George Sand - Nanon

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Nanon: краткое содержание, описание и аннотация

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Nanon, née en 1775, raconte en 1850 les événements qu'elle a vécus dans son enfance et sa jeunesse. La période prérévolutionnaire est évoquée comme un temps immémorial, où rien ne semble devoir changer. On apprend la prise de la Bastille un jour de marché. George Sand évoque fort bien la Grande Peur dans ce qu'elle a d'irrationnel et de terrifiant, la fête de la Fédération, moment d'exaltation et de bonheur, puis la vente des biens nationaux. Ainsi, Nanon peut devenir propriétaire de sa maison…
C'est une vue de la Révolution, équilibrée et sans fanatisme, que donne ce grand roman. Paru en 1872 – George Sand a donc soixante-huit ans -, il témoigne que la capacité de travail et la force d'invention sont intactes chez la romancière. Forte d'une documentation impressionnante, l'auteur conduit le récit avec une allégresse et une célérité qui nous étonnent. Nanon est un des très rares romans qui traite de la Révolution Française dans les campagnes, vue à travers les yeux d'une paysanne.

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Quand vint le temps de récolter les châtaignes, notre existence fut assurée, sans qu'il fût nécessaire d'aller aux emplettes. Nous avions la jouissance d'une douzaine d'arbres magnifiques et nous sûmes emmagasiner les fruits dans un silo de sable bien disposé. En qualité de Marchois, nous entendions mieux que les Berrichons la conservation de cette précieuse denrée.

Mais cette époque de la cueillette nous exposait à une invasion de visiteurs, et nous dûmes prendre nos précautions. Ni Dumont, ni moi qui devais passer toujours pour son neveu, n'avions rien à craindre: mais Émilien, le pauvre Émilien, qui aurait tant voulu être soldat, se trouvait forcément réfractaire, et il fallait le bien cacher ou le faire passer pour estropié. Il s'y résigna, se fabriqua une jambe de bois où il lia et plia son genou, et s'arma d'une béquille. À notre grande surprise, la précaution fut inutile: nous vîmes récolter tout autour de nous; mais, des quinze ou vingt personnes qui gravirent sur les buttes voisines, aucune ne franchit le ruisseau, aucune ne s'approcha de notre maison, aucune ne nous parla; il y a plus, aucune ne nous regarda.

Cela nous parut bien étrange, et nous en conclûmes, Émilien et moi, que ces braves gens avaient deviné notre situation et ne voulaient pas même nous voir, afin de pouvoir jurer, en cas de persécution et d'enquête, qu'ils ne nous savaient pas là.

Ce fut, en effet, pour quelques-uns, le motif de cette prudence; mais, pour les autres, il y en eut un dont nous eûmes l'explication plus tard.

Ce fut à minuit, le jour de Noël; la sécurité et le bien-être relatif dont nous jouissions, l'ignorance absolue où nous étions des événements, l'espoir de traverser cette crise et de rentrer dans la vie normale, nous avaient rendu un peu de gaîté, et nous résolûmes de faire réveillon. Nous nous étions construit, avec des cassures de granit autrefois exploité, une bonne cheminée, qui nous permit d'allumer la bûche de Noël. Avec des fagots bien secs qui jetaient une belle clarté dans la chambre, nous dressâmes la table et j'y servis un chapelet d'alouettes bien grasses, une montagne de mes plus belles châtaignes cuites de diverses manières et un fromage de mes chèvres. Pour figurer un arbre de Noël, Émilien avait coupé et planté sur la table un fragon (petit houx) tout couvert de ses fruits rouges qui sortent du milieu des feuilles. Mon vin de prunelles était clair comme de l'eau de roche et piquant comme du vinaigre. Nous aimons cela, nous autres gens de montagne. Dumont, faute de mieux, ne le dédaignait pas, et, quand je lui eus bien démontré que ce n'était pas du vin, il consentit à en boire pour trinquer à la santé de nos amis absents. Il nous vint bien à la pensée qu'ils étaient peut-être tous en prison ou guillotinés, même Costejoux, pour nous avoir sauvé la vie: mais chacun de nous se donna comme un coup de poing sur le cœur pour le forcer à la confiance, et aucun de nous ne voulut dire aux autres le frisson qui lui avait passé par le corps. Dumont, qui avait été longtemps triste comme un homme nourri de remords et privé d'excitant, voulut secouer son chagrin. Nous l'aimions tant qu'il se voyait bien pardonné. Il entonna donc, d'une voix grêle, une chanson de table qui probablement était grivoise, car, sur une parole d'Émilien, il l'interrompit tout d'un coup et se mit à chanter un noël.

Il arrivait à la moitié du second couplet, lorsqu'un cri rauque des plus bizarres et tout à fait inexplicable passa, en se prolongeant, le long de la maison et se perdit dans la direction de la Parelle, le plus gros bloc dans notre voisinage 1.

