Guy de Maupassant - Chroniques

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C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».

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Sa photographie ne s’est point vendue ; il ne se montrait point aux premières, ni dans les endroits fréquentés par les gens du monde ; il semblait cacher sa personne avec une sorte de pudeur. « Je donne mes livres au public, disait-il ; c’est bien le moins que je garde ma figure. »

D’une nature attendrie, presque sentimentale, il s’est cependant écarté de l’amour.

Des femmes furent ses amies dévouées ; d’autres, sans doute, furent ses maîtresses ; mais il avait donné son cœur à la littérature, et il ne le reprit jamais.

Il n’a vécu que pour l’art, usant sa vie dans cette tendresse immodérée, exaltée, passant des nuits fiévreuses comme les amants solitaires, levant les bras, poussant des cris, tremblant d’ardeur sacrée, et il a fini par tomber, un jour, foudroyé par le travail, comme tous les grands passionnés finissent par mourir de leur vice.

La patrie de Colomba

(Le Gaulois, 27 septembre 1880)

Ajaccio, 24 septembre 1880

Le port de Marseille bruit, remue, palpite sous une pluie de soleil, et le bassin de la Joliette, où des centaines de paquebots projettent sur le ciel leur fumée noire et leur vapeur blanche, est plein de cris et de mouvements pour les départs prochains.

Marseille est la ville nécessaire sur cette côte aride, qu’on dirait rongée par une lèpre.

Des Arabes, des nègres, des Turcs, des Grecs, des Italiens, d’autres encore, presque nus, drapés en des loques bizarres, mangeant des nourritures sans nom, accroupis, couchés, vautrés sous la chaleur de ce ciel brûlant, rebuts de toutes les races, marqués de tous les vices, êtres errants sans famille, sans attaches au monde, sans lois, vivant au hasard du jour dans ce port immense, prêts à toutes les besognes, acceptant tous les salaires, grouillant sur le sol comme sur eux grouille la vermine, font de cette ville une sorte de fumier humain où fermente échouée là toute la pourriture de l’Orient.

Mais un grand paquebot de la Compagnie transatlantique quitte lentement son point d’attache en poussant des mugissements prolongés, car le sifflet n’existe déjà plus ; il est remplacé par une sorte de cri de bête, une voix formidable qui sort du ventre fumant du monstre. Le navire tout doucement passe au milieu de ses frères prêts à partir aussi, et dont les flancs sont pleins de rumeurs ; il quitte le port, et tout à coup comme pris d’une ardeur, il s’élance, ouvre la mer, laisse derrière lui un sillage immense, pendant que fuient les côtes et que Marseille disparaît à l’horizon.

La nuit vient ; des gens souffrent, allongés en des lits étroits, et leurs soupirs douloureux se mêlent au ronflement précipité de l’hélice, qui secoue les cloisons, et au remous de l’eau fendue et rejetée écumante par le poitrail du paquebot dont les yeux allumés, l’un vert et l’autre rouge, regardent au loin, dans l’ombre. Puis l’horizon pâlit vers l’Orient et, dans la clarté douteuse du jour levant, une tache grise apparaît au loin sur l’eau. Elle grandit comme sortant des flots, se découpe, festonne étrangement sur le bleu naissant du ciel ; on distingue enfin une suite de montagnes escarpées, sauvages, arides, aux formes dures, aux arêtes aiguës, aux pointes élancées, c’est la Corse, la terre de la vendetta, la patrie des Bonaparte.

De petits îlots, portant des phares, apparaissent plus loin ; ils s’appellent les Sanguinaires et indiquent l’entrée du golfe d’Ajaccio. Ce golfe profond se creuse au milieu de collines charmantes, couvertes de bois d’oliviers que traversent parfois comme des ossements de granit d’énormes rochers gris, plus hauts que les arbres. Puis, après un détour, la ville toute blanche, assise au pied d’une montagne, avec sa grâce méridionale, mire dans le bleu violent de la Méditerranée ses maisons italiennes à toit plat. Le grand navire jette l’ancre à deux cents mètres du quai, et le représentant de la Compagnie transatlantique, M. Lanzi, met en garde les voyageurs contre la rapacité des mariniers qui opèrent le débarquement.

