Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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— Il ferait rudement bon sur l’eau, dit Pol.

— Voulez-vous que nous partions tout de suite ? demandai-je.

— Oui, très volontiers.

— Allons !

Le mince bateau fut tiré de la cave qui lui sert de logis, et il glissa vivement dans l’eau sur les planches du débarcadère. Puis on embarqua dedans les deux paires d’avirons, nos valises car nous avions à faire quatre jours de rivière, la boîte à suif indispensable, la carte de la Seine de Paris à la mer, la peau de mouton qui capitonne le siège du barreur. Et nous voilà partis.

Il n’est rien de plus charmant, et de plus effrayant aussi, qu’un fleuve la nuit.

Aucun bruit qu’un vague murmure, un clapotis presque insensible, un frisson d’eau qui coule. On va vite, on glisse, on passe, sur cette chose froide, insaisissable, fluide, perfide, transparente et terrible.

On voit à peine les berges peuplées d’ombres, démesurément hautes ou toutes courtes. Parfois on file le long d’une armée de roseaux qui semblent parler bas, causer entre eux par le frémissement de leurs longues feuilles, se raconter des histoires inconnues, ces histoires du fond qu’ils savent, eux poussés dans les vases épaisses.

Parfois un pont semble barrer la route, ouvrant seulement comme un précipice, le trou clair et trompeur de son arche. Parfois encore on entend au loin, un bruit sourd et continu, un grondement lourd qui semble venir des profondeurs du fleuve. C’est la chute d’un barrage. Et le bateau n’avance plus qu’à peine, et les deux hommes qui le montent, inquiets, sondent les ombres de l’œil, cherchant le point précis où il faut aborder.

Puis nous passons sur nos épaules la légère embarcation de l’autre côté de la cascade, qui luit sous la lune comme un immense bourrelet de neige ; et nous repartons emportés follement par le courant tournoyant de la chute, soulevés par les remous, filant comme dans un rêve, silencieux, émus, anxieux et ravis.

La lune se couche. Des ténèbres opaques nous enveloppent. Nous allons toujours, sur l’eau noire qui fuit, le cœur un peu crispé par un délicieux sentiment de crainte. Des bruits légers nous font tressaillir, bruits inconnus, troublants, incompréhensibles. On dirait tantôt un cri humain, poussé très loin ; tantôt des paroles basses, chuchotées tout près, quelque part, contre nous, dans le vide obscur qui nous entoure ; le plongeon d’un poisson qui a sauté, l’appel fuyant d’un oiseau de nuit, la voix légère d’une bête inconnue qui semble scier une branche d’arbre, et qui continue indéfiniment cet étrange chant mécanique, monotone et régulier, d’autres rumeurs confuses, presque imperceptibles, nous font courir à tout instant un rapide frisson sur la peau.

Où allons-nous ? Où sommes-nous ? Où sont les berges ?

Le rameur s’arrête à tout instant pour regarder à son tour dans le sombre, derrière son dos ; et le barreur inquiet, les yeux grands ouverts sur les ténèbres, déclare

— Je ne vois plus rien. S’il arrive quelque chose, je n’en suis pas responsable.

Et avec nous, sous nous, autour de nous, l’eau coule, muette et profonde. Elle coule sans cesse, sans s’arrêter ; elle va, elle va comme la vie, l’eau rapide et lente, impénétrable et claire, dangereuse et charmante.

— En route, camarade ; le hasard a des yeux pour nous !

Voici le jour. Le ciel pâlit ; des formes se dessinent autour de nous ; des oiseaux s’éveillent le long des rives ; une buée fine, un voile blanc, épais et transparent, flotte à la surface du fleuve.

Nous reconnaissons la côte. Voici Carrières à gauche ; Poissy, devant nous, jette en travers de la rivière son large pont couvert de maisons. Nous prenons les petits bras, pleins d’îles et pleins d’herbes. Deux canards sauvages s’envolent d’une touffe de joncs ; plus loin, en face de Villennes, un héron, surpris par l’arrivée silencieuse et brusque de la yole, nous éclabousse en se sauvant et s’élève à longs coups d’ailes, en laissant traîner sous lui ses grandes pattes.

