Alphonse Daudet - Le Petit Chose

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'Le Petit Chose' paraît en feuilleton en 1867. Daudet s'inspire des souvenirs d'une jeunesse douloureuse: humiliations à l'école, mépris pour le petit provencal, expérience de répétiteur au collège et enfin coup de foudre pour une belle jeune femme. L'écrivain manifeste une tendresse, une pitié et un respect remarquables à l'égard des malchanceux et des déshérités de la vie.

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«Eh bien, et moi, je ne suis donc pas du monde?

«A la fin, je me trouvais si ridicule avec mon éternel: “De la part du curé de Saint-Nizier”, que je n'osais plus dire de la part de qui je venais. Mais le grand ara bleu du perron ne me laissait jamais partir sans me crier, avec une gravité imperturbable: “Monsieur est sans doute la personne qui vient de la part du curé de Saint-Nizier?” Et cela faisait beaucoup rire d'autres aras bleus qui flânaient par là dans les cours. Tas de coquins! Si j'avais pu leur allonger quelques coups de trique de ma part à moi, et non de celle du curé de Saint-Nizier! Il y avait dix jours environ que j'étais à Paris, lorsqu'un soir, en revenant l'oreille basse d'une de ces visites à la rue Saint-Guillaume – je m'étais juré d'y aller jusqu'à ce qu'on me mît à la porte – je trouvai chez mon portier une petite lettre. Devine de qui?…

«Une lettre du comte, mon cher, du comte de la rue de Lille, qui m'engageait à me présenter sans retard chez son ami le marquis d'Hacqueville. On demandait un secrétaire… Tu penses, quelle joie! et aussi quelle leçon! Cet homme froid et sec, sur lequel je comptais si peu, c'était justement lui qui s'occupait de moi, tandis que l'autre, si accueillant, me faisait faire depuis huit jours le pied de grue sur son perron, exposé, ainsi que le curé de Saint-Nizier, aux rires insolents des aras bleu et or… C'est là la vie, mon cher; et à Paris on l'apprend vite.

«Sans perdre une minute, je courus chez le marquis d'Hacqueville. Je trouvai un petit vieux, frétillant, sec, tout en nerfs, alerte et gai comme une abeille. Tu verras quel joli type. Une tête d'aristocrate, fine et pâle, des cheveux noirs comme des quilles, et rien qu'un œil, l'autre est mort d'un coup d'épée, voilà longtemps. Mais celui qui reste est si brillant, si vivant, si interrogeant, qu'on ne peut pas dire que le marquis est borgne. Il a deux yeux dans le même œil, voilà tout.

«Quand j'arrivai devant ce singulier petit vieillard, je commençai par lui débiter quelques banalités de circonstance, mais il m'arrêta net:

«- Pas de phrases! me dit-il. Je ne les aime pas.

«Venons aux faits, voici. J'ai entrepris d'écrire mes mémoires. Je m'y suis malheureusement pris un peu tard, et je n'ai plus de temps à perdre, commençant à me faire très vieux. J'ai calculé qu'en employant tous mes instants, il me fallait encore trois années de travail pour terminer mon œuvre.

«J'ai soixante-dix ans, les jambes sont en déroute mais la tête n'a pas bougé. Je peux donc espérer aller encore trois ans et mener mes mémoires à bonne fin. Seulement, je n'ai pas une minute de trop; c'est ce que mon secrétaire n'a pas compris.

«Cet imbécile – un garçon fort intelligent, ma foi, dont j'étais enchanté – s'est mis dans la tête d'être amoureux et de vouloir se marier. Jusque-là il n'y a pas de mal. Mais voilà-t-il pas que, ce matin, mon drôle vient me demander deux jours de congé pour faire ses noces. Ah! bien oui! deux jours de congé!

«Pas une minute.

«- Mais, monsieur le marquis…

«- Il n'y a pas de mais, monsieur le marquis… Si vous vous en allez deux jours, vous vous en irez tout à fait.

«- Je m'en vais, monsieur le marquis.

«- Bon voyage!” Et voilà mon coquin parti… C'est sur vous, mon cher garçon, que je compte pour le remplacer. Les conditions sont celles-ci: le secrétaire vient chez moi le matin à huit heures; il apporte son déjeuner. Je dicte jusqu'à midi. À midi le secrétaire déjeune tout seul, car je ne déjeune jamais. Après le déjeuner du secrétaire, qui doit être très court, on se remet à l'ouvrage. Si je sors, le secrétaire m'accompagne; il a un crayon et du papier. Je dicte toujours: en voiture, à la promenade, en visite, partout! Le soir, le secrétaire dîne avec moi. Après le dîner, nous relisons ce que j'ai dicté dans la journée. Je me couche à huit heures, et le secrétaire est libre jusqu'au lendemain. Je donne cent francs par mois et le dîner. Ce n'est pas le Pérou; mais dans trois ans, les mémoires terminés, il y aura un cadeau, et un cadeau royal, foi d'Hacqueville! Ce que je demande, c'est qu'on soit exact, qu'on ne se marie pas, et qu'on sache écrire très vite sous la dictée. Savez-vous écrire sous la dictée?

