Guy de Maupassant - Miss Harriet (1884)

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Miss Harriet (1884): краткое содержание, описание и аннотация

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Miss Harriet est un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant, publié en 1884.
La plupart des contes ont fait l'objet d'une publication antérieure dans des journaux comme Le Gaulois ou Gil Blas, parfois sous le pseudonyme de Maufrigneuse. Le recueil est publié le 22 avril 1884 chez l'éditeur Victor Havard.

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Il entra dans la salle à manger pour tout vérifier. Au milieu de la petite pièce, la table ronde faisait une grande tache blanche, sous la lumière vive de la lampe coiffée d’un abat-jour vert.

Les quatre assiettes, couvertes d’une serviette pliée en bonnet d’évêque par Mlle Cachelin, la tante, étaient flanquées des couverts de métal blanc et précédées de deux verres, un grand et un petit. César trouva cela insuffisant comme coup d’œil, et il appela : « Charlotte ! » La porte de gauche s’ouvrit et une courte vieille parut. Plus âgée que son frère de dix ails, elle avait une étroite figure qu’encadraient des frisons de cheveux blancs obtenus au moyen de papillotes. Sa voix mince semblait trop faible pour son petit corps courbé, et elle allait d’un pas un peu traînant, avec des gestes endormis.

On disait d’elle, au temps de sa jeunesse : « Quelle mignonne créature ! »

Elle était maintenant une maigre vieille, très propre par suite d’habitudes anciennes, volontaire, entêtée, avec un esprit étroit, méticuleux, et facilement irritable. Devenue très dévote, elle semblait avoir totalement oublié les aventures des jours passés.

Elle demanda : « Qu’est-ce que tu veux ? »

Il répondit : « Je trouve que deux verres ne font pas grand effet. Si on donnait du champagne… Cela ne me coûtera jamais plus de trois ou quatre francs, et on pourrait mettre tout de suite les flûtes. On changerait tout à fait l’aspect de la salle. »

Mlle Charlotte reprit : « Je ne vois pas l’utilité de cette dépense. Enfin, c’est toi qui payes, cela ne me regarde pas. »

Il hésitait, cherchant à se convaincre lui-même : « Je t’assure que cela fera mieux. Et puis, pour le gâteau des Rois, ça animera. » Cette raison l’avait décidé. Il prit son chapeau et redescendit l’escalier, puis revint au bout de cinq minutes avec une bouteille qui portait au flanc, sur une large étiquette blanche ornée d’armoiries énormes. « Grand vin mousseux de Champagne du comte de Chatel-Rénovau. »

Et Cachelin déclara : « Il ne me coûte que trois francs, et il parait qu’il est exquis. »

Il prit lui-même les flûtes dans une armoire et les plaça devant les convives.

La porte de droite s’ouvrit. Sa fille entra. Elle était grande, grasse et rose, une belle fille de forte race, avec des cheveux châtains et des yeux bleus. Une robe simple dessinait sa taille ronde et souple ; sa voix forte, presque une voix d’homme, avait ces notes graves qui font vibrer les nerfs. Elle s’écria : « Dieu ! du champagne ! quel bonheur ! » en battant des mains d’une manière enfantine.

Son père lui dit : « Surtout, sois aimable pour ce monsieur qui m’a rendu beaucoup de services. »

Elle se mit à rire d’un rire sonore qui disait : « Je sais. »

Le timbre du vestibule tinta, des portes s’ouvrirent et se fermèrent. Lesable parut. Il portait un habit noir, une cravate blanche et des gants blancs. Il fit un effet. Cachelin s’était élancé, confus et ravi : « Mais mon cher, c’était entre nous ; voyez, moi, je suis en veston. »

Le jeune homme répondit : « Je sais, vous me l’aviez dit, mais j’ai l’habitude de ne jamais sortir le soir sans mon habit. » Il saluait, le claque sous le bras, une fleur à la boutonnière. César lui présenta : « Ma sœur, Mlle Charlotte — ma fille, Coralie, que nous appelons familièrement Cora. »

Tout le monde s’inclina. Cachelin reprit : « Nous n’avons pas de salon. C’est un peu gênant, mais on s’y fait. » Lesable répliqua : « C’est charmant ! »

Puis on le débarrassa de son chapeau qu’il voulait garder. Et il se mit aussitôt à retirer ses gants.

