Федор Тютчев - Том 3. Публицистические произведения
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- Название:Том 3. Публицистические произведения
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Том 3. Публицистические произведения: краткое содержание, описание и аннотация
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Quelques-uns s’imaginent que la réaction religieuse dont l’Europe est en ce moment travaillée pouvait tourner au profit exclusif de l’Eglise latine; c’est selon moi une grande illusion. Il y aura, je le sais bien, dans l’Eglise Protestante beaucoup de conversions partielles, jamais une conversion générale. Ce qui a survécu du principe catholique dans l’Eglise latine, attirera toujours tous ceux parmi les protestants qui, fatigués des fluctuations de la réforme, aspirent à rentrer au port, à se replacer sous la loi de l’autorité catholique, mais les souvenirs de la cour de la Rome, mais l’ultramontanisme enfin, les repoussent éternellement.
Le mot historiquement si vrai sur l’Eglise latine est aussi le mot de la situation actuelle.
Le catholicisme a de tout temps fait toute la force du Papisme, comme le Papisme fait toute la faiblesse du catholicisme.
La force sans faiblesse n’est que dans l’Eglise universelle. Qu’elle se montre, qu’elle intervienne dans le débat et l’on verra de nos jours ce qu’on a déjà vu dans les tous premiers jours de la réformation, alors que les chefs de ce mouvement religieux qui avaient déjà rompu avec le siège de Rome, mais qui hésitaient encore à rompre avec les traditions de l’Eglise Catholique, en appelaient unanimement à l’Eglise d’Orient. Maintenant comme alors la réconciliation religieuse ne peut venir que d’elle; elle porte dans son sein l’avenir chrétien.
Telle est la première, la plus haute question que nous ayons à débattre avec l’Europe Occidentale, c’est la question vitale par excellence.
Il y en a une autre bien grave aussi; c’est celle que l’on appelle communément la question d’Orient; c’est la question de l’Empire.
Ici, il ne s’agit pas de diplomatie; on sait trop bien que tant que durera le Statu quo, la Russie plus qu’aucune autre puissance respectera les traités. Mais les traités, mais la diplomatie ne règlent après tout que les choses du jour. Les intérêts permanents, les rapports éternels c’est l’histoire seule qui en connaît. Or que nous dit l’histoire?
Elle nous dit que l’Orient orthodoxe, tout ce monde immense qui relève de la croix grecque, est un dans son principe, étroitement solidaire dans toutes ses parties, vivant de sa vie propre, originale, indestructible. Il peut être matériellement fractionné, moralement il sera toujours un et indivisible. Il a subi momentanément la domination latine, il a subi pendant des siècles l’invasion des races asiatiques, il n’a jamais accepté ni l’une ni l’autre.
Il y a parmi les Chrétiens de l’Orient un dicton populaire qui exprime naïvement ce fait; ils ont l’habitude de dire, que tout dans la création de Dieu est bien fait, bien ordonné, deux choses exceptées, et ces deux choses sont: le Pape et le Turc.
— Mais Dieu, — ont-ils soin d’ajouter, — a voulu dans sa sagesse infinie rectifier ces deux erreurs et c’est pour cela qu’il crée le Czar moscovite.
Nul traité, nulle combinaison politique ne prévaudra jamais contre ce simple dicton populaire. C’est le résumé de tout le passé et la révélation de tout un avenir.
— En effet, quoiqu’on fasse ou qu’on s’imagine, pourvu que la Russie reste ce qu’elle est, l’empereur de Russie sera nécessairement, irrésistiblement le seul souverain légitime de l’Orient orthodoxe, sous quelque forme d’ailleurs qu’il juge convenable d’exercer cette souveraineté. Faites ce que vous voudrez, mais encore une fois, à moins que vous n’ayez détruit la Russie, vous n’empêcherez jamais ce fait de se produire.
Qui ne voit que l’Occident avec toute sa philantropie, avec son prétendu respect pour le droit des nationalités et tout en se déchaînant contre l’ambition insatiable de la Russie, ne voit dans
les populations qui habitent la Turquie qu’une seule chose: une proie à dépecer.
