Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Voici quatre pelotons de cinq ou six hommes chacun qui se détachent de la masse blanche. Un peu éloignés d’abord les uns des autres, les cinq ou les six cavaliers de chaque troupe, lancés sur nous au grand galop, s’unissaient tout à coup, comme s’ils se collaient ensemble, pour former une sorte de tourbillon opaque d’hommes aux burnous de toutes nuances voltigeant autour d’eux et de chevaux dont les jambes deviennent presque invisibles dans leur vertigineux mouvement. Au-dessus de ces trombes qui laissent derrière elles des nuages de poussière, les fusils s’agitent, voltigent, lancés en l’air et rattrapés au vol par les mains de ces acrobates centaures.

Ils approchent, stupéfiants de vitesse ; ils grandissent, ils sont sur nous sans ralentir leur élan fantastique. Les armes partent, la poudre coiffe les coureurs de panaches blancs qui se déroulent et s’allongent sur leurs têtes. La foule indigène répond par des clameurs et des applaudissements, tandis que les femmes arabes poussent ces cris suraigus et vibrants dont toujours et partout elles expriment leurs émotions de gaieté, de douleur ou de pieuse exaltation.

Les cavaliers chargent toujours. Ils sont à vingt mètres de nous. La masse des spectateurs recule, car des accidents arrivent quelquefois. Une petite émotion émeut une seconde notre tente où sont quelques invités et les femmes des fonctionnaires de Boghari, car il semble que ces fous emportés vont passer à travers nous comme des balles. Mais voilà qu’en un instant ils s’arrêtent brusquement, avec des secousses, des bondissements, des pirouettes sur place, un tas de mouvements brisés, jolis, imprévus, frémissants, de cavaliers de boîte à joujoux dont on arrête la mécanique.

Puis quand ils se furent séparés et éloignés au milieu des acclamations, on en aperçut deux seulement qui arrivaient à leur tour, deux poseurs équestres, préparant leur effet derrière le rideau des premiers. Ce ne sont plus des chevaux qui galopent, ce sont des animaux de légende, tant ils vont vite, tant ils sont légers et inimaginablement gracieux avec ces manteaux qui flottent et palpitent comme des drapeaux sur le dos de leurs maîtres.

D’autres, là-bas, se sont mis en route et accourent à leur tour. Il y en a six groupes, inégalement espacés. Derrière eux d’autres partent encore, et pendant une heure au moins, nous subissons les charges frénétiques, les fusillades ininterrompues qui nous claquent dans les oreilles, et la menace parfois réelle de l’invasion sous la tente. Les Arabes alors au service de l’administrateur se jettent à la tête des bêtes qui se cabrent en les soulevant.

Rien de plus charmant au monde, de plus original et de plus souple à voir que ce jeu inimaginable, ce défilé vertigineux de coups de fusil éclatant au galop fou des chevaux, quand on y assiste pour la première fois. Mais lorsqu’on le connaît déjà, il devient à la fin monotone, car aucune fantaisie nouvelle n’y est jamais introduite.

Voilà qu’il s’interrompt soudain ; et tous les cavaliers reviennent au pas. Pourquoi ?

El Hadji Ahmed, caïd des Zenakhra qui nous reçoivent, tribu sage, agricole et pacifique, se charge de l’apprendre à l’administrateur civil. On n’a plus de poudre. C’est le gouvernement qui l’offre pour cette fête. Elle est empaquetée et emmagasinée dans la tente voisine sous la garde de spahis, sans quoi la provision serait déjà pillée.

La poudre excite le désir des Arabes comme les diamants, les perles et les pierres précieuses, celui des femmes coquettes. Pour eux, c’est le bruit et la fumée grisants, la chasse et la guerre.

On annonce la distribution que l’administrateur adjoint va commencer et des centaines d’hommes à cheval, pirouettant et cabriolant, entourent cette tente comme un trésor. Les spahis sont sur leur garde, le fusil d’ordonnance au dos et la matraque à la main, car il va falloir frapper, peut-être ; oui, on frappera. La poudre est trop tentante pour qu’on ne se jette pas dessus, quand on la voit à sa portée.

