Nicolas Boileau-Despreaux - Le Lutrin

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Laisse au chantre, dit-il, la tristesse et les pleurs,
Prélat; et pour sauver tes droits et ton empire,
Ecoute seulement ce que le ciel m'inspire.
Vers cet endroit du choeur où le chantre orgueilleux
Montre, assis à ta gauche, un front si sourcilleux,
Sur ce rang d'ais serrés qui forment sa clôture
Fut jadis un lutrin d'inégale structure,
Dont les flancs élargis de leur vaste contour
Ombrageaient pleinement tous les lieux d'alentour.
Derrière ce lutrin, ainsi qu'au fond d'un antre,
A peine sur son banc on discernait le chantre:
Tandis qu'à l'autre banc le prélat radieux,
Découvert au grand jour, attirait tous les yeux.
Mais un démon, fatal à cette ample machine,
Soit qu'une main la nuit eût hâté sa ruine,
Soit qu'ainsi de tout temps l'ordonnât le destin,
Fit tomber à nos yeux le pupitre un matin.
J'eus beau prendre le ciel et le chantre à partie,
Il fallut l'emporter dans notre sacristie,
Où depuis trente hivers, sans gloire enseveli,
Il languit tout poudreux dans un honteux oubli.
Entends-moi donc, Prélat. Dès que l'ombre tranquille
Viendra d'un crêpe noir envelopper la ville,
Il faut que trois de nous, sans tumulte et sans bruit,
Partent, à l a faveur de la naissante nuit,
Et du lutrin rompu réunissant la masse,
Aillent d'un zèle adroit le remettre en sa place.
Si le chantre demain ose le renverser,
Alors de cent arrêts tu peux le terrasser.
Pour soutenir tes droits, que le ciel autorise,
Abyme tout plutôt: c'est l'esprit de l'Eglise;
C'est par là qu'un prélat signale sa vigueur.
Ne borne pas ta gloire à prier dans un choeur:
Ces vertus dans Aleth peuvent être en usage;
Mais dans Paris, plaidons; c'est là notre partage.
Tes bénédictions, dans le trouble croissant,
Tu pourras les répandre et par vingt et par cent;
Et, pour braver le chantre en son orgueil extrême,
Les répandre à ses yeux, et le bénir lui-même.

Ce discours aussitôt frappe tous les esprits;
Et le prélat charmé l'approuve par des cris.
Il veut que, sur-le-champ, dans la troupe on choisisse
Les trois que Dieu destine à ce pieux office:
Mais chacun prétend part à cet illustre emploi.
Le sort, dit le prélat, vous servira de loi.
Que l'on tire au billet ceux que l'on doit élire.
Il dit, on obéit, on se presse d'écrire.
Aussitôt trente noms, sur le papier tracés,
Sont au fond d'un bonnet par billets entassés.
Pour tirer ces billets avec moins d'artifice,
Guillaume, enfant de choeur, prête sa main novice:
Son front nouveau tondu, symbole de candeur,
Rougit, en approchant, d'une honnête pudeur.
Cependant le prélat, l'oeil au ciel, la main nue,
Bénit trois fois les noms, et trois fois les remue.
Il tourne le bonnet: l'enfant tire et Brontin
Est le premier des noms qu'apporte le destin.
Le prélat en conçoit un favorable augure
Et ce nom dans la troupe excite un doux murmure.
On se tait; et bientôt on voit paraître au jour
Le nom, le fameux nom du perruquier l'Amour.
Ce nouvel Adonis, à la blonde crinière,
Est l'unique souci d'Anne sa perruquière:
Ils s'adorent l'un l'autre; et ce couple charmant
S'unit longtemps, dit-on, avant le sacrement;
Mais, depuis trois moissons, à leur saint assemblage
L'official a joint le nom de mariage.
Ce perruquier superbe est l'effroi du quartier,
Et son courage est peint sur son visage altier.
Un des noms reste encore et le prélat par grâce
Une dernière fois les brouille et les ressasse.
Chacun croit que son nom est le dernier des trois.
Mais que ne dis-tu point, ô puissant porte-croix,
Boirude, sacristain, cher appui de ton maître,
Lorsqu'aux yeux du prélat tu vis ton nom paraître!
On dit que ton front jaune, et ton teint sans couleur,
perdit en ce moment son antique pâleur;
Et que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière,
Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière.
Chacun bénit tout haut l'arbitre des humains,
Qui remet leur bon droit en de si bonnes mains.
Aussitôt on se lève; et l'assemblée en foule,
Avec un bruit confus, par les portes s'écoule.

Le prélat resté seul calme un peu son dépit,
Et jusques au souper se couche et s'assoupit.