1. J'ai su depuis, que c'était la Par-ell , en celtique, la haute pierre du feu, le grand autel des druides.

Nous écoutâmes avec attention. Nous étions assez habitués aux cris des loups et aux glapissements des renards pour être sûrs que c'était une autre voix, une voix humaine, peut-être. Dumont prit un bâton et ouvrit la porte doucement. Nous entendîmes alors des paroles qui n'avaient aucun sens, mais qui étaient bien des paroles dites d'une vieille voix de femme tout éperdue de colère et de peur. Nous cherchâmes à rejoindre ce fantôme qui fuyait à travers les fougères desséchées; mais il se perdit dans l'ombre et ne reparut pas.

– Voulez-vous parier, nous dit Dumont, que c'est une sorcière qui venait, à l'heure de la ci-devant messe de minuit, faire une conjuration sur la grosse pierre?

– Tu as raison, dit Émilien, les choses doivent se passer ici comme chez nous. On croit que ces pierres celtiques sont enchantées, qu'elles dansent à minuit et se déplacent pour livrer les trésors qu'elles renferment. Cette vieille venait invoquer le diable. Tu l'as mise en fureur et en fuite avec ton saint cantique. C'est bien fait, mais ne chante plus, mon petit père; il y a peut-être autour de nous d'autres sorciers esprits forts qui croiraient que tu es un prêtre déguisé et que tu dis la messe.

Le lendemain, nous trouvâmes près de notre porte une peau d'anguille contenant sept gros clous. C'est une offrande aux mauvais esprits, bien connue dans nos campagnes. La sorcière l'avait laissé tomber en entendant le noël de Dumont. Il fit de la peau d'anguille une bourse, et mit à profit les clous qui n'étaient pas une trouvaille à dédaigner. Quelques jours après, Dumont rencontra un des derniers carriers qui avaient travaillé autour de la Parelle, et qui lui avait vu louer la baraque. Il lui apprit que notre propriétaire avait trouvé de l'ouvrage à La Châtre pour le démolissage du clocher des Carmes.

– Ils étaient en retard de ce côté-là, ajouta ce carrier, on les a démolis partout; c'est de l'ouvrage pour nous quand on les rebâtira. Alors, nous retournerons casser vos grosses pierres de là-haut.

– Même la Parelle? lui demanda Dumont, qui voulait savoir à quoi s'en tenir sur les vertus de cette pierre.

– Oh! celle-là, non, répondit le carrier, elle est trop grosse, et puis elle a le diable dans le ventre. Vous avez bien vu, si vous avez pu monter dessus, ce qui n'est pas commode à un homme de votre âge (Dumont se faisait toujours plus vieux et plus cassé qu'il n'était), qu'elle est toute couverte de croix et de devises que les prêtres y ont fait tailler pour en chasser les esprits du temps passé? Eh bien, vous m'en croirez si vous voulez, mais, la nuit de Noël, toutes ces croix s'en vont et la pierre est aussi lisse que mon genou; elles ne reparaissent qu'au petit jour.

– Vous avez vu cela? dit Dumont sans marquer d'incrédulité.

– Non pas moi, dit le carrier, je n'y ai pas été voir à la mauvaise heure; mais mon père, qui n'avait crainte de rien, l'a vu comme je vous le dis.

– Alors, les sorciers ont beau jeu à la mauvaise heure?

– Depuis la République, ils n'y vont plus. La loi défend ça, parce qu'elle dit que ça fâche la Bonne Dame Raison, qui est la nouvelle Sainte Vierge. Mais, il y a encore quelques vieilles femmes qui viennent de loin, et en se cachant bien, pour chercher le trésor; elles auront beau flairer autour, allez! elles ne l'auront pas.

– Parce qu'il n'existe pas?

– Si fait! mais les esprits le gardent bien, et vous devez le savoir.

– Ma foi, non; ne voulant pas les fâcher, je n'approche jamais de la Parelle.

– Et bien vous faites! c'est une mauvaise pierre.

– Avez-vous demeuré auprès?

– Oui bien! Dans la baraque dont vous avez fait, m'a-t-on dit, une bonne maison, j'ai souventes fois dormi avec le vieux qui vous l'a louée; mais, comme je suis bon chrétien, je n'ai jamais été ennuyé par les fades. Savez-vous qu'il sera content, le père Breuillet, quand vous lui rendrez son bien si amendé? Il est capable d'y demeurer hiver comme été, puisque vous y avez mis une cheminée. Il ne s'en souciait pas, à cause du froid et des esprits qui l'ont bien molesté quelquefois; mais, si vous lui dites qu'il n'y en a point…, dame! vous serez le seul, car personne, même en plein jour, n'aime à passer par là. L'endroit est réputé très mauvais depuis le lit du ruisseau jusqu'à l'endroit appelé le bois de Bassoule, et, comme il y a l'autre ruisseau qui coule de l'autre côté, ça fait quasiment une lieue de terrain qu'on appelle l'île aux Fades.

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