« Et toi, » demanda-t-elle. « Y a des CD ou des films gênants qui traînent dans le coin ? »
« Et bien, je me suis débarrassé de tous mes CD et DVD. Je n’ai que du numérique. J’avais besoin de faire de la place. C’est presque comme si j’avais senti que cette agent sexy du FBI allait emménager avec moi un de ces jours. »
« Ton instinct ne t’a pas failli, » dit-elle. Elle s’approcha de lui et lui prit les mains dans les siennes. « Maintenant… c’est ta dernière chance. Tu peux encore changer d’avis avant qu’on ne commence à sortir mes affaires des caisses. »
« Changer d’avis ? Tu es folle ? »
« Il y a une fille qui va vivre avec toi, » dit-elle, en l’attirant vers elle. « Une fille qui aime bien les choses à leur place. Une fille qui a tendance à être un peu obsessionnelle compulsive. »
« Oh, je sais, » dit-il. « Et j’ai hâte. »
« Même avec tous les vêtements de femme ? Tu es prêt à partager ton placard ? »
« J’ai vraiment très peu de vêtements, » dit-il, en se penchant plus près d’elle. Leurs nez se touchaient presque et une chaleur qu’il commençait à bien connaître se mit à monter entre eux. « Tu peux avoir tout l’espace dans mes armoires que tu veux. »
« Maquillage et tampons, partager un lit et une autre personne qui salit ta vaisselle. Tu es sûr que tu es prêt pour ça ? »
« Oui, mais j’ai quand même une question. »
« Dis-moi. » dit-elle. Ses mains commencèrent à remonter le long de ses bras. Elle savait où ça allait les mener et chacun de ses muscles endoloris était prêt à l’action.
« Tous ces vêtements de femme, » dit-il. « Tu ne peux pas toujours les laisser traîner par terre. »
« Et bien, je n’en ai pas l’intention, » dit-elle.
« Oh, je sais, » dit-il. Il tendit le bras et lui retira son débardeur. Il ne perdit pas une seconde pour faire de même avec son soutien-gorge de sport. « Mais c’est probablement moi qui le ferai, » ajouta-t-il, en jetant les deux vêtements au sol.
Il l’embrassa et il essaya de l’amener vers la chambre, mais leurs corps n’eurent pas la patience d’attendre. Ils finirent sur le tapis du salon et bien que les muscles endoloris de Mackenzie n’apprécièrent pas beaucoup le sol dur dans son dos, d’autres parties de son corps firent taire leurs protestations.
***
Quand son téléphone sonna à 4h47 du matin, une seule pensée vint à l’esprit endormi de Mackenzie, alors qu’elle tendait la main vers la table de nuit.
Un appel à cette heure… J’imagine que mes vacances sont terminées.
« Oui ? » dit-elle, sans s’encombrer de formalités, vu qu’elle était techniquement en vacances.
« White ? »
D’une manière un peu bizarre, McGrath lui avait presque manqué durant ces neuf derniers jours. Mais entendre sa voix, c’était comme un rapide et brutal retour à la réalité.
« Oui, je suis là. »
« Désolé pour l’appel aussi matinal, » dit-il. Et avant qu’il n’ajoute quoi que ce soit, Mackenzie entendit le téléphone d’Ellington sonner de l’autre côté du lit.
Quelque chose d’important, pensa-t-elle. Quelque chose de grave.
« Écoutez, je sais que j’ai approuvé vos deux semaines de vacances, » dit McGrath. « Mais on a une sale affaire sur les bras et j’ai besoin de vous. De vous et d’Ellington. Venez me voir dans mon bureau dès que possible. »
Ce n’était pas une question mais un ordre direct. Et sans dire quoi que ce soit qui ressemble à un au revoir, McGrath raccrocha. Mackenzie laissa échapper un soupir et regarda en direction d’Ellington, qui terminait sa propre conversation téléphonique.
« Et bien, on dirait que tes vacances sont terminées, » dit-il, avec un léger sourire.
