures avant de me livrer une information tout à fait incomplète. Pour éviter d'être trop gênant, je patientais avec mon chauffeur dans ma voiture, sous un auvent en béton dans la cour, je regardais courir devant moi des officiers surexcités et hagards, des soldats épuisés qui traînaient pour ne pas retourner trop vite au feu, des Hitlerjugend avides de gloire venus mendier des Panzerfäuste, des Volkssturm désemparés qui attendaient des ordres. Un soir, je fouillais mes poches à la recherche d'une cigarette, je tombai sur la lettre d'Hélène, rangée là à Hohenlychen et oubliée depuis. Je déchirai l'enveloppe et lus la lettre en fumant. C'était une déclaration, brève et directe: elle ne comprenait pas mon attitude, écrivait-elle, elle ne cherchait pas à la comprendre, elle voulait savoir si je souhaitais la rejoindre, elle demandait si je comptais l'épouser. L'honnêteté et la franchise de cette lettre me bouleversèrent; mais il était bien trop tard, et je jetai la feuille froissée dans une flaque, par la vitre baissée de la voiture.

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