Pierre Lemaître - Trois jours et une vie

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Trois jours et une vie: краткое содержание, описание и аннотация

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« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »
P.L. Le nouveau roman de Pierre Lemaître, Goncourt 2013.

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— Dis-moi, Antoine, tu connais Rémi Desmedt, n’est-ce pas… ?

Antoine avala sa salive et répondit affirmativement, d’un signe de tête. Le gendarme avança la main vers son épaule, mais s’arrêta en chemin.

— Ne crains rien, Antoine… Je veux juste savoir quand tu l’as vu pour la dernière fois.

Antoine leva les yeux et vit sa mère à la porte de la chambre, qui assistait à la scène avec un air de satisfaction, presque de fierté.

— C’est moi qu’il faut regarder, Antoine. Réponds-moi.

La voix n’était plus la même, plus ferme, il voulait une réponse… à laquelle Antoine n’avait pas réellement réfléchi. Ç’avait été plus facile avec Mme Desmedt. Pour trouver du courage, il se tourna vers la fenêtre.

— Dans le jardin, parvint-il à articuler. Là, dans le jardin…

— Quelle heure était-il ?

Antoine trouva un encouragement dans le fait que sa voix n’avait pas tremblé excessivement, pas plus que ne devait trembler celle de n’importe quel garçon de douze ans interrogé par un gendarme.

Il chercha : qu’est-ce qu’avait dit Mme Desmedt tout à l’heure ?

— Vers une heure et demie, par là…

— Bien. Et qu’est-ce qu’il faisait dans le jardin, Rémi… ?

La réponse fusa :

— Il regardait le sac avec le chien.

Le gendarme fronça les sourcils. Antoine comprenait bien que sans explications, sa réponse n’était pas claire.

— C’est son père, à Rémi. Hier, il a tué son chien. Il l’a mis dans un sac-poubelle.

Le gendarme sourit.

— Eh ben, dis-moi, il s’en passe des choses à Beauval…

Mais Antoine n’était pas d’humeur à plaisanter.

— D’accord, reprit le gendarme. Et il est où, ce sac-poubelle ?

— Là, dit-il en désignant la fenêtre, dans le jardin. Avec les gravats. Il l’a tué d’un coup de fusil, il l’a mis dans un sac-poubelle.

— Et donc Rémi était dans le jardin et il regardait le sac-poubelle, c’est ça ?

— Oui. Il pleurait…

Le gendarme pinça les lèvres, bah oui, je comprends ça.

— Et ensuite, tu ne l’as plus revu…

Non, de la tête. Le gendarme le fixait, les lèvres plissées, concentré sur ce qu’il venait d’entendre.

— Et tu n’as pas vu une voiture s’arrêter ou quelque chose comme ça… ?

Non.

— Je veux dire, rien d’anormal ?

Non.

— Bien !

Le gendarme claqua ses mains sur ses genoux, bon, c’est pas le tout…

— Merci, Antoine, ça va bien nous aider.

Il se leva. En sortant, il fit un petit signe à Mme Courtin qui s’apprêtait à le suivre dans l’escalier.

— Ah oui, dis-moi, Antoine…

Il s’était arrêté sur le pas de la porte, s’était retourné.

— Quand tu l’as vu, là, dans le jardin, toi… tu allais où ?

Réponse réflexe :

— À l’étang.

Antoine sentit à quel point il avait répondu vite. Trop vite.

Il répéta alors, plus calmement :

— J’ai été à l’étang.

Le gendarme opina, à l’étang, OK, d’accord.

4

Le gendarme se campa sur le trottoir, dubitatif.

Il regardait dans la rue le rassemblement qui se faisait plus dense et plus nerveux.

On entendait des voix impatientes et fortes commenter la manière dont les choses se passaient. Le jour qui commençait à tomber rendait le retour de Rémi assez improbable. Que faisait-on ? Qui s’occupait de quoi ? Le maire allait du groupe d’ouvriers à la camionnette de gendarmerie, tentant de calmer les uns, d’interroger les autres… La perspective d’une colère collective n’était pas à écarter parce que chacun, pour des raisons sans doute différentes, se sentait victime d’une injustice et trouvait dans cette circonstance l’occasion de l’exprimer.