Pendant quelques minutes le partage des boîtes eut lieu su milieu d’une bousculade et d’un tumulte affreux de mouvements et de cris gutturaux. Puis une poussée se fit du dehors jetant les Arabes dans la tente, et ils se ruèrent sur les boîtes.

Les caïds et leur escorte se précipitèrent pour empêcher le pillage. Les spahis tapaient à coups de bâton sur les bras, sur les mains, sur les têtes des envahisseurs, qui furent enfin repoussés. Et malgré des clameurs violentes on cessa de donner la poudre. Mais ils en avaient obtenu déjà beaucoup, et la fantasia reprit.

Les fonctionnaires officiels nous racontent avec complaisance et sérénité que l’indigène n’a aucun moyen de se procurer cette poudre.

Directement, non, mais indirectement, oui. L’israélite électeur et citoyen français, qui peut acheter ouvertement et revendre en cachette, est le pourvoyeur naturel et discret de l’Arabe.

Libre de s’approvisionner dans les villes de toute la poudre de chasse qu’il désire, comment n’en vendrait-il pas, le plus possible, à son voisin l’Arabe, avec un bon bénéfice, la marchandise étant prohibée.

Sous notre tente on apporte le déjeuner, déjeuner indigène bien entendu. Comme les coups de fusil nous étourdissent, et comme les caïds, un surtout, le caïd Ali, qui porte sur un burnous noir la croix d’honneur, nous engagent à aller voir le reste de la fête pendant les apprêts du repas, nous voici mêlés à la foule arabe, ballottés par la cohue, dévisagés par les yeux noirs, les yeux perçants et cernés de khôl des femmes voilées dont les bandeaux, cachant le front, les joues, le nez, la bouche et le menton, avivent le regard aigu dans le bâillement du linge blanc.

Des musiques étranges et bondissantes résonnent de tous les côtés. Nous approchons d’un attroupement que le caïd entrouvre pour nous donner passage. Ce sont des femmes qui dansent, des Ouled Naïl. Elles sautent suivant le rythme sauvage, monotone et affolant de la danse sacrée des Aïssaoua. Depuis une heure, deux heures peut-être, en plein soleil, les yeux hagards, la salive aux lèvres, les vêtements presque arrachés du corps : laissant sortir entre les bandes d’étoffes les seins noirs et flasques agités de secousses, les cheveux répandus sur les épaules, noirs, mêlés, huileux, cinq femmes, deux jeunes et trois vieilles, font des sauts, des bonds et des flexions de jambes avec des gestes épileptiques. Dieu, leur Dieu Allah, le seul Dieu, s’amuse à les regarder sans doute, du haut de son paradis, car c’est pour lui qu’elles dansent ainsi.

Peut-être un peu pour nous. Quand elles nous aperçoivent, leurs mouvements s’accentuent, leurs frémissements augmentent. Deux hommes s’élancent, se mêlent à elles, les yeux en extase, et sans interrompre l’exercice sacré, les effleurent du bout des mains, sur les épaules, les bras, la poitrine, par des attouchements mystérieux qui sont effrayants et chastes. D’autres encore se joignent à ces fous, et tous, par des cris, et la prière éperdue des regards, ils excitent les musiciens qui ne font pas assez de bruit. Le rythme s’accroît, les tambourins roulent leurs battement désordonnés, la darbouka résonne, et dominant tout, la flûte, la terrible flûte pousse sa note ininterrompue sous l’infatigable souffle d’un nègre aux gros yeux blancs.

Autour de nous, cinquante Ouled Naïl se pressent, curieuses de tout, des étrangers et du divertissement. Elles sont couvertes de pièces d’or alignées en colliers, de pierres précieuses à peine taillées qu’on appelle les pierres arabes, de bijoux bizarres en argent, qui pendent sur la poitrine ou sur le ventre. Les bras sont cerclés d’anneaux, les chevilles aussi. Beaucoup sont jeunes, très jeunes, âgées de treize à seize ans, gentilles, d’une grâce et d’une joliesse un peu repoussantes de petits animaux, qui sont pourtant des femmes.

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