On s’était assis ; on le regardait de loin, à travers la table, et on ne disait plus rien. Cachelin demanda : « Est-ce que le chef est resté tard ? Moi je suis parti de bonne heure pour aider ces dames. »

Lesable répondit d’un ton dégagé : « Non. Nous sommes sortis ensemble parce que nous avions à parler de la solution des toiles de prélarts de Brest. C’est une affaire fort compliquée qui nous donnera bien du mal. »

Cachelin crut devoir mettre sa sœur au courant, et se tournant vers elle : « Toutes les questions difficiles au bureau, c’est M. Lesable qui les traite. On peut dire qu’il double le chef. »

La vieille fille salua poliment en déclarant : « Oh ! je sais que Monsieur a beaucoup de capacités. »

La bonne entra, poussant la porte du genou et tenant en l’air, des deux mains, une grande soupière. Alors « le maître » cria : « Allons, à table ! Placez-vous là, Monsieur Lesable, entre ma sœur et ma fille. Je pense que vous n’avez pas peur des dames. » Et le dîner commença.

Lesable faisait l’aimable, avec un petit air de suffisance, presque de condescendance, et il regardait de coin la jeune fille, s’étonnant de sa fraîcheur, de sa belle santé appétissante. Mlle Charlotte se mettait en frais, sachant les intentions de son frère, et elle soutenait la conversation banale accrochée à tous les lieux communs. Cachelin, radieux, parlait haut, plaisantait, versait le vin acheté une heure plus tôt chez le marchand du coin : « Un verre de ce petit bourgogne, Monsieur Lesable. Je ne vous dis pas que ce soit un grand cru, mais il est bon, il a de la cave et il est naturel ; quant à ça, j’en réponds. Nous l’avons par des amis qui sont de là-bas. »

La jeune fille ne disait rien, un peu rouge, un peu timide, gênée par le voisinage de cet homme dont elle soupçonnait les pensées.

Quand le homard apparut, César déclara : « Voilà un personnage avec qui je ferais volontiers connaissance. » Lesable, souriant, raconta qu’un écrivain avait appelé le homard « le cardinal des mers », ne sachant pas qu’avant d’être cuit cet animal était noir. Cachelin se mit à rire de toute sa force en répétant : « Ah ! ah ! ah ! elle est bien drôle. » Mais Mlle Charlotte, devenue furieuse, se fâcha : « Je ne vois pas quel rapport on a pu faire. Ce monsieur-là était déplacé. Moi je comprends toutes les plaisanteries, toutes, mais je m’oppose à ce qu’on ridiculise le clergé devant moi. »

Le jeune homme, qui voulait plaire à la vieille fille, profita de l’occasion pour faire une profession de foi catholique. Il parla des gens de mauvais goût qui traitent avec légèreté les grandes vérités. Et il conclut : « Moi, je respecte et je vénère la religion de mes pères, j’y a’ été élevé, j’y resterai jusqu’à ma mort. »

Cachelin ne riait plus. Il roulait des boulettes de pain en murmurant : « C’est juste, c’est juste. » Puis il changea la conversation qui l’ennuyait, et par une pente d’esprit naturelle à tous ceux qui accomplissent chaque jour la morne besogne, il demanda : « Le beau Maze a-t-il dû rager de n’avoir pas son avancement, hein ? »

Lesable sourit : « Que voulez-vous ? à chacun selon ses actes ! » Et on causa du ministère, ce qui passionnait tout le monde, car les deux femmes connaissaient les employés presque autant que Cachelin lui-même, à force d’entendre parler d’eux chaque soir. Mlle Charlotte s’occupait beaucoup de Boissel, à cause des aventures qu’il racontait et de son esprit romanesque, et Mlle Cora s’intéressait secrètement au beau Maze. Elles ne les avaient jamais vus, d’ailleurs.

Lesable parlait d’eux avec un ton de supériorité, comme aurait pu le faire un ministre jugeant son personnel. On l’écoutait : « Maze ne manque point d’un certain mérite ; mais quand on veut arriver, il faut travailler plus que lui. Il aime le monde, les plaisirs. Tout cela apporte un trouble dans l’esprit. Il n’ira jamais loin, par sa faute. Il sera sous-chef, peut-être, grâce à ses influences, mais rien de plus. Quant à Pitolet, il rédige bien, il faut le reconnaître, il a une élégance de forme qu’on ne peut nier, mais pas de fond. Chez lui tout est en surface. C’est un garçon qu’on ne pourrait mettre à la tête d’un service important, mais qui pourrait être utilisé par un chef intelligent en lui mâchant la besogne. »

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