Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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Le lendemain du dîner avec Oberländer, dès mon réveil, j'allai voir Hennicke, le chef d'état-major du groupe. «Ah, Obersturmführer Aue. Les dépêches pour Lutsk sont presque prêtes. Allez voir le Brigadeführer. Il est à la prison Brygidki. L'Untersturmführer Beck vous y conduira». Ce Beck était encore très jeune; il avait de la prestance, mais semblait comme assombri, couvant une colère secrète. Après m'avoir salué il m'adressa à peine la parole. Dans la rue, les gens paraissaient encore plus excités que la veille, des groupes de nationalistes armés patrouillaient, la circulation était difficile. On voyait aussi beaucoup plus de soldats allemands. «Je dois passer à la gare prendre un colis, dit Beck. Ça ne vous dérange pas?» Son chauffeur connaissait déjà bien son chemin; pour éviter la foule, il coupa par une rue transversale; plus loin, elle serpentait par le flanc d'une petite colline, longée d'immeubles bourgeois, tranquilles et cossus. «C'est une belle ville», fis-je remarquer. – «C'est normal. C'est une ville allemande, au fond», rétorqua Beck. Je me tus. À la gare, il me laissa à la voiture et disparut dans la foule. Des tramways déchargeaient leurs passagers, en prenaient d'autres, repartaient. Dans un petit parc, sur la gauche, indifférents à la cohue, se prélassaient sous les arbres plusieurs familles de Tsiganes, sales, à la peau basanée, vêtus de haillons bariolés. D'autres se tenaient près de la gare, sans mendier; même les enfants ne jouaient pas. Beck revenait avec un petit paquet. Il suivit mon regard et remarqua les Tsiganes. «Plutôt que de perdre notre temps avec les Juifs, on ferait mieux de s'occuper de ceux-là, cracha-t-il sur un ton vicieux. Ils sont bien plus dangereux. Ils opèrent pour les Rouges, vous ne le savez pas? Mais on leur réglera leur compte». Dans la longue rue qui remontait de la gare, il parla de nouveau: «La synagogue se trouve ici, à côté. Je voudrais la voir. Après on ira à la prison». La synagogue était bâtie en retrait dans une ruelle, sur la gauche de l'avenue menant au centre. Deux soldats allemands montaient la garde devant le portail. La façade vétuste ne payait pas de mine; seule une étoile de David au fronton permettait d'identifier la nature du lieu; on ne voyait aucun Juif. Je suivis Beck par la petite porte. La grande salle centrale s'élevait sur deux étages, ceinte en haut par une galerie, sans doute pour les femmes; de belles peintures aux couleurs vives décoraient les murs, d'un style naïf mais vigoureux, représentant un grand Lion de Judée entouré d'étoiles juives, de perroquets et d'hirondelles, et criblé par endroits d'impacts de balles. À la place de bancs il y avait de petites chaises fixées à des tables d'écoliers. Beck contempla longuement les peintures, puis ressortit. La rue devant la prison grouillait de monde, une cohue monstrueuse. Les gens s'égosillaient, des femmes, hystériques, déchiraient leurs vêtements et se roulaient par terre; des Juifs agenouillés, gardés par des Feldgendarmes, frottaient le trottoir; de temps à autre un passant leur décochait un coup de pied, un Feldwebel rubicond aboyait: «Juden, kaputt!», des Ukrainiens, admiratifs, applaudissaient. Au portail de la prison, je dus céder la place à une colonne de Juifs, en chemise ou torse nu, pour la plupart ensanglantés, qui, encadrés de soldats allemands, portaient des cadavres putréfiés et les chargeaient dans des charrettes. De vieilles femmes en noir se jetaient alors sur les corps en ululant, puis se ruaient sur les Juifs et les griffaient jusqu'à ce qu'un soldat tente de les repousser. J'avais perdu Beck de vue, j'entrai dans la cour de la prison, et là c'était encore le même spectacle, des Juifs terrifiés qui triaient des cadavres, d'autres qui frottaient les pavés sous les huées des soldats; ceux-ci se lançaient en avant, frappaient les Juifs, à mains nues ou à coups de crosse, les Juifs hurlaient, s'effondraient, se débattaient pour se relever et reprendre le travail, d'autres soldats photographiaient la scène, d'autres encore, hilares, criaient des injures ou des encouragements, parfois aussi un Juif ne se relevait plus, alors plusieurs hommes y allaient de leurs bottes, puis un ou deux Juifs venaient traîner le corps par les pieds sur le côté, d'autres devaient de nouveau frotter. Je trouvai enfin un S S. «Savez-vous où se trouve le Brigadeführer Rasch?» – «Je crois qu'il est dans les bureaux de la prison, par là, je l'ai vu monter tout à l'heure». Dans le long couloir, des soldats allaient et venaient, c'était plus calme, mais les murs verts, brillants et crasseux, étaient éclaboussés de taches de sang, plus ou moins fraîches, avec collés dessus des lambeaux de cervelle mêlés de cheveux et de fragments d'os, il y avait aussi de grandes traînées au sol où l'on avait tiré les corps, on pataugeait dedans. Au fond, Rasch descendait un escalier en compagnie d'un grand Oberführer au visage poupin et de plusieurs autres officiers du groupe. Je les saluai. «Ah, c'est vous. Bien. J'ai