«- Oh! parfaitement, monsieur le marquis”, répondis-je avec une forte envie de rire.

«C'était si comique, en effet, cet acharnement du destin à me faire écrire sous la dictée toute ma vie!…

«- Eh bien, alors, mettez-vous là, reprit le marquis. Voici du papier et de l'encre. Nous allons travailler tout de suite. J'en suis au chapitre XXIV:

«Mes démêlés avec M. de Villéle. Écrivez…” Et le voilà qui se met à me dicter d'une petite voix de cigale, en sautillant d'un bout de la pièce à l'autre.

«C'est ainsi, mon Daniel, que je suis entré chez cet original, lequel est au fond un excellent homme.

«Jusqu'à présent, nous sommes très contents l'un de l'autre; hier au soir, en apprenant ton arrivée, il a voulu me faire emporter pour toi cette bouteille de vin vieux. On nous en sert une comme cela tous les jours à notre dîner, c'est te dire si l'on dîne bien. Le matin, par exemple, j'apporte mon déjeuner; et tu rirais de me voir manger mes deux sous de fromage d'Italie dans une fine assiette de Moustiers, sur une nappe à blason. Ce que le bonhomme en fait, ce n'est pas par avarice, mais pour éviter à son vieux cuisinier, M. Pilois, la fatigue de me préparer mon déjeuner… En somme, la vie que je mène n'est pas désagréable. Les mémoires du marquis sont fort instructifs, j'apprends sur M. Decazes et M. de Villèle une foule de choses qui ne peuvent pas manquer de me servir un jour ou l'autre. À huit heures du soir, je suis libre. Je vais lire les journaux dans un cabinet de lecture, ou bien encore dire bonjour à notre ami Pierrotte… Est-ce que tu te rappelles, l'ami Pierrotte? Tu sais! Pierrotte des Cévennes, le frère de lait de maman! Aujourd'hui Pierrotte n'est plus Pierrotte: c'est M. Pierrotte comme les deux bras. Il a un beau magasin de porcelaines au passage du Saumon; et comme il aimait beaucoup Mme Eyssette, j'ai trouvé sa maison ouverte à tous battants. Pendant les soirées d'hiver, c'était une ressource… Mais maintenant que te voilà, je ne suis plus en peine pour mes soirées… Ni toi non plus, n'est-ce pas, frérot? Oh! Daniel, mon Daniel, que je suis content! Comme nous allons être heureux!…»

III MA MERE JACQUES

Jacques a fini Son Odyssée, maintenant C'est le tour de la mienne. Le feu qui meurt a beau nous faire signe: «Allez vous coucher, mes enfants», les bougies ont beau crier: «Au lit! au lit! Nous sommes brûlées jusqu'aux bobèches.» – «On ne vous écoute pas», leur dit Jacques en riant, et notre veillée continue.

Vous comprenez! ce que je raconte à mon frère l'intéresse beaucoup. C'est la vie du petit Chose au collège de Sarlande; cette triste vie que le lecteur se rappelle sans doute. Ce sont les enfants laids et féroces, les persécutions, les haines, les humiliations, les clefs de M. Viot toujours en colère, la petite chambre sous les combles où l'on étouffait, les trahisons, les nuits de larmes; et puis aussi – car Jacques est si bon qu'on peut tout lui dire – ce sont les débauches du café Barbette, l'absinthe avec les caporaux, les dettes, l'abandon de soi-même, tout enfin, jusqu'au suicide et la terrible prédiction de l'abbé Germane: «Tu seras un enfant toute ta vie.» Les coudes sur la table, la tête dans ses mains, Jacques écoute jusqu'au bout ma confession sans l'interrompre. De temps en temps, je le vois qui frissonne et je l'entends dire: «Pauvre petit! pauvre petit!»

Quand j'ai fini, il se lève, me prend les mains et me dit d'une voix douce qui tremble: «L'abbé Germane avait raison: vois-tu Daniel, tu es un enfant, un petit enfant incapable d'aller seul dans la vie, et tu as bien fait de te réfugier près de moi.

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