Louis Pauwels - Le matin des magiciens

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Quant à l'énergie, c'était une entité tout à fait indépendante de la matière, et sans mystère aucun. Elle était composée de fluides. Les fluides remplissaient tout, se laissaient décrire par des équations d'une grande beauté formelle et satisfaisaient la pensée : fluide électrique, lumineux, calorifique, etc. Une progression continue et claire : la matière avec ses trois états (solide, liquide, gazeux) et les divers fluides énergétiques, plus subtils encore que les gaz. Il suffisait de repousser comme rêverie philosophique les théories naissantes de l'atome pour conserver une image « scientifique » du monde. On était fort loin des grains d'énergie de Planck et Einstein.

L'Allemand Clausius démontrait qu'aucune source d'énergie autre que le feu n'était concevable. Et l'énergie, si elle se conserve en quantité, se dégrade en qualité. L'univers a été remonté une bonne fois, comme une horloge. Il s'arrêtera quand son ressort sera détendu. Rien à attendre, pas de surprise. Dans cet univers au destin prévisible, la vie était apparue par hasard et avait évolué par le simple jeu des sélections naturelles. Au sommet définitif de cette évolution : l'homme. Un ensemble mécanique et chimique, doté d'une illusion : la conscience. Sous l'effet de cette illusion, l'homme avait inventé l'espace et le temps : des vues de l'esprit. Si l'on avait dit à un chercheur officiel du XIXe siècle que la physique absorberait un jour l'espace et le temps et que celle-ci étudierait expérimentalement la courbure de l'espace et la contraction du temps, il eût appelé la police. L'espace et le temps n'ont aucune existence réelle. Ce sont des variables de mathématicien et des sujets de réflexion gratuite pour philosophes. L'homme ne saurait avoir quelque rapport avec ces grandeurs. En dépit des travaux de Charcot, de Breuer, d'Hyslop, l'idée de perception extra-sensorielle ou extra-temporelle est à repousser avec mépris. Pas d'inconnu dans l'univers, pas d'inconnu dans l'homme. Savant mon fils, tiens ton nez propre !

Il était tout à fait inutile de tenter une exploration du monde intérieur, mais cependant un fait mettait des bâtons dans les roues de la simplification : on parlait beaucoup de l'hypnose, le naïf Flammarion, le douteux Edgar Poe, le suspect H.G. Wells s'intéressaient au phénomène. Or, aussi fantastique que cela puisse paraître, le XIXe siècle officiel démontra que l'hypnose n'existait pas. Le patient a tendance à mentir, à simuler pour plaire à l'hypnotiseur. C'est exact. Mais, depuis Freud et Morton Price, on sait que la personnalité peut être divisée. À partir de critiques exactes, ce siècle parvint à créer une mythologie négative, à éliminer toute trace d'inconnu dans l'homme, à refouler tout soupçon d'un mystère.

La biologie, elle aussi, était finie. M. Claude Bernard en avait épuisé les possibilités et l'on avait conclu que le cerveau sécrète la pensée comme le foie, la bile. Sans doute, on parviendrait à déceler cette sécrétion et à en écrire la formule chimique conformément aux jolis arrangements en hexagones immortalisés par M. Berthelot. Quand on saurait comment les hexagones de carbone s'associent pour créer l'esprit, la dernière page serait tournée. Qu'on nous laisse travailler sérieusement ! Les fous à l'asile ! Un beau matin de 1898, un monsieur sérieux ordonna à la gouvernante de ne plus laisser lire Jules Verne à ses enfants. Ces idées fausses déformeraient les jeunes esprits. Le monsieur sérieux s'appelait Édouard Branly. Il venait de décider de renoncer à ses expériences sans intérêt sur les ondes pour devenir médecin de quartier.

Le savant doit abdiquer. Mais il doit aussi réduire à rien les « aventuriers », c'est-à-dire les gens qui réfléchissent, imaginent, rêvent. Berthelot attaque les philosophes « qui s'escriment contre leur propre fantôme dans l'arène solitaire de la logique abstraite » (voilà une bonne description d'Einstein, par exemple). Et Claude Bernard déclare : « Un homme qui trouve le fait le plus simple rend plus de services que le plus grand philosophe du monde. » La science ne saurait être qu'expérimentale. Hors d'elle, point de salut. Fermons les portes. Nul n'égalera jamais les géants qui ont inventé la machine à vapeur.

Dans cet univers organisé, compréhensible, et d'ailleurs condamné, l'homme devait se tenir à sa juste place d'épiphénomène. Pas d'utopie et pas d'espoir. Le combustible fossile s'épuisera en quelques siècles, et ce sera la fin par le froid et la famine. Jamais l'homme ne volera, jamais il ne voyagera dans l'espace. Jamais non plus il ne visitera le fond des mers. Étrange interdiction que celle de la visite des abîmes marins ! Rien n'empêchait le XIXe siècle, en l'état des techniques, de construire le bathyscaphe du professeur Piccard, rien qu'une énorme timidité, rien que le souci, pour l'homme, de « rester à sa place ».

