Guy de Maupassant - Miss Harriet (1884)

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Miss Harriet (1884): краткое содержание, описание и аннотация

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Miss Harriet est un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant, publié en 1884.
La plupart des contes ont fait l'objet d'une publication antérieure dans des journaux comme Le Gaulois ou Gil Blas, parfois sous le pseudonyme de Maufrigneuse. Le recueil est publié le 22 avril 1884 chez l'éditeur Victor Havard.

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En cinq minutes nous fûmes d’accord, et je déposai mon sac sur le sol de terre d’une pièce rustique, meublée d’un lit, de deux chaises, d’une table et d’une cuvette. Elle donnait dans la cuisine, grande, enfumée, où les pensionnaires prenaient leurs repas avec les gens de la ferme et la patronne, qui était veuve. Je me lavai les mains, puis je ressortis. La vieille faisait fricasser un poulet pour le dîner dans sa large cheminée où pendait la crémaillère noire de fumée.

— Vous avez donc des voyageurs en ce moment ? lui dis-je.

Elle répondit, de son air mécontent : « J’ons eune dame, eune Anglaise d’âge. Alle occupe l’autre chambre. »

J’obtins, moyennant une augmentation de cinq sols par jour, le droit de manger seul dans la cour quand il ferait beau.

On mit donc mon couvert devant la porte, et je commençai à dépecer à coups de dents les membres maigres de la poule normande en buvant du cidre clair et en mâchant du gros pain blanc, vieux de quatre jours, mais excellent.

Tout à coup la barrière de bois qui donnait sur le chemin s’ouvrit, et une étrange personne se dirigea vers la maison. Elle était très maigre, très grande, tellement serrée dans un châle écossais à carreaux rouges, qu’on l’eût crue privée de bras si on n’avait vu une longue main paraître à la hauteur des hanches, tenant une ombrelle blanche de touriste. Sa figure de momie, encadrée de boudins de cheveux gris roulés, qui sautillaient à chacun de ses pas, me fit penser, je ne sais pourquoi, à un hareng saur qui aurait porté des papillotes. Elle passa devant moi vivement, en baissant les yeux, et s’enfonça dans la chaumière.

Cette singulière apparition m’égaya ; c’était ma voisine assurément, l’Anglaise d’âge dont avait parlé notre hôtesse.

Je ne la revis pas ce jour-là. Le lendemain, comme je m’étais installé pour peindre au fond de ce vallon charmant que vous connaissez et qui descend jusqu’à Étretat, j’aperçus, en levant les yeux tout à coup, quelque chose de singulier dressé sur la crête du coteau ; on eût dit un mât pavoisé. C’était elle. En me voyant, elle disparut.

Je rentrai à midi pour déjeuner et je pris place à la table commune, afin de faire connaissance avec cette vieille originale. Mais elle ne répondit pas à mes politesses, insensible même à mes petits soins. Je lui versais de l’eau avec obstination, je lui passais les plats avec empressement. Un léger mouvement de tête, presque imperceptible, et un mot anglais murmuré si bas que je ne l’entendis point, étaient ses seuls remerciements.

Je cessai de m’occuper d’elle, bien qu’elle inquiétât ma pensée.

Au bout de trois jours j’en savais sur elle aussi long que Mme Lecacheur elle-même.

Elle s’appelait Miss Harriet. Cherchant un village perdu pour y passer l’été, elle s’était arrêtée à Bénouville, six semaines auparavant et ne semblait point disposée à s’en aller. Elle ne parlait jamais à table, mangeait vite, tout en lisant un petit livre de propagande protestante. Elle en distribuait à tout le monde, de ces livres. Le curé lui-même en avait reçu quatre apportés par un gamin moyennant deux sous de commission. Elle disait quelquefois à notre hôtesse, tout à coup, sans que rien préparât cette déclaration : « Je aimé le Seigneur plus que tout ; je le admiré dans toute son création, je le adoré dans toute son nature, je le pôrté toujours dans mon cœur. » Et elle remettait aussitôt à la paysanne interdite une de ses brochures destinées à convertir l’univers.

