Жюльетта Бенцони - Un homme pour le Roi

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Les foucades de Mme de Staël et son esprit étincelant amusaient fort l'époux d'Anne-Laure. En outre, il ne lui déplaisait pas d'avoir pris pied dans un milieu peu suspect d'indulgence envers la politique des Tuileries, tout en restant suffisamment attaché au principe royal pour souhaiter le salut du Roi et de sa famille. Enfin, c'était chez la baronne qu'il avait rencontré pour la première fois l'une des habituées de la maison, la ravissante Charlotte de Sinceny, une jeune veuve plus riche de beauté que d'écus, qui fréquentait volontiers une maison où la fortune demeurait solide en dépit des difficultés du temps.

Très vite, Mme de Sinceny avait jeté son dévolu sur Josse de Pontallec. Non seulement il était extrêmement séduisant, mais on savait que la fortune maritime et terrienne de sa femme n'était pas de celles que l'on dilapide facilement. De son côté, le marquis éprouvait pour la belle veuve l'un de ces caprices violents qui se changent parfois en passion. S'il n'en était pas encore là, il s'avouait volontiers qu'il n'en était pas loin. L'expérience vécue le jour où Charlotte était devenue sa maîtresse restait inoubliable. Même pour lui car peu de femmes joignaient à des appas si somptueux une science amoureuse aussi subtile que raffinée, capable d'éviter à un homme les déboires de la lassitude. Aussi Josse savait-il que, pour garder une telle femme, il était capable de folies. Surtout s'il réussissait à s'approprier les biens d'Anne-Laure... Ce qui ne tarderait plus guère.

C'était à cette agréable perspective qu'il souriait en jetant un dernier regard à son image. Le frac noir dessinait à merveille ses larges épaules et le haut col de velours encadrait parfaitement son visage arrogant tout en faisant ressortir la blancheur immaculée de sa cravate. Un joyeux gilet de brocart vert feuille où s'accrochaient, au bout d'un ruban, deux breloques d'or, rejoignait une culotte collante, noire elle aussi comme les bas de soie et les escarpins à boucles d'or et à talons rouges. Ce costume était peut-être un rien trop élégant pour l'époque, mais Josse tenait à sa réputation et il eût préféré mourir que revêtir les vêtements informes dont les hommes de la Révolution faisaient leurs délices et prétendaient imposer la mode : les pantalons de matelots, la carmagnole plébéienne et, surtout, le hideux bonnet rouge copié sur celui des forçats, dont trois jours plutôt la foule qui avait envahi les Tuileries avait forcé le Roi et le petit Dauphin à s'affubler.

Son examen terminé, le marquis se détourna pour prendre un mouchoir sur la commode voisine et accorda un dernier regard à son image quand, soudain, son sourire s'effaça : dans la haute glace, une autre image venait de s'inscrire près de la sienne, celle d'une masse de cheveux blonds en désordre sous un grand chapeau noir ; d'un visage pâle encore marqué par les larmes et de deux yeux noirs qui le regardaient avec une sorte d'horreur. Mais, s'il eut un haut-le-corps en reconnaissant sa femme, Josse eut assez d'empire sur lui-même pour cacher sa déception et retrouver un sourire, certes un peu crispé :

- Déjà de retour ? fit-il en enfilant des gants, ce qui lui permit de ne plus la regarder. Ne m'aviez-vous pas annoncé un assez long séjour dans votre forêt?

- Komer n'est plus que ruines. Les section-naires de Mauron y sont venus. Seuls les communs et la chapelle sont restés debout. Encore celle-ci n'est-elle pas intacte...

- Vous m'en voyez navré. Je sais que vous teniez à cette maison; étant donné la raison première de votre voyage, il faut s'estimer heureux que la chapelle existe toujours...

Il prit la main de sa femme pour un baiser aussi courtois que froid, mais celle-ci, habituée à ses façons, ne s'attendait pas à de plus amples démonstrations. En revanche, elle considéra la toilette de son époux avec sévérité et surtout le gilet vert :

- Allez-vous au bal? Il me semble pourtant que nous sommes en deuil. Ou bien votre fille comptait-elle si peu pour vous ?