Voici Médan, avec la maison de Zola ; voici Triel, puis Meulan, où nous déjeunons.

Repartis après le repas, nous amarrons le bateau le long d’une prairie entourée d’arbres, et, couchés dans le foin, sur le ventre, le dos au soleil et la tête à l’ombre, nous dormons du bon sommeil du plein air, du sommeil calme et fort des moissonneurs qui font la sieste.

Nous avons passé la nuit dans une auberge de Vétheuil, dans une auberge de rouliers et de mariniers. Il était tard. On nous servit des neufs au lard pour le souper ; puis on nous fit entrer dans une chambre à quatre lits. Tous les quatre étaient faits ; mais sur deux seulement on avait posé des bonnets de coton. Ceux-là nous étaient destinés.

Le lendemain, vers quatre heures du soir, nous arrivions à Vernon.

Le petit vapeur des ponts et chaussées, Henri-Chanoine, nous transporta, dès le lever du jour suivant, au barrage de la Garenne où nous devions descendre dans un caisson avec l’ingénieur en chef, M. Caméré, et le jeune ingénieur qui dirige les travaux, M. Clerc.

Si un architecte commençait une maison par le toit, pour la finir par les caves, il ferait un travail équivalent à celui d’un ingénieur qui construit un pont au moyen de caissons à air comprimé.

Donc il s’agit de planter une pile ou un radier au fond de la rivière, même plus avant sur le sol résistant, à sept ou huit mètres au-dessous du fond de l’eau.

On procède de la façon la plus singulière et la plus ingénieuse. On construit d’abord, juste au-dessus de la place où sera la pile, une immense caisse en fer, suspendue au-dessus de l’eau au moyen d’énormes pièces de bois piquées debout au fond du fleuve, et qui font au caisson un collier de poteaux.

Ce caisson, haut de deux mètres, long de seize environ, large de dix, vide en dessous, est surmonté de trois ou quatre grosses cheminées, comparables à celles des bateaux à vapeur, et coiffées d’une sorte de lanterne hermétiquement close, où l’on entre par une petite porte.

Quand cet immense appareil est terminé, on commence à bâtir dessus une énorme muraille, celle de la pile. Puis, dès que la hauteur du mur est suffisante, on laisse descendre la caisse au fond du fleuve.

Aussitôt qu’elle est entrée dans le sol vaseux on souffle dedans de l’air comprimé au moyen de puissantes machines. Cet air chasse l’eau, fait le vide dans l’intérieur de la colossale boîte de fer. Alors les ouvriers descendent dedans au moyen des cheminées, et ils se mettent à creuser.

Ils creusent, enlèvent la vase, enlèvent le sable, la terre, les pierres, le roc, tout ce qu’ils trouvent.

Et le caisson descend toujours, enfonce sans cesse, de jour en jour, d’heure en heure, de minute en minute, ses murs de fer, aigus comme un couteau, dans le sol sans cesse miné sous lui.

Et, pendant ce temps, les maçons travaillent au-dessus, bâtissent toujours le mur du pont, qui plonge de plus en plus, et force à plonger de plus en plus le caisson géant qui le supporte.

Et tout cela s’enfonce sans répit, les ouvriers, la boîte et la pile sous le poids grandissant, sous le poids formidable de la maçonnerie accumulée, qui écraserait tout, boîte de fer et ouvriers, si les machines, à mesure que la charge augmente et que l’appareil descend, n’augmentaient la pression de l’air comprimé qui oppose sa force invisible, sa force invincible à la force effrayante des blocs accumulés, et qui rend les parois du caisson inflexibles, inécrasables.

Mais il suffirait qu’une des machines cessât de fonctionner pour que la masse redoutable de la muraille broyât, au fond de l’eau, les hommes enfermés dans la prison de tôle, et mêlât une bouillie de chair et de sang à la bouillie de vase et de sable qu’ils travaillent.

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