Guy de Maupassant - La vie errante (1890)

Здесь есть возможность читать онлайн «Guy de Maupassant - La vie errante (1890)» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Классическая проза, Публицистика, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

La vie errante (1890): краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «La vie errante (1890)»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

La Vie errante est un récit de voyages écrit par Guy de Maupassant et publié en 1890.
Au travers un récit de voyage littéraire en Méditerranée ainsi qu'au Maghreb à la fin du xixe siècle, Maupassant a réalisé une enquête journalistique, attiré par l'exotisme de ces pays. Il découvre avec émerveillement les pays lumineux et accueillants du Maghreb. Sensible à la beauté des paysages et fasciné par la vie quotidienne de ces habitants, il rédige plusieurs chroniques qui seront publiés dans Le Gaulois et La Revue des deux Mondes. Ces chroniques seront réunies dans l'ouvrage La vie errante en 1890 publié aux éditions Ollendorff.
Cette œuvre est une compilation de plusieurs chroniques où la chronologie de l'itinéraire n'est pas exacte : le texte de son unique voyage en Sicile est paru, en novembre 1885, dans La Nouvelle Revue alors que le premier chapitre Lassitude est postérieur à l'Exposition Universelle (marquée par l'inauguration de la tour Eiffel) de 1889.

La vie errante (1890) — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «La vie errante (1890)», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Ce qui fait si violente Impression produite par ces monuments siciliens, c’est que l’art de la décoration y est plus saisissant au premier coup d’œil que l’art de l’architecture.

L’harmonie des lignes et des proportions n’est qu’un cadre à l’harmonie des nuances.

On éprouve, en entrant dans nos cathédrales gothiques, une sensation sévère, presque triste. Leur grandeur est imposante, leur majesté frappe, mais ne séduit pas. Ici, on est conquis, ému par ce quelque chose de presque sensuel que la couleur ajoute à la beauté des formes.

Les hommes qui conçurent et exécutèrent ces églises lumineuses et sombres pourtant, avaient certes une idée tout autre du sentiment religieux que les architectes des cathédrales allemandes ou françaises ; et leur génie spécial s’inquiéta surtout de faire entrer le jour dans ces nefs si merveilleusement décorées, de façon qu’on ne le sentit pas, qu’on ne le vit point, qu’il s’y glissât, qu’il effleurât seulement les murs, qu’il y produisit des effets mystérieux et charmants, et que la lumière semblât venir des murailles elles-mêmes, des grands ciel d’or peuplés d’apôtres.

La chapelle Palatine, construite en 1132 par le roi Roger II, dans le style gothique normand, est une petite basilique à trois nefs. Elle n’a que trente-trois mètres de long et treize mètres de large, c’est donc un joujou, un bijou de basilique.

Deux lignes d’adorables colonnes de marbre, toutes différentes de couleur, conduisent sous la coupole, d’où vous regarde un Christ colossal, entouré d’anges aux ailes déployées. La mosaïque, qui forme le fond de la chapelle latérale de gauche, est un saisissant tableau. Elle représente saint Jean prêchant dans le désert. On dirait un Puvis de Chavannes plus coloré, plus puissant, plus naïf, moins voulu, fait dans des temps de foi violente par un artiste inspiré. L’apôtre parle à quelques personnes. Derrière lui, le désert, et, tout au fond, quelques montagnes bleuâtres, de ces montagnes aux lignes douces et perdues dans une brume, que connaissent bien tous ceux qui ont parcouru l’Orient. Au-dessus du saint, autour du saint, derrière le saint, un ciel d’or, un vrai ciel de miracle où Dieu semble présent.

En revenant vers la porte de sortie, on s’arrête sous la chaire, un simple carré de marbre roux, entouré d’une frise de marbre blanc incrustée de menues mosaïques, et porté sur quatre colonnes finement ouvragées. Et on s’émerveille de ce que peut faire le goût, le goût pur d’un artiste, avec si peu de chose.

Tout l’effet admirable de ces églises vient, d’ailleurs, du mélange et de l’opposition des marbres et des mosaïques. C’est là leur marque caractéristique. Tout le bas des murs, blanc et orné seulement de petits dessins, de fines broderies de pierre, fait ressortir puissamment, par le parti pris de simplicité, la richesse colorée des larges sujets qui couvrent le dessus.

Mais on découvre même dans ces menues broderies qui courent comme des dentelles de couleur sur la muraille inférieure, des choses délicieuses, grandes comme le fond de la main : ainsi deux paons qui, croisant leurs becs, portent une croix.