Dans le village on ne l’aimait point. L’instituteur ayant déclaré : « C’est une athée », une sorte de réprobation pesait sur elle. Le curé, consulté par Mme Lecacheur, répondit : « C’est une hérétique, mais Dieu ne veut pas la mort du pécheur, et je la crois une personne d’une moralité parfaite. »

Ces mots « Athée — Hérétique » dont on ignorait le sens précis, jetaient des doutes dans les esprits. On prétendait en outre que l’Anglaise était riche et qu’elle avait passé sa vie à voyager dans tous les pays du monde, parce que sa famille l’avait chassée. Pourquoi sa famille l’avait-elle chassée ? À cause de son impiété naturellement.

C’était, en vérité, une de ces exaltées à principes, une de ces puritaines opiniâtres comme l’Angleterre en produit tant, une de ces vieilles et bonnes filles insupportables qui hantent toutes les tables d’hôte de l’Europe, gâtent l’Italie, empoisonnent la Suisse, rendent inhabitables les villes charmantes de la Méditerranée, apportent partout leurs manies bizarres, leurs mœurs de vestales pétrifiées, leurs toilettes indescriptibles et une certaine odeur de caoutchouc qui ferait croire qu’on les glisse, la nuit, dans un étui.

Quand j’en apercevais une dans un hôtel, je me sauvais comme les oiseaux qui voient un mannequin dans un champ.

Celle-là cependant me paraissait tellement singulière qu’elle ne me déplaisait point.

Mme Lecacheur, hostile par instinct à tout ce qui n’était pas paysan, sentait en son esprit borné une sorte de haine pour les allures extatiques de la vieille fille. Elle avait trouvé un terme pour la qualifier, un terme méprisant assurément, venu je ne sais comment sur ses lèvres, appelé par je ne sais quel confus et mystérieux travail d’esprit. Elle disait : « C’est une démoniaque. » Et ce mot, collé sur cet être austère et sentimental, me semblait d’un irrésistible comique. Je ne l’appelais plus moi-même que « la démoniaque », éprouvant un plaisir drôle à prononcer tout haut ces syllabes en l’apercevant.

Je demandais à la mère Lecacheur : « Eh bien ! qu’est-ce que fait notre démoniaque aujourd’hui ? »

Et la paysanne répondait d’un air scandalisé :

« Croiriez-vous, Monsieur, qu’all’ a ramassé un crapaud dont on avait pilé la patte, et qu’all l’a porté dans sa chambre, et qu’all’ l’a mis dans sa cuvette et qu’all’ y met un pansage comme à un homme. Si c’est pas une profanation ! »

Une autre fois, en se promenant au pied de la falaise, elle avait acheté un gros poisson qu’on venait de pêcher, rien que pour le rejeter à la mer. Et le matelot, bien que payé largement, l’avait injuriée à profusion, plus exaspéré que si elle lui eût pris son argent dans sa poche. Après un mois il ne pouvait encore parler de cela sans se mettre en fureur et sans crier des outrages. Oh, oui ! c’était bien une démoniaque, miss Harriet, la mère Lecacheur avait eu une inspiration de génie en la baptisant ainsi.

Le garçon d’écurie, qu’on appelait Sapeur parce qu’il avait servi en Afrique dans son jeune temps, nourrissait d’autres opinions. Il disait d’un air malin : « Ça est une ancienne qu’a fait son temps. »

Si la pauvre fille avait su ?

La petite bonne Céleste ne la servait pas volontiers, sans que j’eusse pu comprendre pourquoi. Peut-être uniquement parce qu’elle était étrangère, d’une autre race, d’une autre langue, et d’une autre religion. C’était une démoniaque enfin !

Elle passait son temps à errer par la campagne, cherchant et adorant Dieu dans la nature. Je la trouvai, un soir, à genoux dans un buisson. Ayant distingué quelque chose de rouge à travers les feuilles, j’écartai les branches, et miss Harriet se dressa, confuse d’avoir été vue ainsi, fixant sur moi des yeux effarés comme ceux des chats-huants surpris en plein jour.

Parfois, quand je travaillais dans les rochers, je l’apercevais tout à coup sur le bord de la falaise, pareille à un signal de sémaphore. Elle regardait passionnément la vaste mer dorée de lumière et le grand ciel empourpré de feu. Parfois je la distinguais au fond d’un vallon, marchant vite, de son pas élastique d’Anglaise ; et j’allais vers elle, attiré je ne sais par quoi, uniquement pour voir son visage d’illuminée, son visage sec, indicible, content d’une joie intérieure et profonde.

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