Il interrompit leur baiser assez longtemps pour demander : « Tu es sûre de ça ? »
Comme si elle avait besoin d’une raison de plus de le désirer, et ce fut bon. Il se souciait sincèrement d’elle et ne voulait pas gâcher ce qu’ils avaient.
Elle acquiesça et le tira sur elle.
Et ensuite, pendant un moment, elle ne fut plus une inspectrice de la Criminelle frustrée ou une mère en difficulté, ou une fille qui avait regardé sa mère mourir des mains de son père. Elle était seulement Avery Black alors…une femme comme toutes les autres, profitant des plaisirs que la vie avait à offrir.
Elle avait presque oublié comment c’était.
Et une fois qu’elle eut commencé à se familiariser avec eux, elle se jura qu’elle ne se permettrait jamais de les oublier à nouveau.
Avery ouvrit les yeux et regarda le plafond étranger au-dessus de sa tête. La lumière feutrée de l’aube rentrait à travers la fenêtre de la chambre, se déversant sur son corps majoritairement nu. Elle peignait aussi le dos nu de Ramirez à côté d’elle. Elle se tourna légèrement et sourit d’un air endormi. Il dormait encore, le visage tourné à l’opposé d’elle.
Ils avaient fait l’amour deux fois la nuit précédente, prenants deux heures entre chaque session pour prendre un dîner rapide et discuter de comment coucher ensemble pourrait compliquer leur relation au travail s’ils n’étaient pas prudents. Il avait été près de minuit quand ils s’étaient finalement assoupis côte à côte. Avery était somnolente et ne pouvait se rappeler quand elle s’était endormie, mais elle se souvenait de son bras autour de sa taille.
Elle voulait encore ça… cette sensation d’être désirée et d’être en sécurité. Elle pensa à faire courir le bout de ses doigts le long de la base de sa colonne vertébrale (ainsi qu’à d’autres endroits, peut-être) juste pour le réveiller et qu’il puisse la tenir dans ses bras.
Mais elle n’en eut pas l’occasion. L’alarme de la messagerie de son téléphone se déclencha. Celle de Ramirez aussi. Ils sonnèrent ensemble, un phénomène qui ne pouvait signifier qu’une chose : c’était en lien avec le travail.
Ramirez se redressa rapidement. Quand il le fit, le drap glissa de lui et dévoila tout. Avery jeta un coup d’œil, incapable de résister à elle-même. Il prit son téléphone sur la table de chevet et le regarda avec des yeux brouillés. Pendant qu’il faisait cela, Avery récupéra son propre téléphone de la pile de vêtements par terre.
Le message était de Dylan Connelly, le superviseur de la Criminelle au A1. À la manière typique de Connelly, le message était direct et venait au fait.
Corps découvert. Sévèrement brûlé. Peut-être un traumatisme à la tête.
Ramenez vos fesses sur un terrain en construction abandonné sur Kirkley Street MAINTENANT.
« Eh bien, c’est sympa de se réveiller à la première heure de la matinée », marmonna-t-elle.
Ramirez descendit du lit, encore complètement nu, et s’installa avec elle par terre. Il l’attira près de lui et dit, « Oui, ça c’est une manière sympa de se réveiller à la première heure de la matinée. »
Elle s’appuya contre lui, un peu alarmée de voir à quel point elle était irrationnellement contente à cet instant. Elle grommela de nouveau et se mit debout.
« Merde », dit-elle. « Nous allons être en retard sur la scène de crime. Il faut que je prenne ma voiture et que je retourne chez moi pour changer de vêtements. »
« Nous serons ok », dit Ramirez tout en commençant à s’habiller. « Je renverrai un message dans quelques minutes, pendant que nous serons en route vers ta voiture. Tu espaces le tien. Peut-être que le son du message ne t’a pas réveillée. Peut-être a-t-il fallu que je t’appelle pour te réveiller. »
« Ça a l’air trompeur », dit-elle, en enfilant son pull.
« Malin, voilà ce que c’est », dit-il.