On retrouve dans plusieurs églises de Palerme ce même genre de décoration. Les mosaïques de la Martorana sont même, peut-être, d’une exécution plus remarquable que celle de la chapelle Palatine, mais on ne peut rencontrer, dans aucun mouvement, l’ensemble merveilleux qui rend unique ce chef-d’œuvre divin. Je reviens lentement à l’Hôtel des Palmes, qui possède un des plus beaux jardins de la ville, un de ces jardins de pays chauds, remplis de plantes énormes et bizarres. Un voyageur, assis sur un banc, me raconte en quelques instants les aventures de l’année, puis il remonte aux histoires des années passées, et il dit, dans une phrase :

— C’était au moment où Wagner habitait ici.

Je m’étonne :

— Comment ici, dans cet hôtel ?

— Mais oui. C’est ici qu’il a écrit les dernières notes de Parsifal et qu’il en a corrigé les épreuves.

Et j’apprends que l’illustre maître allemand a passé à Palerme un hiver tout entier, et qu’il a quitté cette ville quelques mois seulement avant sa mort. Comme partout, il a montré ici son caractère intolérable, son invraisemblable orgueil, et il a laissé le souvenir du plus insociable des hommes.

J’ai voulu voir l’appartement occupé par ce musicien génial, car il me semblait qu’il avait dû y mettre quelque chose de lui, et que je retrouverais un objet qu’il aimait, un siège préféré, la table où il travaillait, un signe quelconque indiquant son passage, la trace d’une manie ou la marque d’une habitude. Je ne vis rien d’abord qu’un bel appartement d’hôtel. On m’indiqua les changements qu’il y avait apportés, on me montra, juste au milieu de la chambre, la place du grand divan où il entassait les tapis brillants et brodés d’or.

Mais j’ouvris la porte de l’armoire à glace.

Un parfum délicieux et puissant s’envola comme la caresse d’une brise qui aurait passé sur un champ de rosiers.

Le maître de l’hôtel qui me guidait me dit :

— C’est là-dedans qu’il serrait son linge après l’avoir mouillé d’essence de roses. Cette odeur ne s’en ira jamais maintenant.

Je respirais cette haleine de fleurs, enfermée en ce meuble, oubliée là, captive ; et il me semblait y retrouver, en effet, quelque chose de Wagner, dans ce souffle qu’il aimait, un peu de lui, un peu de son désir, un peu de son âme, dans ce rien des habitudes secrètes et chères qui font la vie intime d’un homme.

Puis je sortis pour errer par la ville.

Personne ne ressemble moins à un Napolitain qu’un Sicilien. Dans le Napolitain du peuple on trouve toujours trois quarts de polichinelle. Il gesticule, s’agite, s’anime sans cause, s’exprime par les gestes autant que par les paroles, mime tout ce qu’il dit, se montre toujours aimable par intérêt, gracieux par ruse autant que par nature, et il répond par des gentillesses aux compliments désagréables.

Mais, dans le Sicilien, on trouve déjà beaucoup de l’Arabe. Il en a la gravité d’allure, bien qu’il tienne de l’Italien une grande vivacité d’esprit. Son orgueil natal, son amour des titres, la nature de sa fierté et la physionomie même de son visage le rapprochent aussi davantage de l’Espagnol que de l’Italien. Mais, ce qui donne sans cesse, dès qu’on pose le pied en Sicile, l’impression profonde de l’Orient, c’est le timbre de voix, l’intonation nasale des crieurs des rues. On la retrouve partout, la note aiguë de l’Arabe, cette note qui semble descendre du front dans la gorge, tandis que, dans le Nord, elle monte de la poitrine à la bouche. Et la chanson traînante, monotone et douce, entendue en passant par la porte ouverte d’une maison, est bien la même, par le rythme e et l’accent, que celle chantée par le cavalier vêtu de blanc qui guide les voyageurs à travers les grands espaces nus du désert.

Au théâtre, par exemple, le Sicilien redevient tout à fait Italien et il est fort curieux pour nous d’assister, à Rome, Naples ou Palerme, à quelque représentation d’opéra.

Toutes les impressions du public éclatent, aussitôt qu’il les éprouve. Nerveuse à l’excès, douée d’une oreille aussi délicate que sensible, aimant à la folie la musique, la foule entière devient une sorte de bête vibrante, qui sent et qui ne raisonne pas. En cinq minutes, elle applaudit avec enthousiasme et siffle avec frénésie le même acteur ; elle trépigne de joie ou de colère, et si quelque note fausse s’échappe de la gorge du chanteur, un cri étrange, exaspéré, suraigu, sort de toutes les bouches en même temps. Quand les avis sont partagés, les « chut » et les applaudissements se mêlent. Rien ne passe inaperçu de la salle attentive et frémissante qui témoigne, à tout instant, son sentiment, et qui parfois, saisie d’une colère soudaine, se met à hurler comme ferait une ménagerie de bêtes féroces.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «La vie errante (1890)»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «La vie errante (1890)» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «La vie errante (1890)»

Обсуждение, отзывы о книге «La vie errante (1890)» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x