Brown sourit. Ils pourraient tenir pendant des jours sans problème.
***
C’était une vraie débâcle. Il y avait des hommes partout au sol.
Luke s’avançait vers la maison, en regardant attentivement autour de lui. Les tirs qui faisaient le plus de dégâts venaient d’un homme qui se trouvait à la fenêtre de l’étage. Il réduisait les policiers en bouillie. Luke était près du côté de la maison. Depuis cet angle, il ne pouvait pas abattre le sniper, mais l’homme ne pouvait probablement pas le voir non plus.
Luke vit comment le sniper acheva un policier au sol d’un tir à l’arrière de la nuque.
« Ed, tu peux voir le tireur de l’étage ? »
« Je peux lui en mettre une entre les deux yeux. Je suis sûr qu’il ne me voit pas, là où je suis. »
Luke hocha la tête. « Commençons par là. Ça commence à être une vraie boucherie ici. »
« Tu es sûr que c’est ce que tu veux ? » dit Ed.
Luke observa l’étage. La pièce sans fenêtres se trouvait à l’opposé par rapport au sniper.
« Je pense toujours qu’ils se trouvent dans cette pièce sans fenêtres, » dit-il.
J’espère.
« Tu n’as qu’un mot à dire, » dit Ed.
« Vas-y. »
Luke entendit le bruit caractéristique du lance-grenades.
Doong !
Un missile partit de derrière les voitures garées de l’autre côté de la rue. Il vola dans les airs en ligne droite. Il heurta exactement l’endroit où se trouvait la fenêtre. Une fraction de seconde plus tard, Luke entendit un gros BANG.
Le côté de la maison explosa et des morceaux de bois, de verre et d’acier volèrent dans les airs. On n’entendait plus tirer depuis la fenêtre.
« Beau tir, Ed. Très joli. Maintenant, fais-moi ce trou dans le mur. »
« Tu le veux comment ? » dit Ed.
« Un joli trou, s’il te plaît. »
Luke s’éloigna du côté de la maison et se mit à l’abri derrière une voiture.
Doong !
Un autre missile traversa les airs en ligne droite, à un mètre du sol. Il heurta le côté de la maison et fit un trou béant dans le mur. Une boule de feu apparut à l’intérieur, crachant de la fumée et des débris.
Luke allait s’y engouffrer quand il entendit la voix d’Ed : « Attends, » dit-il. « Il y en a encore un en route. »
Ed tira à nouveau et cette fois-ci, le missile s’enfonça profondément dans la maison. Des lueurs rouges et orangées jaillirent du trou. Le sol trembla. C’était le moment d’y aller.
Luke se releva et se mit à courir.
***
La première explosion eut lieu au-dessus de sa tête. Toute la maison se mit à trembler. Brown regarda l’écran où était projetée l’image du couloir à l’étage.
Le bout du couloir avait disparu. L’endroit où se trouvait Smith n’existait plus. Il n’y avait plus qu’un trou béant à la place.
« Monsieur Smith ? » dit Brown. « Monsieur Smith, vous êtes là ? »
Pas de réponse.
« Quelqu’un a vu d’où ça venait ? »
« C’est toi, nos yeux, » lui répondit une voix.
Ils avaient des ennuis.
Quelques secondes plus tard, une roquette heurta l’avant de la maison. L’onde de choc fit tomber Brown au sol. Les murs s’écroulèrent. Le plafond de la cuisine s’enfonça soudainement. Brown était plaqué au sol, au milieu de débris. Ça ne se passait pas comme il avait prévu. Les policiers défonçaient les portes – ils ne lançaient pas des missiles à travers les murs.
Un autre missile heurta la maison, en s’y engouffrant profondément cette fois-ci. Brown se couvrit la tête. La maison se remit à trembler et elle semblait être sur le point de s’effondrer.
Un instant s’écoula. Quelqu’un hurlait. Mais à part ça, c’était silencieux. Brown se mit debout et courut vers les escaliers. En sortant de la pièce, il prit son revolver et une grenade.
