Марсель Пруст - Les Plaisirs et les jours
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Maintenant la même prière; qu'il faisait à sa mère, la même prière à Françoise lui montait aux lèvres. Il aurait voulu lui demander de se marier tout de suite, qu'elle fût prête; pour qu'il pût enfin s'endormir pour toujours, désolé, mais calme, et point inquiet de ce qui se passerait après qu'il se serait endormi
Les jours qui suivirent, il essaya de parler à Françoise qui, comme le médecin lui-même, ne le croyait pas perdu et repoussa avec une énergie douce mais inflexible la proposition d'Honoré.
Ils avaient tellement l'habitude de se dire la vérité, que chacun disait même la vérité qui pouvait faire de la peine à l'autre, comme si au fond de chacun d'eux, de leur être nerveux et sensible dont il fallait ménager les susceptibilités, ils avaient senti la présence d'un Dieu, supérieur et indifférent à toutes ces précautions bonnes pour des enfants, et qui exigeait et devait la vérité. Et envers ce Dieu qui était au fond de Françoise, Honoré, et envers ce Dieu qui était au fond d'Honoré, Françoise, s'était toujours senti des devoirs devant qui cédaient le désir de ne pas se chagriner, de ne pas s'offenser, les mensonges les plus sincères de la tendresse et de la pitié.
Aussi quand Françoise dit à Honoré qu'il vivrait, il sentit bien qu'elle le croyait et se persuada peu à peu de le croire:
«Si je dois mourir, je ne serai plus jaloux quand je serai mort; mais jusqu'à ce que je sois mort? Tant que mon corps vivra, oui! Mais puisque je ne suis jaloux que du plaisir, puisque c'est mon corps qui est jaloux, puisque ce dont je suis jaloux, ce n'est pas de son cœur, ce n'est pas de son bonheur, que je veux, par qui sera le plus capable de le faire; quand mon corps s'effacera, quand l'âme l'emportera sur lui, quand je serai détaché peu à peu des choses matérielles comme un soir déjà quand j'ai été très malade, alors que je ne désirerai plus follement le corps et que j'aimerai d'autant plus l'âme, je ne serai plus jaloux. Alors véritablement j'aimerai. Je ne peux pas bien concevoir ce que ce sera, maintenant que mon corps est encore tout vivant et révolté, mais je peux l'imaginer un peu, par ces heures ou ma main dans la main de Françoise, je trouvais dans une tendresse infinie et sans désirs l'apaisement de mes souffrances et de ma jalousie. J'aurai bien du chagrin en la quittant, mais de ce chagrin qui autrefois me rapprochait encore de moi-même, qu'un ange venait consoler en moi, ce chagrin qui m'a révélé l'ami mystérieux des jours de malheur, mon âme, ce chagrin calme, grâce auquel je me sentirai plus beau pour paraître devant Dieu, et non la maladie horrible qui m'a fait mal pendant si longtemps sans élever mon cœur, comme un mal physique qui lancine, qui dégrade et qui diminue. C'est avec mon corps, avec le désir de son corps que j'en serai délivré. - Oui mais jusque-là, que deviendrai-je? plus faible, plus incapable d'y résister que jamais, abattu sur mes deux jambes cassés, quand, voulant couvrir à elle pour voir qu'elle n'est pas où j'aurai rêvé, je resterai là, sans pouvoir bouger, berné par tous ceux qui pourront "se la payer" tant qu'ils voudront à ma face d'infirme qu'ils ne craindront plus.»
La nuit du dimanche au matin, il rêva qu'il étouffait, sentait un poids énorme sur sa poitrine. Il demandait grâce, n'avait plus la force de déplacer tout ce poids, le sentiment que tout cela était ainsi sur lui depuis très longtemps lui était inexplicable, il ne pouvait pas le tolérer une seconde de plus, il suffoquait. Tout d'un coup, il se sentit miraculeusement allégé de tout ce fardeau qui s'éloignait, s'éloignait, l'ayant à jamais délivré. Et il se dit: «Je suis mort!»
Et, au-dessus de lui, il apercevait monter tout ce qui avait si longtemps pesé ainsi sur lui à l'étouffer; il crut d'abord que c'était l'image de Gouvres, puis seulement ses soupçons, puis ses désirs, puis cette attente d'autrefois dès le matin, criant vers le moment où il verrait Françoise, puis la pensée de Françoise. Cela prenait à toute minute une autre forme, comme un nuage, cela grandissait, grandissait sans cesse, et maintenant il ne s'expliquait plus comment cette chose qu'il comprenait être immense comme le monde avait pu être sur lui, sur son petit corps d'homme faible, sur son pauvre cœur d'homme sans énergie et comment il n'en avait pas été écrasé. Et il comprit aussi qu'il en avait été écrasé et que c'était une vie d'écrasé qu'il avait menée. Et cette immense chose qui avait pesé sur sa poitrine de toute la force du monde, il comprit que c'était son amour.
