Guy de Maupassant - La maison Tellier (1881)

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La maison Tellier (1881): краткое содержание, описание и аннотация

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La Maison Tellier est une nouvelle de Guy de Maupassant publiée en 1881 dans le recueil de nouvelles homonyme, puis reprise dans les revues La Lanterne en février 1889 et Gil Blas en octobre 1892.
Se situant dans la continuité des récits sur la prostitution, elle constitue la nouvelle réaliste la plus célèbre de Maupassant après « Boule de suif ».
La maison close d'une petite ville normande, tenue par Madame Tellier, est « fermée pour cause de première communion » au grand dam des habitués. Après un voyage en chemin de fer, les pensionnaires assistent à la cérémonie et sont émues par Constance, nièce de Madame Tellier, et l’atmosphère de recueillement de l’église, si bien qu'elles passeront pour de saintes femmes. Après l'événement sacré, Joseph Rivet, le frère de Mme Tellier, donne une fête en l'honneur de ces visiteuses qui lui ont valu d'être le point de mire du village. Mais à la fin des festivités, éméché, il cherche à obtenir plus…

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Or, vers la mi-septembre, il faisait très beau temps à ce moment-là, je sortis de chez moi une après-midi, sans savoir où j’irais. On a toujours un vague désir de faire une visite à une jolie femme quelconque. On choisit dans sa galerie, on les compare dans sa pensée, on pèse l’intérêt qu’elles vous inspirent, le charme qu’elles vous imposent et on se décide enfin suivant l’attraction du jour. Mais quand le soleil est très beau et l’air tiède, ils vous enlèvent souvent toute envie de visites.

Le soleil était beau, et l’air tiède ; j’allumai un cigare et je m’en allai tout bêtement sur le boulevard extérieur. Puis, comme je flânais, l’idée me vint de pousser jusqu’au cimetière Montmartre et d’y entrer.

J’aime beaucoup les cimetières, moi, ça me repose et me mélancolise : j’en ai besoin. Et puis, il y a aussi de bons amis là dedans, de ceux qu’on ne va plus voir ; et j’y vais encore, moi, de temps en temps.

Justement, dans ce cimetière Montmartre, j’ai une histoire de cœur, une maîtresse qui m’avait beaucoup pincé, très ému, une charmante petite femme dont le souvenir, en même temps qu’il me peine énormément, me donne des regrets… des regrets de toute nature… Et je vais rêver sur sa tombe… C’est fini pour elle.

Et puis, j’aime aussi les cimetières parce que ce sont des villes monstrueuses, prodigieusement habitées. Songez donc à ce qu’il y a de morts dans ce petit espace, à toutes les générations de Parisiens qui sont logés là, pour toujours, troglodytes définitifs enfermés dans leurs petits caveaux, dans leurs petits trous couverts d’une pierre ou marqués d’une croix, tandis que les vivants occupent tant de place et font tant de bruit, ces imbéciles.

Puis encore, dans les cimetières, il y a des monuments presque aussi intéressants que dans les musées. Le tombeau de Cavaignac m’a fait songer, je l’avoue, sans le comparer, à ce chef-d’œuvre de Jean Goujon : le corps de Louis de Brézé, couché dans la chapelle souterraine de la cathédrale de Rouen ; tout l’art dit moderne et réaliste est venu de là, Messieurs. Ce mort, Louis de Brézé, est plus vrai, plus terrible, plus fait de chair inanimée, convulsée encore par l’agonie, que tous les cadavres tourmentés qu’on tortionne aujourd’hui sur les tombes.

Mais au cimetière Montmartre on peut encore admirer le monument de Baudin, qui a de la grandeur ; celui de Gautier, celui de Mürger, où j’ai vu l’autre jour une seule pauvre couronne d’immortelles jaunes, apportée par qui ? par la dernière grisette, très vieille, et concierge aux environs, peut-être ? C’est une jolie statuette de Millet, mais que détruisent l’abandon et la saleté. Chante la jeunesse, ô Mürger !

Me voici donc entrant dans le cimetière Montmartre, et tout à coup imprégné de tristesse, d’une tristesse qui ne faisait pas trop de mal, d’ailleurs, une de ces tristesses qui vous font penser, quand on se porte bien : « Ça n’est pas drôle, cet endroit-là, mais le moment n’en est pas encore venu pour moi… ».

L’impression de l’automne, de cette humidité tiède qui sent la mort des feuilles et le soleil affaibli, fatigué, anémique, aggravait en la poétisant la sensation de solitude et de fin définitive flottant sur ce lieu qui sent la mort des hommes.