Il voudrait tout bonnement recommencer au dix-neuvième siècle ce qu’ il avait essayé de faire au treizième et ce qui déjà alors lui avait si mal réussi. C’est la même tentative sous d’autres noms et au moyen de procédés un peu différents. C’est toujours cette ancienne, cette incurable prétention de fonder dans l’Orient orthodoxe un Empire latin, de faire de ces pays une annexe, une dépendance de l’Europe occidentale.
Il est vrai que pour arriver à ce résultat, il faudrait commencer par éteindre dans ces populations tout ce qui jusqu’à présent a constitué leur vie morale, par détruire en elles ce que les Turcs eux-mêmes ont épargné. Mais ce n’est pas là une considération qui pouvait arrêter un seul instant le prosélitisme occidental, persuadé qu’il est que toute société qui n’est pas exactement faite à l’image de celle de l’Occident n’est pas digne de vivre, et fort de cette conviction il se mettrait bravement à l’œuvre pour délivrer ces populations de leur nationalité comme d’un reste de barbarie.
Mais cette Providence historique qui est au fond des choses humaines y a heureusement pourvu. Déjà au treizième siècle l’Empire d’Orient, tout mutilé, tout énervé qu’il était, a trouvé en lui-même assez de vie pour rejeter de son sein la domination latine après soixante et quelques années d’une existence contestée; et certes il faut convenir que depuis lors le véritable Empire d’Orient, l’Empire orthodoxe, s’est grandement relevé de sa déchéance.
C’est ici une question sur laquelle la science occidentale malgré ses prétentions à l’infaillibilité a toujours été en défaut. L’Empire d’Orient est constamment resté une énigme pour elle; elle a bien pu le calomnier, elle ne l’a jamais compris. Elle a traité l’Empire d’Orient comme Monsieur de Custine vient de traiter la Russie, après l’avoir étudié à travers sa haine doublée de son ignorance. On n’a su jusqu’à présent se rendre un compte vrai ni du principe de vie qui a assuré à l’Empire d’Orient ses mille ans d’existence, ni de la circonstance fatale qui a fait que cette vie si tenace a toujours été contestée et à quelques égards si débile.
Ici, pour rendre ma pensée avec une précision suffisante, je devrais entrer dans des développements historiques que ne comportent point les bornes de cette notice. Mais telle est l’analogie réelle, telle est l’affinité intime et profonde qui rattache la Russie à ce glorieux antécédent de l’Empire d’Orient, qu’à défaut d’études historiques assez approfondies il suffit à chacun de nous de consulter ses impressions les plus habituelles et pour ainsi dire les plus élémentaires, pour comprendre d’instinct ce que c’était que ce principe de vie, cette âme puissante qui pendant mille ans a fait vivre et durer ce corps si frêle de l’Empire d’Orient. Cette âme, ce principe, c’était le Christianisme, c’était l’élément Chrétien tel que l’avait formulé l’Eglise d’Orient, combiné ou pour mieux dire identifié non seulement avec l’élément national de l’état, mais encore avec la vie intime de la société. Des combinaisons analogues ont été tentées, ont été accomplies ailleurs, mais elles n’ont eu nulle part ce caractère profond et original. Ici, ce n’était pas simplement une Eglise se faisant nationale dans l’acception ordinaire du mot comme cela s’est vu ailleurs, c’était l’Eglise se faisant la forme essentielle, l’expression suprême d’une nationalité déterminée, de la nationalité de toute une race, de tout un monde. Voilà aussi, soit dit en passant, comment il a pu se faire que plus tard cette même Eglise d’Orient est devenue comme le synonyme de la Russie, l’autre nom, le nom sacré de l’Empire, triomphante partout où elle règne, militante partout où la Russie n’a pas encore fait pleinement reconnaître sa domination. En un mot si intimement associée à ses destinées qu’il est vrai de dire qu’à des degrés divers il y a de la Russie partout où se rencontre l’Eglise orthodoxe.
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