CHANT SECOND

Cependant cet oiseau qui prône les merveilles,
Ce monstre composé de bouches et d'oreilles,
Qui, sans cesse volant de climats en climats,
Dit partout ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas;
La Renommée enfin, cette prompte courrière,
Va d'un mortel effroi glacer la perruquière;
Lui dit que son époux, d'un faux zèle conduit,
Pour placer un lutrin doit veiller cette nuit.

A ce triste récit, tremblante, désolée,
Elle accourt, l'oeil en feu, la tête échevelée,
Et trop sûre d'un mal qu'on pense lui celer:

Oses-tu bien encor, traître, dissimuler?
Dit-elle: et ni la foi que ta main m'a donnée,
Ni nos embrassements qu'a suivis l'hyménée,
Ni ton épouse enfin toute prête à périr,
Ne sauraient donc t'ôter cette ardeur de courir?
Perfide! si du moins, à ton devoir fidèle,
Tu veillais pour orner quelque tête nouvelle!
L'espoir d'un juste gain consolant ma langueur
Pourrait de ton absence adoucir la longueur.
Mais quel zèle indiscret, quelle aveugle entreprise
Arme aujourd'hui ton bras en faveur d'une église?
Où vas-tu cher époux, est-ce que tu me fuis?
As-tu oublié tant de si douces nuits?
Quoi! d'un oeil sans pitié vois-tu couler mes larmes?
Au nom de nos baisers jadis si plein de charmes,
Si mon coeur, de tout temps facile à tes désirs,
N'a jamais d'un moment différé tes plaisirs;
Si pour te prodiguer mes plus tendres caresses,
Je n'ai point exigé ni serments, ni promesses;
Si toi seul à mon lit enfin eus toujours part;
Diffère au moins d'un jour ce funeste départ.

En achevant ces mots cette amante enflammée
Sur un placet voisin tombe demi-pâmée.
Son époux s'en émeut, et son coeur éperdu
Entre deux passions demeure suspendu;
Mais enfin rappelant son audace première:

Ma femme, lui dit-il d'une voix douce et fière,
Je ne veux point nier les solides bienfaits
Dont ton amour prodigue a comblé mes souhaits,
Et le Rhin de ses flots ira grossir la Loire
Avant que tes faveurs sortent de ma mémoire;
Mais ne présume pas qu'en te donnant ma foi
L'hymen m'ait pour jamais asservi sous ta loi.
Si le ciel en mes mains eût mis ma destinée,
Nous aurions fui tous deux le joug de l'hyménée;
Et, sans nous opposer ces devoirs prétendus,
Nous goûterions encor des plaisirs défendus.
Cesse donc à mes yeux d'étaler un vain titre:
Ne m'ôte pas l'honneur d'élever un pupitre,
Et toi-même, donnant un frein à tes désirs,
Raffermis la vertu qu'ébranlent tes soupirs.
Que te dirai-je enfin? C'est le ciel qui m'appelle,
Une église, un prélat m'engage en sa querelle,
Il faut partir: j'y cours. Dissipe tes douleurs,
Et ne me trouble plus par ces indignes pleurs.

Il la quitte à ces mots. Son amante effarée
Demeure le teint pâle, et la vue égarée:
La force l'abandonne; et sa bouche, trois fois
Voulant le rappeler, ne trouve plus de voix.
Elle fuit, et de pleurs inondant son visage,
Seule pour s'enfermer vole au cinquième étage.
Mais d'un bouge prochain accourant à ce bruit,
Sa servante Alizon la rattrape et la suit.

Les ombres cependant, sur la ville épandues,
Du faîte des maisons descendent dans les rues.
Le souper hors du coeur chasse les chapelains,
Et de chantres buvant les cabarets sont pleins.
Le redouté Brontin, que son devoir éveille,
Sort à l'instant, chargé d'une triple bouteille,
D'un vin dont Gilotin, qui savait tout prévoir,
Au sortir du conseil eut soin de le pourvoir.
L'odeur d'un jus si doux lui rend la faim moins rude.
Il est bientôt suivi du sacristain Boirude;
Et tous deux, de ce pas, s'en vont avec chaleur
Du trop lent perruquier réveiller la valeur.
Partons, lui dit Brontin: déjà le jour plus sombre,
Dans les eaux s'éteignant, va faire place à l'ombre.
D'où vient ce noir chagrin que je lis dans tes yeux?
Quoi? le pardon sonnant te retrouve en ces lieux!
Où donc est ce grand coeur dont tantôt l'allégresse
Semblait du jour trop long accuser la paresse?
Marche, et suis nous du moins où l'honneur nous attend.

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