Il traversa la pièce principale. C’était un carnage, une vraie boucherie. La pièce était en feu. L’un des barbus était mort. Plus que mort – déchiqueté en mille morceaux. L’Australien avait paniqué et avait retiré son masque. Son visage était couvert de sang, mais il était impossible de voir où il avait été touché.
« Je ne vois plus rien ! » hurlait l’homme. « Je ne vois plus rien ! »
Ses yeux étaient grands ouverts.
Un homme portant un gilet pare-balles et un casque entra calmement par le trou béant dans le mur. Il fit taire l’Australien avec une rafale de mitraillette. La tête de l’Australien explosa. Il resta un instant debout, avant de s’effondrer au sol.
Le second barbu était couché au sol près de la porte arrière, cette fameuse porte en acier dont Brown était encore si fier quelques instants plus tôt. Les forces de police n’allaient jamais parvenir à l’enfoncer. Barbe nº2 avait été blessé par l’explosion, mais il voulait continuer à se battre. Il se traîna jusqu’au mur, s’appuya contre lui et tendit la main vers le fusil qu’il avait à l’épaule.
L’intrus mit une balle dans la tête de Barbe nº2 à bout portant. Du sang, des os et de la matière grise éclaboussèrent le mur.
Brown se retourna et se rua vers les escaliers.
***
L’air était rempli de fumée, mais Luke avait vu l’homme se précipiter vers les escaliers. Il regarda autour de lui. Tous les autres étaient morts.
Satisfait, il se rua vers les escaliers. Il entendait sa propre respiration résonner à ses oreilles.
Il était dans une position vulnérable. Les escaliers étaient si étroits que ce serait l’endroit parfait pour tirer sur lui depuis l’étage. Mais personne ne le fit.
À l’étage, l’air était moins chargé qu’au rez-de-chaussée. À sa gauche, se trouvaient la fenêtre et le mur où le snipper avait pris position. Les jambes du snipper étaient au sol. Ses bottes en cuir pointaient dans des directions opposées. Le reste de son corps avait disparu.
Luke alla sur la droite. Instinctivement, il courut vers la pièce au bout du couloir. Il laissa tomber son Uzi et son fusil à pompe au sol, et il sortit son Glock de son étui.
Il entra dans la pièce.
Becca et Gunner étaient assis et attachés à deux chaises pliables. Ils avaient les bras liés derrière leur dos. Ils avaient les cheveux ébouriffés, comme si quelqu’un venait juste de passer la main dedans. Un homme était debout derrière eux. Il laissa tomber deux capuches noires au sol et plaça le canon de son arme dans la nuque de Becca. Il s’accroupit derrière elle, en se servant de Becca comme bouclier humain.
Les yeux de Becca étaient écarquillés. Ceux de Gunner étaient fermés et il pleurait de façon incontrôlée. Tout son corps était secoué de sanglots. Il avait mouillé son pantalon.
Ça en valait vraiment la peine ?
En les voyant comme ça, terrifiés, sans défense, est-ce que ça en avait vraiment valu la peine ? Luke avait permis d’arrêter un coup d’état la nuit passée. Il avait sauvé la nouvelle Présidente d’une mort certaine, mais est-ce que ça avait valu la peine de leur faire vivre ça ?
« Luke ? » dit Becca, comme si elle ne le reconnaissait pas.
Bien sûr qu’elle ne l’avait pas reconnu. Il retira son casque.
« Luke, » dit-elle. Elle haleta légèrement, comme si elle était soulagée. Mais peut-être pas. Les gens faisaient souvent des bruits étranges lors de moment extrêmes. Ils ne signifiaient pas toujours quelque chose.
Luke leva son arme et la pointa entre Becca et Gunner. L’homme était doué. Il ne laissait rien voir, sur lequel Luke aurait pu tirer. Mais Luke garda néanmoins son arme pointée au même endroit. Il attendait patiemment. L’homme ne pourrait pas être bon de manière indéfinie. Tout le monde faisait une erreur à un moment ou un autre.
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