Jonathan Littell - Les Bienveillantes

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"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien: j'ai fait mon travail, voilà tout; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait: l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

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(pitchka, pizda, pizdets, cela se dit dans toutes les langues slaves et on l'apprend très vite). Je me dirigeai vers l'officier qui se leva pour me saluer. «Vous parlez l'allemand?» lui demandai-je après avoir claqué des talons et levé mon bras. – «Oui, oui». Il me regardait avec curiosité " il est vrai que mon nouvel uniforme ne portait aucun signe distinctif. Je me présentai. Derrière lui, au mur, on avait fixé de pauvres décorations de Noël: des guirlandes en papier journal autour d'un arbre dessiné au charbon à même le mur, des étoiles découpées dans du fer-blanc, et d'autres produits de l'ingéniosité des soldats. Il y avait aussi un grand et beau dessin de la crèche: mais plutôt que dans une étable, la scène était représentée dans une maison détruite, au milieu de ruines calcinées. Je m'assis avec l'officier. C'était un jeune Oberleutnant, il commandait une des compagnies de cette unité croate, le 369e régiment d'infanterie: une partie de ses hommes montaient la garde sur un secteur du front, devant l'usine Octobre rouge; les autres se reposaient ici. Les Russes, depuis quelques jours, restaient relativement calmes; de temps à autre, ils tiraient des coups de mortier, mais les Croates sentaient bien que c'était pour les agacer. Ils avaient aussi installé des haut-parleurs en face des tranchées et passaient à longueur de journée de la musique triste, ou bien gaie, entrecoupée de propagande encourageant les soldats à déserter ou à se rendre. «Les hommes ne font pas trop attention à la propagande, parce qu'ils l'ont fait enregistrer par un Serbe; mais la musique les déprime profondément». Je lui demandai ce qu'il en était des tentatives de désertion. Il répondit assez vaguement: «Ça arrive… mais on fait tout pour les empêcher». Il fut beaucoup plus prolixe au sujet de la fête de Noël qu'ils préparaient; le commandant de la division, un Autrichien, leur avait promis une ration supplémentaire; lui-même avait réussi à préserver une bouteille de lozavitsa, distillée par son père, qu'il comptait partager avec ses hommes. Mais, plus que tout, il voulait des nouvelles de von Manstein. «Il arrive, alors?» L'échec de l'offensive de Hoth n'avait bien entendu pas été annoncée aux troupes, et ce fut à mon tour d'être vague: «Tenez-vous prêt», répondis-je lamentablement. Ce jeune officier avait dû être un homme élégant et sympathique; maintenant, il semblait aussi pathétique qu'un chien battu. Il parlait lentement, choisissant ses mots avec soin, comme s'il pensait au ralenti. Nous discutâmes encore un peu des problèmes de ravitaillement, puis je me levai pour partir. De nouveau, je me demandais ce que je foutais là: que pouvait m'apprendre cet officier isolé de tout que je n'eusse pas déjà lu dans un rapport? Certes, je voyais par moi-même la misère des hommes, leur fatigue, leur désarroi, mais cela aussi, je le savais déjà. J'avais vaguement songé, en venant, à une discussion sur l'engagement politique des soldats croates aux côtés de l'Allemagne, sur l'idéologie oustachie: je comprenais maintenant que cela n'avait aucun sens; c'était pire que futile, et cet Oberleutnant n'aurait sans doute pas su quoi répondre, il n'y avait plus de place dans sa tête que pour la nourriture, sa maison, sa famille, la captivité ou sa mort prochaine. J'étais tout à coup fatigué et dégoûté, je me sentais hypocrite, idiot «Joyeux Noël», me dit l'officier en me serrant la main avec un sourire. Quelques-uns de ses hommes me regardaient, sans la moindre lueur de curiosité. «Joyeux Noël à vous», me forçai-je à répondre. Je récupérai Ivan et ressortis, respirant avidement l'air froid. «Et maintenant?» demanda Ivan. Je réfléchis: si j'étais venu jusqu'ici, me dis-je, je devrais au moins aller voir un des avant-postes. «On peut aller jusqu'au front?» Ivan haussa les épaules: «Si tu veux, chef. Mais il faut demander à l'officier». Je retournai dans la grande salle: l'officier n'avait pas bougé, il regardait toujours le poêle d'un air absent «Oberleutnant? Je pourrais inspecter une de vos positions avancées?» – «Si vous voulez». Il appela un de ses hommes et lui donna un ordre en croate. Puis il me dit: «C'est le Hauptfeldwebel Nisic. Il vous guidera». J'eus soudain l'idée de lui offrir une cigarette: son visage s'illumina et il allongea lentement la main pour en prendre une. Je secouai le paquet: «Prenez-en plusieurs». – «Merci, merci. Joyeux Noël encore,» J'en offris aussi une au Hauptfeldwebel qui me dit

