Simenon, Georges - La nuit du carrefour

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Quand Maigret, avec un soupir de lassitude, écarta sa chaise du bureau auquel il était accoudé, il y avait exactement dix-sept heures que durait l'interrogatoire de Carl Andersen.
On avait vu tour à tour, par les fenêtres ans rideaux, la foule des midinettes et des employés prendre d'assaut, à l'heure de midi, les crémeries de la place Saint-Michel, puis l'animation faiblir, la ruée de six heures vers les métros et les gares, la flânerie de l'apéritif.
La Seine s'était enveloppée de buée. Un dernier remorqueur était passé, avec feux verts et rouges, traînant trois péniches. Dernier autobus. Dernier métro. Le cinéma dont on fermait les grilles après avoir rentré les panneaux-réclame...

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Une allée en pente contournait une pelouse, donnait accès au perron d’une part, de l’autre à un garage aménagé dans une ancienne écurie au toit encore garni d’une poulie.

Rien ne bougeait. A part le filet de fumée, on ne sentait aucune vie derrière les rideaux passés. Le soir commençait à tomber et des chevaux traversaient un champ lointain pour regagner la ferme.

Maigret vit un petit homme qui se promenait sur la route, les mains enfoncées dans les poches d’un pantalon de flanelle, la pipe aux dents, une casquette sur la tête. Cet homme s’approcha familièrement de lui, comme, à la campagne, on s’aborde entre voisins.

— C’est vous qui dirigez l’enquête ?

Il n’avait pas de faux col. Ses pieds étaient chaussés de pantoufles. Mais il portait un veston de beau drap anglais gris et une énorme chevalière au doigt.

— Je suis le garagiste du carrefour… Je vous ai aperçu de loin…

Un ancien boxeur, à coup sûr. Il avait eu le nez cassé. Son visage était comme martelé par les coups de poing. Sa voix traînante était enrouée, vulgaire, mais pleine d’assurance.

— Qu’est-ce que vous dites de cette histoire d’autos ?…

Il riait, découvrant des dents en or.

— Si ce n’était pas qu’il y a un macchabée, je trouverais l’aventure marrante… Vous ne pouvez pas comprendre !… Vous ne connaissez pas le type d’en face, Môssieu Michonnet, comme nous l’appelons… Un monsieur qui n’aime pas les familiarités, qui porte des faux cols hauts comme ça et des souliers vernis… Et Mme Michonnet donc !… Vous ne l’avez pas encore vue ?… Hum !… Ces gens-là réclament pour tout et pour rien, vont trouver les gendarmes parce que les autos font trop de bruit quand elles s’arrêtent devant ma pompe à essence…

Maigret regardait son interlocuteur sans l’encourager ni le décourager. Il le regardait, tout simplement, ce qui était assez déroutant pour un bavard, mais ce qui ne suffisait pas à impressionner le garagiste.

Une voiture de boulanger passa et l’homme en pantoufles cria :

— Salut, Clément !… Ton klaxon est réparé !… Tu n’as qu’à le demander à Jojo !…

Il reprit, tourné vers Maigret, à qui il offrait des cigarettes :

— Il y a des mois qu’il parlait d’acheter une bagnole neuve, qu’il embêtait tous les marchands d’autos, y compris moi !… Il voulait des réductions… Il nous faisait marcher… La carrosserie était trop sombre, ou trop claire… Il voulait bordeaux uni, mais pas trop bordeaux tout en restant bordeaux… Bref, il a fini par l’acheter à un collègue d’Arpajon… Avouez que c’est crevant, quelques jours après, de retrouver la voiture dans le garage des Trois-Veuves !… J’aurais payé cher pour contempler notre bonhomme quand, le matin, il a vu le vieux tacot à la place de la six cylindres !… Dommage du mort, qui gâte tout !… Car enfin, un mort c’est un mort et il faut quand même du respect pour ces choses-là !… Dites donc ! vous viendrez bien boire le coup chez nous en passant ?… Le carrefour manque de bistrots… Mais ça viendra ! Que je trouve un brave garçon pour le tenir et je lui fais les fonds…

L’homme dut s’apercevoir que ses paroles ne trouvaient guère d’écho, car il tendit la main à Maigret.