Ils se sourirent l’un à l’autre tandis qu’ils finissaient de s’habiller. Ensuite ils allèrent dans la salle de bain, où Avery fit de son mieux pour arranger ses cheveux pendant que Ramirez se brossait les dents. Ils se dépêchèrent d’aller dans la cuisine et Avery prépara à la hâte deux bols de céréales.
« Comme tu peux le voir », dit-elle, « je suis plutôt le cuisinier. »
Il l’enlaça par derrière et sembla la respirer. « Est-ce que ça va aller entre nous ? », demanda-t-il. « Nous pouvons faire fonctionner ça, n’est-ce pas ? »
« Je le pense », dit-elle. « Sortons d’ici et tentons le coup. »
Ils engloutirent leurs céréales, passant la majeure partie du temps à s’observer, essayant de jauger la réaction de l’autre à ce qui s’était produit la nuit passée. D’après ce qu’Avery pouvait dire, il était aussi heureux qu’elle.
Ils sortirent par la porte d’entrée mais avant que Ramirez ne la referme derrière eux, il s’arrêta. « Attends, reviens à l’intérieur une minute. »
Confuse, elle retourna à l’intérieur.
« À l’intérieur », dit-il, « nous ne sommes plus en service. Pas vraiment officiellement des équipiers, d’accord ? »
« D’accord », dit Avery.
« Donc je peux faire ça une fois encore », dit-il.
Il se pencha et l’embrassa. C’était un baiser vertigineux, un qui avait assez de force pour faire se ployer ses genoux. Elle le repoussa malicieusement. « Comme je l’ai dit auparavant », dit-elle, « ne commence pas. Pas à moins que tu aies l’intention de finir. »
« Pour mettre fois », dit-il. Il la mena ensuite à l’extérieur et cette fois-ci ferma la porte derrière eux. « Ok, en service maintenant. Ouvrez la marche, Inspectrice Black. »
***
Ils suivirent le plan de Ramirez. Elle ne répondit pas au message de Connelly avant seize minutes supplémentaires. À ce moment-là, elle était presque de retour à son appartement et encore étourdie par la manière dont la nuit précédente s’était déroulée. Elle réussit à s’habiller, prendre un café, et se retrouver de nouveau dans la rue en moins de dix minutes. Le résultat, bien évidemment, fut d’arriver sur la scène de crime environ une demi-heure plus tard que ce que Connelly aurait préféré.
Il y avait plusieurs agents qui s’affairaient déjà. Tous étaient des visages familiers, des visages qu’elle avait appris à connaître et à respecter depuis qu’elle était devenue une inspectrice de la Criminelle. Les expressions sur leurs visages ce matin-là l’amenèrent à penser que cela allait être une matinée très longue et âpre.
Une des personnes qu’elle vit présente était Mike O’Malley. Elle trouva cela alarmant que le capitaine soit là dehors si tôt. En tant que chef de la majeure partie de la police de Boston, il était rarement vu dans l’agitation des scènes de crime quotidiennes, peu importait combien elles pouvaient être abominables. O’Malley était en train de parler à deux autres agents, l’un d’eux étant Finley. Avery avait appris à respecter Finley en tant qu’agent même s’il avait tendance à être un peu trop désinvolte à son goût.
Elle repéra immédiatement Ramirez ; il discutait avec Connelly à l’autre extrémité du terrain vague.
Tandis qu’elle se dirigeait vers Ramirez et Connelly, elle observa la scène du mieux qu’elle put. Elle avait traversé cette partie de la ville plusieurs fois mais n’y avait jamais vraiment fait attention. C’était un de ces gâchis financiers à ce bout de la ville, une zone où des promoteurs enthousiastes avaient englouti des tonnes d’argent dans l’immobilier seulement pour le voir perdre sa valeur et les acheteurs potentiels s’enfuir rapidement. Une fois que les efforts dans le logement avaient cessé, la zone était revenue à la ruine. Et cela paraissait bien s’accorder avec les environs.
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