reçu un rapport de von Radetzky; demandez-lui de venir ici, dès qu'il en aura l'occasion. Et vous rendrez compte en personne à l'Obergruppenführer Jeckeln de l'Aktion ici. Insistez sur le fait que ce sont les nationalistes et le peuple qui ont pris l'initiative. Le NKVD et les Juifs, à Lemberg, ont assassiné trois mille personnes. Alors le peuple se venge, c'est normal. Nous avons demandé à l'A OK de leur laisser quelques jours.» – «Zu Befehl, Herr Brigadeführer». Je ressortis à leur suite. Rasch et l'Oberführer discutaient avec animation. Dans la cour, distincte de la puanteur des cadavres, s'élevait l'odeur lourde et écœurante du sang frais. En sortant, je croisai deux Juifs qui remontaient sous escorte de la rue; l'un d'eux, un très jeune homme, sanglotait violemment, mais en silence. Je retrouvai Beck près de la voiture et nous retournâmes au Gruppenstab. J'ordonnai à Höfler de préparer l'Opel et de retrouver Popp, puis passai prendre les dépêches et le courrier chez le Leiter III. Je demandai aussi où se trouvait Thomas, je voulais le saluer avant de partir: «Vous le trouverez du côté du boulevard, m'indiqua-t-on. Allez voir au café Métropole, dans la Sykstuska». En bas, Popp et Hofier étaient prêts. «On y va, Herr Obersturmführer?» – «Oui, mais on s'arrête en chemin. Prends par le boulevard». Je trouvai facilement le Métropole. À l'intérieur, des grappes d'hommes discutaient bruyamment, certains, déjà ivres, braillaient; près du bar, des officiers de la Rollbahn buvaient de la bière en commentant les événements. Je trouvai Thomas au fond avec un jeune homme blond, en civil, au visage bouffi et maussade. Ils buvaient du café. «Max, salut! Tiens, je te présente Oleg. Un homme très instruit, très intelligent». Oleg se leva et me serra avec empressement la main; il semblait en fait parfaitement idiot. «Écoute, je m'en vais». Thomas me répondit en français: «C'est très bien. De toute façon on se retrouve bientôt: d'après le plan, ton Kommandostab sera stationné à Jitomir, avec nous». – «Excellent». Il reprit en allemand: «Bon courage! Garde le moral». Je saluai Oleg et ressortis. Nos troupes se trouvaient encore loin de Jitomir, mais Thomas paraissait confiant, il devait avoir de bonnes informations. Sur la route, je retrouvai avec plaisir la douceur de la campagne galicienne; nous avancions lentement, dans la poussière des colonnes de camions et de matériel qui montaient au front; de loin en loin le soleil perçait les longues rangées de nuages blancs qui défilaient dans le ciel, vaste plafond d'ombres, gai et tranquille.

J'arrivai à Lutsk dans l'après-midi. Blobel, d'après von Radetzky, ne reviendrait pas tout de suite; Hafner nous indiqua confidentiellement qu'on l'avait en fin de compte déposé dans un asile d'aliénés de la Wehrmacht. L'action de représailles avait été menée à bien, mais personne ne semblait trop disposé à en parler: «Vous pouvez vous estimer heureux de ne pas avoir été là», me glissa Zorn. Le 6 juillet, le Sonderkommando, se collant toujours à l'avancée de la 6e armée, déménagea à Rovno, puis rapidement à Tsviahel ou Swjagel, que les Soviétiques nomment Novograd-Volynskii. À chaque étape, on détachait des Teil-kommandos pour identifier, arrêter et exécuter les opposants potentiels. La plupart, il faut le dire, étaient des Juifs. Mais nous fusillions aussi des commissaires ou des fonctionnaires du Parti bolchevique, quand nous en trouvions, des voleurs, des pillards, des paysans qui cachaient leur grain, des Tsiganes aussi, Beck devait être content. Von Radetzky nous avait expliqué qu'il fallait raisonner en termes de menace objective: démasquer chaque coupable individuel étant une impossibilité matérielle, il fallait identifier les catégories socio-politiques les plus susceptibles de nous nuire et agir en fonction. À Lemberg, le nouvel Ortskommandant, le général Rentz, avait petit à petit réussi à rétablir l'ordre et à calmer les excès; néanmoins, l'Einsatzkommando 6, puis le 5 venu le remplacer, avaient continué à exécuter des centaines de personnes en dehors de la ville. Nous commencions aussi à avoir des ennuis avec les Ukrainiens. Le 9 juillet, la brève expérience indépendantiste prit abruptement fin: la SP arrêtait Bandera et Stetsko et les envoyait sous escorte à Cracovie, tandis que leurs hommes étaient désarmés. Mais ailleurs, l'OUN-B entrait en révolte; à Drohobycz, ils ouvrirent le feu sur nos troupes, plusieurs Allemands furent tués. À partir de ce moment-là on commença aussi à traiter en menace objective les partisans de Bandera; les melnykistes, ravis, nous aidaient à les identifier, et prenaient le contrôle des administrations locales. Le 11 juillet, le Gruppenstab auquel nous étions subordonnés échangea sa désignation avec celui rattaché au groupe d'armées Centre: dorénavant, notre Einsatzgruppe s'appelait le «C»; le même jour, nos trois Opel Admiral entraient à Jitomir avec les chars de la 6e armée. Quelques jours plus tard, je fus envoyé renforcer ce Vorkommando, en attendant que le gros de l'état-major nous rejoigne.

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