«Hvala» et la rangea avec précaution dans un étui. Je regardai encore une fois le jeune officier: il tenait toujours ses trois cigarettes à la main, le visage rayonnant comme celui d'un enfant. Dans combien de temps, me demandai-je, serai-je comme lui? Cette pensée me donnait envie de pleurer. Je ressortis avec le Hauptfeldwebel qui nous mena d'abord par la rue, puis par des cours et à l'intérieur d'un entrepôt Nous devions être sur le territoire de l'usine; je n'avais pas vu de mur, mais tout était si chamboulé, bouleversé, souvent on ne reconnaissait rien. Le sol de l'entrepôt était sillonné par une tranchée dans laquelle le Hauptfeldwebel nous fit descendre. Le mur, en face, était constellé de trous, la lumière et la neige se déversaient avec une clarté glauque dans ce grand espace vide; de petites tranchées auxiliaires partaient de la tranchée centrale pour rejoindre les angles de l'entrepôt; elle n'étaient pas droites et je n'y voyais personne.

Nous passâmes en file sous le mur de l'entrepôt: la tranchée traversait une cour et disparaissait dans les ruines d'un bâtiment administratif en brique rouge, Nisic et Ivan marchaient baissés, pour rester sous le niveau de la tranchée, et je les imitai attentivement. Devant nous, tout était étrangement silencieux; plus loin, sur la droite, on entendait des rafales brèves, des coups de feu. L'intérieur du bâtiment administratif était sombre et puait encore plus que la maison où les soldats dormaient. «Voilà», dit calmement Nisic. Nous nous trouvions dans une cave, la seule lueur provenait de petits soupiraux ou de trous dans la brique. Un homme surgit de l'obscurité et parla à Nisic en croate. «Ils ont eu un accrochage. Des Russes voulaient s'infiltrer. Ils en ont tué quelques-uns», traduisit Nisic en un allemand assez épais. Il m'expliqua posément leur dispositif: où était le mortier, où était la Spandau, où se trouvaient les petites mitrailleuses, quel champ de tir cela couvrait, où étaient les angles morts. Cela ne m'intéressait pas mais je le laissai parler; de toute façon, je ne savais pas vraiment ce qui m'intéressait. «Et leur propagande?» demandai-je. Nisic parla au soldat: «Après le combat ils ont arrêté». Nous restâmes un moment silencieux. «Je peux voir leurs lignes?» demandai-je enfin, sans doute pour me donner l'impression d'être venu pour quelque chose. – «Suivez-moi». Je traversai le sous-sol et gravis un escalier jonché de plâtre et de fragments de brique. Ivan, pistolet-mitrailleur sous le bras, fermait la marche. À l'étage, un corridor nous mena jusqu'à une pièce, au fond. Toutes les fenêtres étaient obstruées par des briques et des planches, mais la lumière filtrait par des milliers de trous. Dans la dernière pièce, deux soldats se trouvaient adossés au mur avec une Spandau. Nisic me désigna un trou entouré de sacs de sable maintenus par des planches. «Vous pouvez regarder par là. Mais pas trop longtemps. Leurs snipers sont très forts. C'est des femmes, il paraît». Je m'agenouillai près du trou puis tendis lentement la tête; la fente était étroite, je ne voyais qu'un paysage de ruines informes, presque abstrait. C'est alors que j'entendis le cri, sur la gauche: un long hurlement rauque, qui s'interrompit brusquement. Puis le cri reprit. Il n'y avait aucun autre bruit et je