Je m’en allais à petits pas dans ces rues de tombes où les voisins ne voisinent point, ne couchent plus ensemble et ne lisent pas de journaux. Et je me mis, moi, à lire les épitaphes. Ça, par exemple, c’est la chose la plus amusante du monde. Jamais Labiche, jamais Meilhac ne m’ont fait rire comme le comique de la prose tombale. Ah ! quels livres supérieurs à ceux de Paul de Kock pour ouvrir la rate que ces plaques de marbre et ces croix où les parents des morts ont épanché leurs regrets, leurs vœux pour le bonheur du disparu dans l’autre monde, et leur espoir de le rejoindre – blagueurs !

Mais j’adore surtout, dans ce cimetière, la partie abandonnée, solitaire, pleine de grands ifs et de cyprès, vieux quartier des anciens morts qui redeviendra bientôt un quartier neuf, dont on abattra les arbres verts, nourris de cadavres humains, pour aligner les récents trépassés sous de petites galettes de marbre.

Quand j’eus erré le temps de me rafraîchir l’esprit, je compris que j’allais m’ennuyer et qu’il fallait porter au dernier lit de ma petite amie l’hommage fidèle de mon souvenir. J’avais le cœur un peu serré en arrivant près de sa tombe. Pauvre chère, elle était si gentille, et si amoureuse, et si blanche, et si fraîche… et maintenant… si on ouvrait ça…

Penché sur la grille de fer, je lui dis tout bas ma peine, qu’elle n’entendit point sans doute, et j’allais partir quand je vis une femme en noir, en grand deuil, qui s’agenouillait sur le tombeau voisin. Son voile de crêpe relevé laissait apercevoir une jolie tête blonde, dont les cheveux en bandeaux semblaient éclairés par une lumière d’aurore sous la nuit de sa coiffure. Je restai.

Certes, elle devait souffrir d’une profonde douleur. Elle avait enfoui son regard dans ses mains et, rigide, en une méditation de statue, partie en ses regrets, égrenant dans l’ombre des yeux cachés et fermés le chapelet torturant des souvenirs, elle semblait elle-même être une morte qui penserait à un mort. Puis tout à coup je devinai qu’elle allait pleurer, je le devinai à un petit mouvement du dos pareil à un frisson de vent dans un saule. Elle pleura doucement d’abord, puis plus fort, avec des mouvements rapides du cou et des épaules. Soudain elle découvrit ses yeux. Ils étaient pleins de larmes et charmants, des yeux de folle qu’elle promena autour d’elle, en une sorte de réveil de cauchemar. Elle me vit la regarder, parut honteuse et se cacha encore toute la figure dans ses mains. Alors ses sanglots devinrent convulsifs et sa tête lentement se pencha vers le marbre. Elle y posa son front et son voile, se répandant autour d’elle, couvrit les angles blancs de la sépulture aimée, comme un deuil nouveau. Je l’entendis gémir, puis elle s’affaissa, sa joue sur la dalle, et demeura immobile, sans connaissance.

Je me précipitai vers elle, je lui frappai dans les mains, je soufflai sur ses paupières, tout en lisant l’épitaphe très simple : « Ici repose Louis-Théodore Carrel, capitaine d’infanterie de marine, tué par l’ennemi, au Tonkin. Priez pour lui. »

Cette mort remontait à quelques mois. Je fus attendri jusqu’aux larmes et je redoublai mes soins. Ils réussirent ; elle revint à elle. J’avais l’air très ému – je ne suis pas trop mal, je n’ai pas quarante ans. Je compris à son premier regard qu’elle serait polie et reconnaissante. Elle le fut, avec d’autres larmes, et son histoire contée, sortie par fragments de sa poitrine haletante, la mort de l’officier tombé au Tonkin, au bout d’un an de mariage, après l’avoir épousée par amour, car, orpheline de père et de mère, elle avait tout juste la dot réglementaire.

Je la consolai, je la réconfortai, je la soulevai, je la relevai. Puis je lui dis :

— Ne restez pas ici. Venez.

Elle murmura :

— Je suis incapable de marcher.

— Je vais vous soutenir.

— Merci, Monsieur, vous êtes bon. Vous veniez également ici pleurer un mort ?

— Oui, Madame.

— Une morte ?

— Oui, Madame.

— Votre femme ?

— Une amie.

— On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de loi.

— Oui, Madame.

Et nous voilà partis ensemble, elle appuyée sur moi, moi la portant presque par les chemins du cimetière. Quand nous en fûmes sortis, elle murmura défaillante :

— Je crois que je vais me trouver mal.

— Voulez-vous entrer quelque part, prendre quelque chose ?

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