— A tout à l’heure…

Il s’éloigna du même pas, s’arrêta pour parler à un paysan qui passait en carriole. Il y avait toujours un visage derrière les rideaux des Michonnet. La campagne, des deux côtés de la route, avait, dans le soir, un air monotone, stagnant, et l’on entendait des bruits très loin, un hennissement, la cloche d’une église située peut-être à une dizaine de kilomètres.

Une première auto passa phares allumés, mais ils brillaient à peine dans le demi-jour.

Maigret tendit le bras vers le cordon de sonnette qui pendait à droite de la poterne. De belles et graves résonances de bronze vibrèrent dans le jardin, suivies d’un très long silence. La porte, au-dessus du perron, ne s’ouvrit pas. Mais le gravier crissa derrière la maison. Une haute silhouette se profila, un visage laiteux, un monocle noir.

Sans émotion apparente, Carl Andersen s’approcha de la grille, qu’il ouvrit en inclinant la tête.

— Je me doutais que vous viendriez… Je suppose que vous désirez visiter le garage… Le Parquet y a posé des scellés, mais vous devez avoir le pouvoir de…

Il avait le même complet qu’au quai des Orfèvres : un complet d’une sûre élégance, qui commençait à se lustrer.

— Votre sœur est ici ?…

Il ne faisait déjà plus assez clair pour discerner un frémissement des traits, mais Andersen éprouva le besoin de caler le monocle dans son orbite.

— Oui…

— Je voudrais la voir…

Une légère hésitation. Une nouvelle inclination de la tête.

— Veuillez me suivre…

On contourna le bâtiment. Derrière s’étalait une pelouse assez vaste que dominait une terrasse. Toutes les pièces du rez-de-chaussée s’ouvraient de plain-pied sur cette terrasse par de hautes portes-fenêtres.

Aucune chambre n’était éclairée. Dans le fond du parc, des écharpes de brouillard voilaient le tronc des arbres.

— Vous permettez que je vous montre le chemin ?

Andersen poussa une porte vitrée et Maigret le suivit dans un grand salon tout feutré de pénombre. La porte resta ouverte, laissant pénétrer l’air à la fois frais et lourd du soir, ainsi qu’une odeur d’herbe et de feuillage humides. Une seule bûche lançait quelques étincelles dans la cheminée.

— Je vais appeler ma sœur…

Andersen n’avait pas fait de lumière, n’avait même pas paru s’apercevoir que le soir tombait. Maigret, resté seul, arpenta la pièce, lentement, s’arrêta devant un chevalet qui supportait une ébauche à la gouache. C’était l’ébauche d’un tissu moderne, aux couleurs audacieuses, au dessin étrange.

Mais moins étrange que cette ambiance où Maigret retrouvait le souvenir des trois veuves de jadis !

Certains des meubles avaient dû leur appartenir. Il y avait des fauteuils Empire à la peinture écaillée, à la soie usée, et des rideaux de reps, qui n’avaient pas été retirés depuis cinquante ans.

Par contre, avec du bois blanc, on avait bâti le long d’un mur des rayons de bibliothèque, où s’entassaient des livres non reliés, en français, en allemand, en anglais, en danois aussi sans doute.

Et les couvertures blanches, jaunes ou bariolées contrastaient avec un pouf désuet, avec des vases ébréchés, un tapis dont le centre ne comportait plus que la trame.

La pénombre s’épaississait. Une vache meugla au loin. Et de temps en temps, un léger vrombissement pointait dans le silence, s’intensifiait, une voiture passait en trombe sur la route et le bruit du moteur allait en se mourant.

Dans la maison, rien ! A peine des grattements, des craquements ! A peine de menus bruits indéchiffrables permettant de soupçonner qu’il y avait de la vie.

Carl Andersen entra le premier. Ses mains blanches trahissaient une certaine nervosité. Il ne dit rien, resta un instant immobile près de la porte.

Un glissement dans l’escalier.

— Ma sœur Else… annonça-t-il enfin.

Elle s’avançait, les contours indécis dans la demi-obscurité. Elle s’avançait comme la vedette d’un film, ou mieux, comme la femme idéale dans un rêve d’adolescent.

Sa robe était-elle de velours noir ? Toujours est-il qu’elle était plus sombre que tout le reste, qu’elle faisait une tache profonde, somptueuse. Et le peu de lumière encore éparse dans l’air se concentrait sur ses cheveux blonds et légers, sur le visage mat.

— On me dit que vous désirez me parler, commissaire… Mais veuillez d’abord vous asseoir…

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