Turpin, qui invente la mélinite, se fait promptement enfermer. Les inventeurs des moteurs à explosion sont découragés et l'on tente de montrer que les machines électriques ne sont que des formes du mouvement perpétuel. C'est l'époque des grands inventeurs isolés, révoltés, traqués. Hertz écrit à la Chambre de Commerce de Dresde qu'il faut décourager les recherches sur la transmission des ondes hertziennes : aucune application pratique n'est possible. Les experts de Napoléon III prouvent que la dynamo Gramme ne tournera jamais.

Pour les premières automobiles, pour le sous-marin, pour le dirigeable, pour la lumière électrique (une escroquerie de ce sacré Edison !) les doctes académies ne se dérangent pas. Il y a une page immortelle. C'est le compte rendu de la réception du phonographe à l'Académie des sciences de Paris : « Dès que la machine a émis quelques paroles, M. le secrétaire perpétuel se précipite sur l'imposteur et lui serre la gorge d'une poigne de fer. Vous voyez bien ! dit-il à ses collègues. Or, à l'étonnement général, la machine continue à émettre des sons. »

Cependant, d'immenses esprits, fortement contrariés, s'arment en secret pour préparer la plus formidable révolution des connaissances que l'homme « historique » ait connue. Mais, pour l'heure, toutes les voies sont bouchées.

Bouchées en avant et en arrière. On refoule les fossiles d'êtres préhumains que l'on commence à découvrir en quantité. Le grand Heinrich Helmholtz n'a-t-il pas démontré que le soleil tire son énergie de sa propre contraction, c'est-à-dire de la seule force, avec la combustion, existant dans l'univers ? Et ses calculs ne montrent-ils pas qu'une centaine de milliers d'années, au plus, nous séparent de la naissance du soleil ? Comment une longue évolution aurait-elle pu se produire ? Et, d'ailleurs, qui trouvera jamais le moyen de dater le passé du monde ? Dans ce court espace entre deux néants, nous autres, épiphénomènes, demeurons sérieux. Les faits ! rien que les faits !

La recherche sur la matière et l'énergie n'étant guère encouragée, les meilleurs curieux se lancent dans une impasse : l'éther. C'est le milieu pénétrant toute matière et servant de support aux ondes lumineuses et électromagnétiques. Il est à la fois infiniment solide et infiniment ténu. Lord Rayleigh, qui représente, à la fin du XIXe siècle, la science officielle anglaise dans sa splendeur ; construit une théorie de l'éther gyroscopique. Un éther composé de multiples toupies tournant en tous sens et réagissant entre elles. Aldous Huxley écrira plus tard que « si une œuvre humaine peut donner l'idée de la laideur dans l'absolu, la théorie de Lord Rayleigh y parvient ».

C'est dans la spéculation sur l'éther que se trouvent engagées les intelligences disponibles, à l'orée du XXe siècle. En 1898, se produit la catastrophe : l'expérience de Michelson et Morley détruit l'hypothèse de l'éther. Toute l'œuvre d'Henri Poincaré va témoigner de cet effondrement. Poincaré, mathématicien de génie, sentait peser sur lui l'énorme poids de ce XIXe siècle geôlier et bourreau du fantastique. Il aurait découvert la relativité, s'il avait osé. Mais il n'osa pas. La Valeur de la Science , La Science et l'Hypothèse , sont des livres de désespoir et de démission. Pour lui, l'hypothèse scientifique n'est jamais vraie, elle ne peut être qu'utile. Et c'est une auberge espagnole : on n'y trouve que ce que l'on y apporte. Selon Poincaré, si l'univers se contractait un million de fois, et nous avec lui, nul ne s'apercevrait de rien. Spéculations inutiles, donc puisque détachées de toute réalité sensible. L'argument fut cité jusqu'au début de notre siècle comme un modèle de profondeur. Jusqu'au jour où un ingénieur praticien fit observer que le charcutier, du moins, le saurait parce que tous les jambons tomberaient. Le poids d'un jambon est proportionnel à son volume, mais la force d'une ficelle n'est proportionnelle qu'à sa section. Que l'univers se contracte d'un millionième, et plus de jambons au plafond ! Pauvre, grand et cher Poincaré ! C'est ce maître à penser qui écrivait : « Le bon sens à lui tout seul est suffisant pour nous dire que la destruction d'une ville par la désintégration d'un demi-kilo de métal est une impossibilité évidente. »

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