l'entendis très distinctement. Cela venait d'un homme jeune, et c'étaient de longs cris perçants, effroyablement creux; il devait, me dis-je, être blessé au ventre. Je me penchai et regardai de biais: j'apercevais sa tête et une partie de son torse. Il criait jusqu'à n'avoir plus de souffle, s'arrêtait pour inspirer, puis recommençait Sans savoir le russe, je comprenais ce qu'il criait: «Marna! Marna!» C'était insupportable. «Qu'est-ce que c'est?» demandai-je stupidement à Nisic. – «C'est un des types de tout à l'heure». – «Vous ne pourriez pas l'achever?» Nisic me fixait avec un regard dur, plein de mépris: «On n'a pas de munitions à gaspiller», lâcha-t-il enfin. Je m'assis contre le mur, comme les soldats. Ivan s'était appuyé au montant de la porte. Personne ne parlait. Dehors, le gamin hurlait toujours: «Marna! la ne khatchu! la ne khatchu! Marna! la khatchu domoï!» et d'autres mots que je ne pouvais pas tous distinguer. Je relevai mes genoux et les entourai de mes bras. Nisic, accroupi, continuait à me regarder. Je voulais me couvrir les oreilles, mais son regard de plomb me pétrifiait. Les cris du gamin me vrillaient la cervelle, une truelle fouillant dans une boue épaisse et gluante, pleine de vers et d'une vie immonde. Et moi, me demandai-je, est-ce que j'implorerai ma mère, le moment venu? Pourtant, l'idée de cette femme m'emplissait de haine et de dégoût. Cela faisait des années que je ne l'avais pas vue, et je ne voulais pas la voir; l'idée d'invoquer son nom, son aide, me semblait inconcevable. Néanmoins, je devais me douter que derrière cette mère-là il y en avait une autre, la mère de l'enfant que j'avais été avant que quelque chose ne se soit irrémédiablement brisé. Moi aussi, sans doute, je me tordrai et hurlerai pour cette mère-là. Et si ce n'était pas pour elle, ce serait pour son ventre, celui d'avant la lumière, la malsaine, la sordide, la malade lumière du jour. «Vous n'auriez pas dû venir ici, dit brutalement Nisic. Ça ne sert à rien. Et c'est dangereux. Il arrive souvent des accidents». Il me fixait avec un regard ouvertement mauvais. Il tenait son pistolet-mitrailleur par la crosse, doigt sur la détente. Je regardai Ivan: il tenait son arme de la même manière, pointée en direction de Nisic et des deux soldats. Nisic suivit mon regard, examina l'arme d'Ivan, son visage, et cracha par terre: «Vous feriez mieux de rentrer». Une détonation sèche me fit sursauter, une petite explosion, sans doute une grenade. Les cris cessèrent un moment, puis reprirent, monotones, lancinants. Je me relevai: «Oui. De toute façon je dois regagner le centre. Il se fait tard». Ivan s'écarta pour nous laisser passer et nous emboîta le pas, sans quitter des yeux les deux soldats, jusqu'à ce qu'il soit dans le corridor. Nous repartîmes par la même tranchée, sans un mot; à la maison où logeait la compagnie, Nisic me quitta sans me saluer. Il ne neigeait plus et le ciel se dégageait, je voyais la lune, blanche et gonflée dans le ciel qui s'assombrissait rapidement. «On peut rentrer de nuit?» demandai-je à Ivan. – «Oui. C'est même plus court. Une heure et demie». On devait pouvoir prendre des raccourcis. Je me sentais vide, vieux, pas à ma place. Le Hauptfeldwebel, au fond, avait eu raison.

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