La ville, jolie et propre, semble écrasée déjà, malgré l’heure matinale, sous l’ardent soleil du Midi. Les rues sont plantées de beaux arbres ; il y a dans l’air comme un sourire de bienvenue où des parfums inconnus flottent, des aromes puissants, cette odeur sauvage de la Corse, qui faisait s’attendrir encore le grand Napoléon mourant là-bas sur son rocher de Sainte-Hélène.

On reconnaît tout de suite qu’on est ici dans la patrie des Bonaparte. Partout des statues du Premier Consul et de l’Empereur, des bustes, des images, des inscriptions, des noms de rues rappellent le souvenir de cette race.

Des paroles qu’on surprend sur les places publiques font dresser l’oreille. Comment on cause encore politique ici ? Les passions s’allument ? On croit sacrées ces choses qui maintenant ne nous intéressent guère plus que des tours de cartes bien faits ? Vraiment la Corse est fort en retard ; cependant, on dirait qu’un événement se prépare. On rencontre plus de gens décorés que sur le boulevard des Italiens, et les consommateurs du café Solférino lancent des regards belliqueux aux consommateurs du café Roi-Jérôme. Ceux-ci ont l’air prêts au combat ; mais ils se lèvent comme un seul homme à l’approche d’un monsieur, et tous le saluent avec respect. Il se retourne... On dirait... C’est le comte de Benedetti ! Puis voici MM. Pietri, Galloni d’Istria, le comte Multedo, vingt autres noms non moins connus dans l’armée bonapartiste.

Que se passe-t-il ? La Corse prépare-t-elle une descente à Marseille ?

Mais les habitués du café Solférino se lèvent à leur tour, agitent leurs chapeaux devant deux personnages qui passent et crient comme un seul homme "Vive la République ! Quels sont donc ces Messieurs ? Je m’approche et je reconnais le comte Horace de Choiseul (à tout seigneur tout honneur !) et le duc de Choiseul-Praslin. Comment le député de Melun se trouve-t-il en ce pays ? Je retourne au café Roi-Jérôme et j’interroge un consommateur, qui me répond avec finesse que "faute d’anguille de Melun, on mangerait bien un merle de Corse". M. le comte Horace de Choiseul est membre du Conseil général et la session va s’ouvrir.

Donc, sur cette terre de Corse où le souvenir de Napoléon est encore si chaud et si vivant, une lutte peut-être définitive va s’engager entre l’idée républicaine et l’idée monarchique. Les champions de l’Empire sont de vieux combattants tous connus, les Benedetti, les Pietri, les Gavini, les Franchini. Les champions de la République portent aussi des noms célèbres dans le pays, et ils ont à leur tête le maire d’Ajaccio, M. Peraldi, fort aimé et qu’on dit fort capable.

Bien que la politique me soit tout à fait étrangère, ce combat est trop intéressant pour n’y point assister, et j’entre à la préfecture avec le flot montant des conseillers généraux. Un homme charmant, M. Folacci, représentant un des plus beaux cantons de Corse, Bastelica, me fait ouvrir le sanctuaire.

Ils sont là cinquante-huit, occupant deux longues tables couvertes de tapis verts. Des crânes luisent comme lorsqu’on regarde de haut la Chambre des députés. Ving-huit sont assis à droite, trente à gauche. Les républicains vont être victorieux.

Un personnage galonné, qui représente le gouvernement avec un air arrogant, est assis à la droite du président d’âge, M. le docteur Gaudin.

— Introduisez le public !

Le public entre par une porte réservée. Mystère !

M. de Pitti-Ferrandi, agrégé, professeur de droit, se lève et demande la parole pour réclamer l’expulsion de M. Emmanuel Arène.

Qui n’a pas vu une de ces séances de la Chambre, une de ces séances orageuses où les députés gesticulent comme des fous et jurent comme des charretiers, une de ces séances qui vous emplissent de colère et de mépris pour la politique et pour tous ceux qui la pratiquent ?

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