Puis il se redit: «Vie d'écrasé!» et il se rappela qu'au moment où le cheval l'avait renversé, il s'était dit: «Je vais être écrasé», il se rappela sa promenade, qu'il devait ce matin-là aller déjeuner avec Françoise, et alors, par ce détour, la pensée de son amour lui revint. Et il se dit: «Est-ce mon amour qui pesait sur moi? Qu'est-ce que ce serait si ce n'était mon amour? Mon caractère, petit-être? Moi? ou encore la vie?» Puis il pensa: «Non, quand je mourrai, je ne serai pas délivré de mon amour, mais de mes désirs charnels, de mon envie charnelle, de ma jalousie.» Alors il dit: «Mon Dieu, faites venir cette heure, faites-la venir vite, mon Dieu, que je connaisse le parfait amour.»
Le dimanche soir, la péritonite s'était déclarée; le lundi matin vers dix heures, il fut pris de fièvre, voulait Françoise, l'appelait, les yeux ardents: «Je veux que tes yeux brillent aussi, je veux te faire plaisir comme je ne t'ai jamais fait… je veux te faire… je t'en ferai mal.» Puis soudain, il pâlissait de fureur. «Je vois bien pourquoi tu ne veux pas, je sais bien ce que tu t'es fait faire ce matin, et où et par qui, et je sais qu'il voulait me faire chercher, me mettre derrière la porte pour que je vous voie, sans pouvoir me jeter sur vous, puisque je n'ai plus mes jambes, sans pouvoir vous empêcher, parce que vous auriez eu encore plus de plaisir en me voyant là pendant; il sait si bien tout ce qu'il faut pour te faire plaisir, mais je le tuerai avant, avant je te tuerai, et encore avant je me tuerai. Vois! je me suis tué!» Et il retombait sans force sur l'oreiller.
Il se calma peu à peu et toujours cherchant avec qui elle pourrait se marier après sa mort, mais c'étaient toujours les images qu'il écartait, celle de François de Gouvres, celle de Buivres, celles qui le torturaient, qui revenaient toujours.
À midi, il avait reçu les sacrements. Le médecin avait dit qu'il ne passerait pas l'après-midi. Il perdait extrêmement vite ses forces, ne pouvait plus absorber de nourriture, n'entendait presque plus. Sa tête restait libre et sans rien dire, pour ne pas faire de peine à Françoise qu'il voyait accablée, il pensait à elle après qu'il ne serait plus rien, qu'il ne saurait plus rien d'elle, qu'elle ne pourrait plus l'aimer.
Les noms qu'il avait dits machinalement, le matin encore, de ceux qui la posséderait peut-être, se remirent à défiler dans sa tête pendant que ses yeux suivaient une mouche qui s'approchait de son doigt comme si elle voulait le toucher, puis s'envolait et revenait sans le toucher pourtant; et comment, ramenant son attention un moment endormie, revenait le nom de François de Gouvres, et il se dit peut être qu'en effet il la posséderait en même temps il pensait: «Peut-être la mouche va-t-elle toucher le drap? non, pas encore», alors se tirant brusquement de sa rêverie: «Comment? l'une des deux choses ne me paraît pas plus importante que l'autre! Gouvres possédera-t-il Françoise, la mouche touchera-t-elle le drap? oh! la possession de Françoise est un peu plus importante.» Mais l'exactitude avec laquelle il voyait la différence qui séparait les deux événements lui montra qu'ils le touchaient pas beaucoup plus l'un que l'autre. Et il se dit: «Comment, cela m'est si égal! comme c'est triste.» Puis il s'aperçut qu'il ne disait: «Comme c'est triste» que par habitude et qu'ayant changé tout à fait, il n'était plus triste d'avoir changé. Un vague sourire desserra ses lèvres. «Voilà, se dit-il, mon pur amour pour Françoise. Je ne suis plus jaloux, c'est que je suis Dieu près de la mort; mais qu'importe, puisque cela était nécessaire pour que j'éprouve enfin pour Françoise le véritable amour.» Mais alors, levant les yeux, il aperçut Françoise, au milieu des domestiques, du docteur, de deux vieilles parentes, qui tous priaient là près de lui. Et il s'aperçut que l'amour, pur de tout égoïsme, de toute sensualité, qu'il voulait si doux, si vaste et si divin en lui, chérissait les vieilles parentes, les domestiques, le médecin lui-même, autant que Françoise, et qu'ayant déjà pour elle l'amour de toutes les créatures à qui son âme semblable à la leur l'unissait maintenant, il n'avait plus d'autre amour pour elle. Il ne pouvait même pas en concevoir de la peine tant tout l'amour exclusif d'elle, l'idée même d'une préférence pour elle, était maintenant abolie.
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