- Nous vivons une époque, ma chère, où il ne convient pas d'étaler ses sentiments personnels. Je ne vais pas au bal mais à l'ambassade de Suède où je suis convié à souper. J'espère y apprendre des nouvelles plus fiables que celles qui courent les rues. Il n'y a plus guère que ces endroits-là pour être au fait des événements...

- Que s'est-il donc passé ces jours-ci ? Depuis la barrière, nous avons entendu d'étranges bruits, rencontré des figures plus étranges encore...

- Nous?... Ah oui, vous faites allusion à Jaouen ? Il vous a ramenée à bon port, dirait-on ?

- Le lui reprocheriez-vous?

L'attaque était brutale. Il l'accusa par un haut-le-corps :

- Devenez-vous folle pour dire de telles choses ? Il avait mission de vous protéger : il l'a fait, c'est bien. Je lui dirai, demain, ma satisfaction.

- Il en sera très heureux! Mais revenons aux derniers événements. Était-ce grave?

- Assez, oui. La populace a pris feu et, il y a trois jours, forcé l'entrée des Tuileries pour obliger le Roi à rappeler les sieurs Roland, Servant et Clavière, les ministres renvoyés, et à accepter la loi contre les prêtres réfractaires. Sincèrement, pourquoi voulez-vous que je vous raconte tout cela alors que vous n'entendez rien à la politique?...

- Peut-être parce que je vous le demande. Continuez !

Le marquis regarda sa femme plus attentivement. Il y avait dans sa voix comme dans son attitude quelque chose de nouveau. D'habitude elle était, en sa présence, timide, réservée et silencieuse. Tellement silencieuse surtout! Il eut l'impression soudaine d'avoir en face de lui un être différent... En admettant qu'il pût se targuer de bien connaître celle qu'il avait épousée avec tant de désinvolture !

- Veuillez m'excuser mais je n'ai guère le temps! Au surplus, votre vieil ami le duc de Nivernais vous en apprendrait davantage : il a passé au palais toute cette journée du 20 juin. On dit même qu'il aurait fait, pour le Roi, un rempart de son corps au moment le plus critique. Le Roi l'a écarté d'ailleurs, refusant que ce vieil homme s'expose à sa place...

- On dit?... N'étiez-vous donc pas là-bas vous aussi ?

Josse leva un sourcil agacé. Il n'aimait pas cette inquisition soudaine, mais il retint les mots vifs qui lui venaient et qui, peut-être, eussent été maladroits.

- J'étais dès le matin au lever de Sa Majesté, dit-il du ton que l'on réserve à un enfant importun, puis je suis passé chez la Reine. Mais je me sentais... un peu souffrant. Il faisait déjà une telle chaleur que j'ai cru suffoquer. La Reine m'a conseillé d'aller prendre l'air et je suis parti pour Auteuil. Paris était encore calme d'ailleurs. Il se formait bien ici ou là quelques groupes, sans rien d'inquiétant. Et quand je suis rentré, tout était fini. Ce qui fait que je n'ai rien vu...

Les yeux d'Anne-Laure fixèrent le marquis avec une surprise vaguement incrédule. C'était étrange ce soudain malaise au moment où le danger approchait des souverains. Josse s'était battu vingt fois en duel et ne pouvait être taxé de lâcheté en aucun cas. Quant à sa santé, elle était parfaite et ne donnait guère prise aux bouffées de chaleur. Et puis qu'allait-il faire à Auteuil ? En dépit de sa candeur, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de trouver sa conduite suspecte et, soudain, les paroles de Jaouen lui revinrent en mémoire : " II n'aime pas la Reine et je crois même qu'il la hait... " Se pourrait-il qu'il eût dit vrai et que Josse eût l'âme assez basse pour l'abandonner au moment où un danger réel rôdait? Et si Jaouen avait raison jusqu'au bout, s'il n'avait pas menti en disant qu'il avait reçu l'ordre de la tuer?...

Elle allait poser une autre question pour essayer d'en savoir plus quand, à cet instant, quelqu'un pénétra dans la chambre sans se faire annoncer, en habitué, et lança en manière d'introduction :

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