« C’est très bien comme ça, » dit-elle. « Au moins, ça se termine avec fracas. »
Puis, comme un vieux couple marié, ils s’embrassèrent et sortirent du lit pour se rendre au travail.
L’édifice J. Edgar Hoover était vide quand Mackenzie et Ellington y entrèrent. Ils s’y étaient déjà tous les deux retrouvés en pleine nuit, alors ce n’était pas quelque chose de si exceptionnel. Mais être convoqué au travail à une telle heure ne voulait jamais rien dire de bon. En général, ça voulait dire que quelque chose de particulièrement horrible les attendait.
Quand ils arrivèrent au bureau de McGrath, ils virent que sa porte était ouverte. Il était assis à une petite table de conférence à l’arrière de son bureau et consultait des dossiers. Il y avait un autre agent avec lui, une femme que Mackenzie avait déjà vue auparavant. Elle s’appelait Agent Yardley, une femme plutôt discrète qui avait de temps en temps aidé l’Agent Harrison. Elle hocha la tête et leur sourit quand ils entrèrent dans la pièce et s’avancèrent vers la table où McGrath était assis. Puis elle regarda à nouveau son ordinateur portable, concentrée sur ce qui s’y affichait à l’écran.
Quand McGrath leva les yeux vers Mackenzie, elle ne put éviter d’y voir un léger soulagement. C’était une manière agréable de se retrouver plongée dans le travail après que ses vacances aient été écourtées.
« White, Ellington, » dit McGrath. « Vous connaissez l’Agent Yardley ? »
« Oui, » dit Mackenzie, en hochant la tête en direction de l’agent pour la saluer.
« Elle revient à l’instant d’une scène de crime qui est liée à une autre scène similaire datant d’il y a cinq jours. Je l’avais mise initialement sur l’enquête mais quand je me suis rendu compte qu’il se pourrait qu’on soit confronté à un tueur en série, je lui ai demandé de rassembler tout ce qu’elle avait sur l’affaire pour pouvoir vous l’assigner. On a un meurtre… le deuxième du genre en cinq jours. White, je vous ai spécialement convoquée sur cette affaire car je veux que vous y travailliez du fait de votre expérience – sur l’enquête du tueur épouvantail plus spécifiquement. »
« De quoi s’agit-il ? » demanda Mackenzie.
Yardley tourna son ordinateur portable dans leur direction. Mackenzie s’avança vers la chaise la plus proche et s’assit. Elle regarda l’image qui s’affichait à l’écran avec une sorte de tranquillité sourde qu’elle commençait à bien connaître – la capacité à analyser une image repoussante puisque ça faisait partie de son boulot, avec une compassion résignée que la plupart des humains ressentiraient face à une mort aussi tragique.
Elle vit un homme plutôt âgé, aux cheveux et à la barbe majoritairement gris, pendu à la porte d’une église. Ses bras étaient écartés et sa tête était inclinée vers le bas, dans une forme de mise en scène de crucifixion. Il avait des marques d’entailles à la poitrine et une balafre au front. Il était en sous-vêtements, qui avaient retenu une bonne partie du sang qui avait coulé de son front et de sa poitrine. D’après ce qu’elle pouvait en voir sur les photos, il semblait que ses mains avaient été littéralement clouées à la porte. Ses pieds, quant à eux, avaient simplement été liés ensemble.
« C’est la deuxième victime, » dit Yardley. « Le révérend Ned Tuttle, cinquante-cinq ans. Il a été retrouvé par une dame âgée qui s’était arrêtée tôt à l’église pour déposer des fleurs sur la tombe de son mari. La police scientifique est sur les lieux au moment où on parle. Apparemment, le corps a été mis en place il y a moins de quatre heures. Des agents ont déjà prévenu la famille. »
Une femme qui aime prendre les choses en main et obtenir des résultats, pensa Mackenzie. Peut-être qu’on pourrait bien s’entendre.
« Qu’est-ce qu’on a sur la première victime ? » demanda Mackenzie.
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