Le jeune gendarme s’ébroua. Il claqua légèrement dans ses mains et appela ses collègues.

En quelques minutes, une carte d’état-major fut dépliée, le gendarme s’adressa aux bénévoles qui levèrent le doigt, comme à l’école. On les compta. Mme Desmedt ayant écumé le centre-ville quand elle s’était aperçue de la disparition de Rémi, chacun reçut l’instruction de patrouiller dans une zone extérieure, sur les routes et les chemins qui conduisaient à Beauval.

Les moteurs démarrèrent. Les hommes roulaient des épaules en s’installant au volant et donnaient l’impression de partir à la chasse. Le maire lui-même était monté dans la voiture municipale pour participer aux recherches. Même si tous agissaient pour une bonne cause, il y avait dans l’air quelque chose de conquérant et vindicatif, l’énergie vertueuse que l’on trouve souvent à l’origine des lynchages et des ratonnades.

De sa fenêtre, Antoine eut la certitude paradoxale que toutes les personnes qui s’éloignaient venaient en fait à sa rencontre.

Le jeune gendarme ne remonta pas aussitôt en voiture. Il observait, pensif, cette détermination collective. Ce qui se mettait en route ne s’arrêterait peut-être pas facilement.

L’alerte départementale fut donnée.

La photo du petit Rémi Desmedt et son signalement furent diffusés dans tous les lieux publics.

Chez les Desmedt, les femmes se succédaient pour tenir compagnie à Bernadette. Mme Courtin elle-même, après avoir rangé ses courses et préparé le repas du soir, cria d’en bas :

— Antoine, je vais chez Bernadette !

Elle n’attendit pas la réponse. Antoine la vit traverser le jardin d’un pas pressé.

Antoine avait été très ébranlé par la visite du gendarme. Il y avait chez cet homme quelque chose de pénétrant, de suspicieux…

Il ne l’avait pas cru.

Cette certitude l’étreignit. La manière dont il était resté un long moment sur le trottoir, repensant à ce qu’Antoine lui avait dit, hésitant à remonter pour lui demander des comptes.

Antoine regardait le jardin maintenant désert et n’osait pas faire un geste. Lorsqu’il se retournerait, le gendarme serait là, dans la pièce, il aurait fermé la porte, se serait assis sur le lit et le fixerait. Au-dehors, la ville serait étrangement calme, comme vidée de ses forces vives.

Pendant un long moment, le gendarme ne dirait rien et Antoine comprendrait, sans pouvoir résister, que son propre silence était un aveu.

— Et donc, tu étais à l’étang…

Antoine hoche la tête, oui, c’est ça.

Le gendarme a l’air désolé, il plisse les lèvres et fait des petits bruits de bouche qui expriment sa déception.

— Tu sais ce qui va arriver, Antoine ?

Il désigne la fenêtre.

— Ils vont tous revenir dans un petit moment. La plupart n’auront rien trouvé, bien sûr, mais M. Desmedt, lui, se sera arrêté près du petit chemin, celui qui monte à Saint-Eustache.

Antoine avale sa salive. Il n’a pas envie qu’on lui raconte la suite, mais le gendarme est décidé à ne rien lui épargner.

— Il va trouver ta montre sur le chemin, alors il va marcher jusqu’au grand hêtre. Il va se pencher, tendre le bras, saisir quelque chose, il va tirer, et qu’est-ce qui va apparaître, Antoine ? Hein, qu’est-ce qui va apparaître ? Le petit Rémi… Tout ce qu’il y a de plus mort. Avec ses mains et ses jambes toutes molles, sa petite tête qui ballotte comme quand il était sur ton dos, tu te souviens ?

Antoine ne peut plus bouger, il ouvre la bouche, mais rien ne sort.

— Alors M. Desmedt va le prendre dans ses bras et il va le ramener à la maison. Tu vois le tableau, M. Desmedt qui traverse Beauval avec son enfant mort dans ses bras, suivi de tous les habitants du quartier… Et qu’est-ce qu’il va faire, d’après toi ? Il va rentrer chez lui d’un pas tranquille, il va déposer Rémi dans les bras de sa maman et il va ressortir avec son fusil, traverser le jardin, monter l’escalier et entrer ici…

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